

(Crédit: RS LPJ)
Pour la première fois depuis la disparition de Nelson Mandela en décembre dernier, sa veuve, Graca Machel, s'est confiée au quotidien sud-africain The Guardian. Elle évoque son amour, sa douleur et comment elle a censuré les média à son mari pour le préserver des mauvaises nouvelles concernant son « bien-aimé » ANC.
La dernière image de Graca Machel dans les media était celle d'une veuve affectée par le chagrin lorsque le cercueil de son époux, Nelson Mandela, fut lentement descendu dans le sol de sa terre natale. Elle a décidé vendredi dernier de rompre le traditionnel deuil de 12 mois en acceptant une interview avec nos confrères du Guardian.
Dans cette interview, elle raconte les derniers moments « paisibles » de Nelson Mandela, et souhaite exprimer toute sa reconnaissance aux messages du monde entier reçus lors de sa disparition et à l'hommage planétaire rendu dans le stade de Soweto.
Elle révèle également dans cet article qu'elle a volontairement censuré la télévision et la lecture des articles de journaux afin de protéger le premier président noir sud-africain des mauvaises nouvelles touchant directement ou indirectement la direction de son « bien-aimé » ANC.
« Si vous pouvez imaginer l'importance du sentiment de perte pour des millions de personnes, vous pouvez imaginer ce que cette perte représente pour moi » confie-t-elle aux journalistes du Guardian.
« Sa présence remplissait chaque moment de ma vie, chaque détail de notre existence. Et maintenant, c'est la douleur et le vide qui m'habite, et par moment vous vous remettez en question, qui suis-je après cette épreuve ?» continue Graca Machel.
« Donc lorsque je vous dis que je suis à la recherche de qui je suis, c'est d'essayer de reprendre ma vie d'avant cette expérience, la personne qui a vécue pleinement cette expérience, mais qui subit aujourd'hui cette douleur. Et maintenant pour continuer à vivre et à avancer, que vais-je faire ? Comment faire partie de ces milliers de personnes qui essaient d'améliorer notre monde. Le deuil pour Mandela sera toujours en nous et je ne sais pas pour combien de temps encore. »
L'interview a eu lieu dans la bibliothèque du luxueux hôtel Saxon à Hyde Park, l'une des banlieues les plus huppées de Johannesbourg, où Nelson Mandela avait trouvé refuge, il y a 20 ans, pour finir son autobiographie : Une longue marche vers la liberté.
Maintenant que la période de deuil officiel est achevée, Graca Machel va reprendre les combats qui tenaient à c?ur à son mari, notamment la défense des enfants d'Afrique du Sud.
Lorsqu'on lui demande si Mandela était affecté par les violences faites aux enfants et transcrites quotidiennement dans la presse sud-africaine, Graca Machel répond : « laissez-moi être honnête avec vous, depuis déjà plusieurs années, je protégeais Madiba contre cela. Je ne voulais vraiment pas qu'il soit au courant de ces agissements, parce que, le connaissant, il aurait vraiment été affecté par de telles tragédies, il aurait souffert tout en ne pouvant plus faire grand-chose. Donc lorsque que des choses comme celles-ci paraissaient dans la presse : enlèvement, viols d'enfants, etc? Je trouvais toujours le moyen de lui enlever les journaux »
Richard Simonnet (www.lepetitjournal.com/johannesbourg.html) Jeudi 4 juillet 2014



