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Escapade de trois jours au Lesotho hors des sentiers battus, avec EMBO QUEST

EMBO QUEST a concocté un programme original pour une escapade de trois jours dans un village niché dans les montagnes près de Butha-Buthe au Lesotho. C’est une occasion unique et passionnante pour changer de cadre, s’offrir un peu d’imprévu en échappant à la pression de la ville, et emprunter des chemins escarpés dans un cadre somptueux.

LESOTHO Kingdom in the skyLESOTHO Kingdom in the sky
Écrit par Philippe Petit
Publié le 25 mars 2026

Sur la route, vers le LESOTHO

 

Le road book détaillé transmis par EMBO QUEST avertit les visiteurs : « vous évoluerez en milieu rural, (…) vous serez en altitude… »

Le but de notre voyage était clair : sortir de la ville, marcher hors des sentiers battus, découvrir un village situé dans ce petit pays enclavé au cœur de l’Afrique du Sud. Et aussi rencontrer ses habitants dans leur environnement quotidien, comprendre leur vie et leur histoire, partager un peu leur rude existence. Nous étions donc prévenus, prêts à changer de rythme, à sortir de notre zone de confort.

Nous empruntons donc au lever du jour l’autoroute qui traverse les zones urbaines du sud de Johannesburg, où un interminable défilé de camions nous croise, heureusement dans l’autre sens. Puis nous longeons de grandes étendues agricoles bordées de tapis de cosmos en fleurs, et des prairies immenses peuplées d’impressionnants troupeaux de vaches et de moutons.

 

La Nationale vers Bethléhem

 

Nous roulons ensuite sur la nationale rectiligne qui nous conduit vers… Bethléem.

La pause au Smith Coffee Company est bienvenue. L’endroit est agréable, le café délicieux et les multiples tableaux de Johann SMITH exposés sur les murs sont colorés et originaux.

 

"Poplar Symphony" par Johann Smith

 

Le passage de la frontière est une formalité rapide et sans grand tracas. À la vue de notre passeport français, la préposée de la douane nous salue fièrement dans notre langue : « Bonjour, comment ça va ? ».

 

BUTHA -BUTHE, et Likhutlong, le hameau  dans la montagne

 

L’exploration, le premier jour

La ville de BUTHA-BUTHE, située à peu de distance de la frontière, porte un nom prédestiné. Sa traduction est : « L’endroit où l’on se repose ».

Selon Nhlanlha MAJOLA, l’un des co-créateurs d’EMBO QUEST qui nous a rejoint, c’est parce que l’une des montagnes des alentours a plus ou moins la forme d’un grand lit.

La guest-house est pimpante et correctement équipée. Le personnel est charmant et attentionné. Cette base confortable nous rassure. Mais le repos à l’arrivée est de courte durée, car Nhlanlha nous emmène très vite vers le hameau dans la montagne, Likhutlong, pour une première exploration.

Il nous apprend d’abord à prononcer le mot essentiel pour saluer tous ceux que nous rencontrerons : « Dumelang ! ». Nous parcourons le village, les ruisseaux, les sentiers, les grottes, les bosquets où Séoli le guide nous détaille l’utilisation des feuilles et des plantes dans la médecine traditionnelle…

Les paysages sont à couper le souffle, avec des vues panoramiques incroyables.

 

Panorama du Lesotho

 

Cette zone escarpée et montagneuse a une histoire : c’est dans ces montagnes que le roi MOSHOESHOE 1er, chef du clan Bamokoteli, a créé sa capitale en 1820, et installé ses partisans pour résister aux raids des divers ennemis intérieurs et extérieurs. Ce qui conduira, grâce à ses qualités de stratège, de diplomate et d’unificateur, à la création du Lesotho, pays devenu indépendant en1966.

A voir aussi: The kingdom in the sky, ( un film produit par l’Ambassade de France)

Au retour de la marche dans la montagne, les très jeunes enfants nous présentent un mini-spectacle dans une petite maison ronde aux murs de terre et au toit de chaume, typique de la région. Quelques femmes du village ont préparé un likhobe, plat local composé de sorgho mijoté avec des haricots, suivi d’un motoho, porridge ou bouillie   douce-amère à base de sorgho fermenté qui est souvent le petit déjeuner des basothos, les gens d’ici.

Ce qu’ils nomment « sorghum » est une céréale qui devient à la mode dans le monde car elle ne contient pas de gluten. Notre visite est donc aussi une promenade de santé. Ces villageois ont compris les bienfaits des aliments sains bien avant nous.

Les femmes et les filles se rassemblent devant nous pour entamer un chant rythmé par une danse étonnante, le mokhibo : à genoux sur le sol, elles bougent surtout leurs épaules dans un mouvement saccadé, surprenant et gracieux.

 

Danse mokhibo au Lesotho

 

Et après cet intermède inattendu, c’est la cheffe du village qui nous reçoit et nous donne l’autorisation officielle de visiter le village. Descendante d’une branche de la famille royale, c’est une femme toute simple et sans protocole qui laisse sa boutique quelques minutes pour nous accueillir.

