Après les décès de passagers sur le MV Hondius et les évacuations médicales depuis le navire, les autorités sanitaires sud-africaines ont confirmé qu’il s’agissait de cas liés au virus des Andes, un hantavirus rare. C'est une équipe médicale de Johannesburg qui, sous la conduite de la Professeure Lucille BLUMBERG, ont déterminé la nature du virus.


Des passagers et membres d’équipage débarqués à Sainte Hélène.
Une évacuation sanitaire a concerné 30 passagers, débarqués dans l’île de Sainte Hélène le 24 avril 2026.
Le corps d’un passager néerlandais, ornithologue de 70 ans, décédé à bord du bateau de croisière après avoir présenté des symptômes pendant la navigation, a été débarqué également à cette occasion à Sainte Hélène, pour être rapatrié vers les Pays Bas.
Aucun test n’a permis de confirmer officiellement pendant la navigation la nature de l’infection qui l’a emporté ; on considère rétrospectivement ce passager comme le probable « patient zéro ».
Des passagers du MV Hondius, infectés par l’hantavirus, se retrouvent à Johannesburg
Son épouse, âgée de 69 ans, ayant quitté le navire à Sainte Hélène, a pris un avion vers Johannesburg, pour accompagner le corps de son défunt mari, avec l’intention de poursuivre vers leur pays d’origine.
Elle s’est rendue à l’aéroport de Johannesburg le 27 avril à destination des Pays Bas. Se sentant mal, elle est descendue de l’avion en partance de l’aéroport OR Tambo, avant son décollage, s’est effondrée dans l’aéroport et a été transportée vers un hôpital de la ville de Johannesburg.
Elle y est décédée le lendemain.
Mais elle avait côtoyé des personnes, sur le bateau, dans les aéroports, dans le premier avion qui l’a amenée de Sainte Hélène à Johannesburg avec 82 passagers à bord et dans le deuxième qu’elle a quitté avant son décollage.
Le département Sud-Africain de la santé a déterminé qu’elle avait été en contact proche de 62 personnes à l’aéroport de Johannesburg.
A ce moment-là, la nature exacte de sa maladie n’était pas formellement connue, elle ne présentait pas de symptômes manifestes, et peu de mesures avaient été prises pour éviter une contamination.
Une analyse a confirmé après son décès qu’elle était bien infectée par le virus des Andes.
qu'est ce que le virus des Andes ?
Il appartient à la famille des hantavirus. Principalement identifié en Amérique du Sud, il peut provoquer des syndromes respiratoires graves. Sa transmission entre humains a déjà été démontrée.

Un Britannique, passager du navire, est aussi tombé malade le 24 avril et il a été évacué trois jours plus tard vers l'Afrique du Sud, où il a été placé en soins intensifs.
L'hantavirus a été détecté chez lui le 2 mai. Il est toujours soigné dans une clinique de la ville de Johannesburg.
Le virus détecté et confirmé par une équipe d’épidémiologistes de Johannesburg
C’est l’équipe du NICD (National Institute for Communicable Diseases), menée par la Professeure Lucille BLUMBERG, qui a analysé rapidement la situation et a déterminé dès le 1er mai, la nature de l’infection des personnes rapatriées à Johannesburg. Elle avait reçu un mail d’un collègue l’informant de la situation en ce jour de congés, et elle a tout de suite lancé son équipe dans le processus de détermination de la nature du virus.
Il s’agissait du virus des Andes, un hantavirus totalement inexistant en Afrique du Sud.
Le britannique évacué à Johannesburg, ainsi que l’épouse néerlandaise étaient infectés par le virus des Andes, un Hantavirus pouvant se transmettre entre humains.
La rapidité avec laquelle le NICD a confirmé la nature de l’infection a permis de diffuser cette information très vite, notamment auprès de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et des pays ayant des cas déclarés ou suspects. C’est l’OMS qui coordonne la réponse internationale pour éviter la propagation de la maladie.
Pour l’instant, rien n’indique que nous assistions au début d’une épidémie de plus grande ampleur, mais bien sûr, la situation pourrait évoluer. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS
Le traçage des personnes potentiellement touchées ou « à risque » à travers le monde, dont les passagers venus de France, du Royaume-Uni, de l’Espagne, d’Allemagne, des Pays-Bas, du Canada et des États-Unis et qui sont rentrés dans leur pays respectifs a donc pu être très vite engagé grâce à l’intervention efficace des épidémiologistes d’Afrique du Sud.

Notre travail n’est pas terminé. L’OMS continuera à collaborer étroitement avec les experts de tous les pays touchés. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS
Le MV Hondius a finalement rejoint Rotterdam ce 12 mai, où il est maintenu sous haute surveillance.`
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