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Élections Consulaires : entretien avec Monsieur le Consul Général à Johannesburg

L’élection des Conseillers des Français de l’Étranger est, pour le Consulat Général de France à Johannesburg, un évènement de première importance. Comme pour chaque scrutin, sa préparation nécessite une attention et une implication particulières, mais ce vote a un rôle essentiel dans la relation entre l’administration française et les ressortissants français établis dans la circonscription consulaire.

SAMUEL DUCROQUET SAMUEL DUCROQUET
Écrit par Philippe Petit
Publié le 4 mai 2026

 

Propos recueillis par Philippe PETIT

À l’occasion du prochain scrutin, qui se déroulera le 31 mai 2026 à l’urne (cf. infra), Monsieur Samuel DUCROQUET, le Consul Général de France à Johannesburg fait le point avec Lepetitjournal.com  sur le rôle des Conseillers des Français à l’Étranger, l’importance du vote, et les nouvelles modalités de vote rendues possibles par les efforts de modernisation déployés par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Le rôle des conseillers des Français de l’étranger

Les candidats à ces élections - et donc les futurs Conseillers - sont eux-mêmes, le plus souvent, des personnes qui connaissent intimement la réalité de l’expatriation : ses défis pratiques, ses enjeux administratifs, ses risques de vulnérabilité. Cette expérience leur confère une légitimité et une capacité de conviction auprès des autorités françaises. Car ils portent, collectivement, la voix de plus de deux millions de Français établis hors de France.

La circonscription de Johannesburg est particulièrement étendue : elle couvre l’Afrique du Sud, le Malawi, le Lesotho, le Botswana, la Namibie et le Mozambique. Il est donc important de disposer d’élus capables de couvrir un aussi vaste territoire aux enjeux variés.

Les 433 conseillères et conseillers des Français de l’étranger qui seront élus cette année pour six ans exerceront trois missions fondamentales :

 

Représenter les Français auprès des postes diplomatiques et consulaires

Leur première mission est une mission de représentation. Les conseillers sont des élus d’hyper-proximité : ce sont eux qui, au sein de leur circonscription, portent les préoccupations du quotidien de leurs concitoyens jusqu’au consulat et à l’ambassade de France. Ils sont les porte-voix des Français de l'étranger.

Dans la pratique, le consulat général est régulièrement contacté par les élus qui lui font remonter des points de préoccupation de la communauté, des propositions d’amélioration du service consulaire - même si les retours que nous recevons en direct sont globalement positifs - ou encore des difficultés rencontrées par nos compatriotes, notamment ceux installés loin des grandes métropoles.

 

 Les Conseillers sont des élus qui connaissent les défis de nos concitoyens établis à l'étranger. Ils peuvent faire preuve de persuasion auprès des autorités françaises. 

Ces retours sont précieux et le plus souvent très constructifs : ils permettent au consulat d’ajuster son action et de mieux communiquer sur ses services, comme ce fut le cas lors du lancement du Service France Consulaire (SFC), la centrale téléphonique de réponse aux questions génériques désormais traitées depuis la France. Un outil encore trop méconnu de nos ressortissants.

Rendre des avis sur les aides aux Français de l’étranger

Le deuxième rôle est plus institutionnel, mais tout aussi concret. Dans le cadre des conseils consulaires - instances formalisées réunissant élus, services du consulat et de l’Ambassade, voire des représentants de la société civile -, les conseillers sont appelés à rendre des avis sur l’attribution des bourses scolaires pour les élèves inscrits dans les établissements français à l’étranger, sur les aides sociales à apporter aux compatriotes en difficulté ou à faible revenus (notamment les retraités), sur les subventions aux associations françaises locales et aux organismes de bienfaisance.

Ces avis ne sont pas purement consultatifs : ils remontent à Paris, où les commissions compétentes procèdent aux arbitrages et rendent les décisions définitives d’attribution.

Il est important de souligner que les conseils consulaires sont présidés par un conseiller des Français de l’étranger. Le conseil consulaire se réunit au minimum deux fois par an, mais il peut être convoqué plus fréquemment selon les besoins, à la demande des élus. Pour la seule circonscription de Johannesburg, on compte ainsi une demi-douzaine de réunions annuelles. Le conseil consulaire consacré aux bourses scolaires pour la rentrée 2026 s’est par exemple tenu sur deux jours en avril afin de statuer sur les demandes formulées par les familles de Lusaka, Johannesburg et Pretoria.

Les conseillers sont également conviés aux comités de sécurité organisés par l’Ambassade ou le Consulat. Ils y font remonter le ressenti de la communauté française sur les enjeux sécuritaires en Afrique du Sud et dans les pays voisins, et contribuent à diffuser, en retour, les recommandations officielles de l’administration consulaire auprès de leurs concitoyens.