La visite de l'école toute proche, avant notre retour vers la guest-house où nous passons la nuit, est instructive

 

L’immersion, le deuxième jour

La pluie qui est tombée toute la nuit cesse miraculeusement à l’aube. La randonnée équestre prévue pour aujourd’hui pourra bien avoir lieu. Elle conduit ceux qui aiment les chevaux dans des recoins des montagnes, pour un long parcours au milieu de paysages spectaculaires.

 

Horse Ride Lesotho EMBO QUEST

 

Pour ceux qui ne montent pas, la visite d’une ferme est programmée : on aidera à couper le bois, on nourrira les cochons avec les restes de repas et quelques feuilles d'une plante connue pour ses vertus tranquillisantes. Puis on discutera longuement avec le fermier.

Cette immersion dans la vie rurale est révélatrice : la vie ici est une lutte, une bataille quotidienne, un travail permanent.

Le repas, par exemple, ne se résume pas à un plat préparé et réchauffé au micro-ondes. D’ailleurs, le courant électrique n’est pas arrivé jusqu’ici, même si les lignes sont en cours d’installation.

 

Cuisine au Lesotho

 

Pour préparer le déjeuner, il faut s’y mettre à plusieurs, et il faut du temps et du courage. Les hommes coupent le bois pour le feu, les jeunes filles apportent l’eau. Les femmes cuisent dehors, sur des feux de bois, les poulets bien en chair élevés en plein air, avec les légumes frais et les céréales récoltés dans les champs alentour. Le sel, l’huile et la farine sont les rares produits achetés en ville.

Les quantités préparées sont gigantesques car il faut nourrir du monde : les visiteurs, la famille élargie, le groupe d’enfant qui va nous offrir un nouveau spectacle. Le pap, la citrouille et la volaille cuits au chaudron sont au menu. L’inévitable porridge, le motoho, est servi aux amateurs pour faire passer le tout. Et des pêches du jardin séchées composent le dessert.

MANYATHE, notre hôtesse, suit la préparation avec autorité et savoir-faire.

La pluie est revenue et tout le monde s’est retrouvé dans la jolie case ronde au toit de chaume qui sert de cuisine couverte où les enfants nous présentent une danse attendrissante.  Et quand il faut repartir sous la pluie, les épaisses couvertures du Lesotho en mohair qu’on nous a prêtées nous protègent et nous réchauffent

La visite suivante nous conduit chez Madame MAPONTSO qui est la brasseuse du village. Elle nous apprend comment fabriquer de la bière artisanale à base de farine de maïs et de sorghum. La pluie a poussé les nombreux consommateurs à se serrer à l’intérieur. La bière est douce, agréable à boire et un peu forte. Les yeux brillent dans la pénombre de la petite maison !

 

Bière artisanale au Lesotho

 

L’émotion, le troisième jour

Le troisième jour est consacré à la rencontre avec Lethéa. Il est à la fois un artisan et un docteur traditionnel.

La pluie nous contraint de rentrer dans sa maison ronde, encombrée de feuilles, de graines, de flacons pour la médecine, d’instruments, de chapeaux tressés et de mille autres choses utiles pour ses activités multiples.

L’artisan nous enseigne la fabrication des chapeaux de paille. Il maîtrise chaque geste de ses mains, parle de la qualité des pailles fines et résistantes qu’il va chercher sur le flanc des montagnes. Puis il nous demande de l’imiter pour démarrer la fabrication d’un chapeau. Nous n’allons pas très loin…

 

Fabrication de chapeaux au Lesotho
                                                    Photo : Alice VOQUER

 

La technique n’est pas vraiment simple. Pour lui, trois jours sont nécessaires pour terminer un chapeau.

Finalement, nous nous contentons de le regarder tresser avec délicatesse et précision le commencement d’un chapeau. Nous écoutons cet homme calme qui parle avec douceur et sagesse.  En admirant ses doigts agiles au tressage.

Au Lesotho, le chapeau de paille traditionnel, le mokorotlo est de forme conique, surmonté de boucles de paille. Il est l’emblème du pays : il figure même sur le drapeau et les plaques des voitures.

 

Drapeau Lesotho

 

Puis, c’est Lethéa, docteur, qui parle. Il nous a simplement observés depuis notre arrivée. Et il nous présente son diagnostic personnalisé… Sans même nous toucher. C’est étonnant de précision et émouvant de rencontrer un homme cumulant tant de savoirs ancestraux. Cette rencontre est un grand moment de la visite au village.

La visite se termine par une belle rencontre avec nos guides Seoli et Mafothla et l’ensemble de nos hôtes, qui nous ont préparé un pique-nique local, partagé avant le départ. Pénélope Bongiwe PUKWANE, la souriante co-créatrice d’EMBO QUEST mène les débats avec douceur.

Lire aussi : Visite de Soweto avec EMBO QUEST

Pour EMBO QUEST, le tourisme culturel, signifie préserver le patrimoine en le vivant, soutenir les communautés en étant présent.

Ne pas vouloir bouleverser, ne pas prendre mais échanger

 

EMBO QUEST

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Pour toute demande de visite, contactez Penelope par mail: emboquest@gmail.com

 

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