 

Participer à l’élection des sénateurs représentant les Français de l’Étranger

Il est important de souligner que parmi les 433 conseillers élus, 77 seront désignés pour être les « délégués consulaires » qui siégeront à l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE). Cette instance qui se réunit à Paris au moins deux fois par an,  permet de débattre des grandes questions touchant à l’enseignement français à l’étranger, à la protection sociale, aux enjeux de sécurité et à tous les sujets concernant les expatriés (qu’ils soient d’ordre culturel, économique etc.). L’AFE rend par ailleurs des avis et peut être consultée par le Gouvernement, l’Assemblée Nationale ou le Sénat.

A cet égard, il faut rappeler que les conseillers des Français de l’étranger sont aussi des grands électeurs : ils participent à l’élection des douze sénateurs qui représentent les Français établis hors de France.

 

Voter : un droit, une responsabilité, une chance

Au-delà de la description des fonctions, le Consul Général tient à souligner quelque chose de plus fondamental : la chance que représente ce droit de vote.

La France est l’un des rares pays au monde - peut-être le seul - à offrir à ses ressortissants établis à l’étranger une représentation aussi complète et structurée : Conseillers des Français de l’Étranger, mais aussi onze députés et douze sénateurs représentant les Français répartis dans le monde entier. C’est un dispositif de démocratie représentative remarquable, dont il convient de faire le meilleur usage.

 

C’est une chance vraiment unique de pouvoir exercer ce droit civique, même en étant éloignés de notre de notre pays d'origine. 

Voter, c’est se donner la chance de pouvoir faire entendre ses préoccupations quotidiennes : l’école des enfants, les aides sociales disponibles, la sécurité dans son pays de résidence.

Voter, c’est s’assurer d’être représenté par quelqu’un qui connaît, de l’intérieur, les réalités de l’expatriation et de la vie quotidienne à l’étranger.

 

L’administration se modernise : il est devenu plus facile de voter

C’est précisément parce que ce droit est précieux que le Quai d’Orsay s’est engagé depuis plusieurs années dans une modernisation de ses procédures de vote, pour rendre ce vote plus facile, malgré les contraintes locales.

Trois modalités sont désormais offertes aux électeurs inscrits sur la liste électorale consulaire.

Le vote au bureau

le vote traditionnel à l’urne sera possible dans les trois bureaux de vote de la circonscription :

  • à Johannesburg,
  • au Cap
  • et à Maputo.

A Johannesburg, le bureau de vote se situe au Lycée français international Jules Verne et sera ouvert de 8h à 18h. Pensez à vous munir d’une pièce d’identité…

 

Le vote électronique, ou vote par anticipation

Pour celles et ceux qui résident loin d’un bureau de vote, il vous sera possible de voter en ligne, du 22 au 27 mai, c’est-à-dire pendant une semaine entière. Que l’on soit dans le Limpopo, sur la côte namibienne ou dans un autre lieu éloigné des trois bureaux de vote - Johannesburg, Le Cap et Maputo -, ce vote par anticipation est un moyen pratique pour participer aux élections sans avoir à se déplacer.

Pour en bénéficier, deux conditions simples sont nécessaires :

  • Être inscrit sur la liste électorale consulaire (LEC)
  • Avoir renseigné sur la LEC une adresse e-mail individuelle ainsi qu’un numéro de téléphone portable, sur lequel seront envoyés les identifiants de connexion et mot de passe au moment du vote.

Une autre option: les détenteurs des nouvelles cartes d’identité électroniques (CNIe, celle au format carte bancaire) peuvent, après avoir certifié leur identité numérique en mairie ou au Consulat, s’authentifier et procéder au vote électronique de manière autonome. .

Cette certification de la carte d’identité numérique ouvre d’ailleurs un large éventail de démarches dématérialisées (sécurité sociale, impôts, etc.).

 

Le vote par procuration

Pour ceux qui ne souhaitent pas voter en ligne, ou qui ne pourraient pas se déplacer le jour du scrutin, le vote par procuration reste possible, via le site    ma procuration,  ou via le formulaire papier disponible au consulat.

Grâce à la carte nationale d’identité électronique, votre procuration peut être validée entièrement à distance, sans passage au Consulat. Pour ceux qui ne disposent pas de cette CNIe, une comparution au Consulat, à l’ambassade de France à Windhoek, Gaborone ou Maputo, ou encore devant un consul honoraire reste cependant nécessaire pour valider votre procuration.

 

Nous faisons le maximum pour faciliter les modalités de vote. Il faut saisir l’opportunité, surtout dans une circonscription aussi étendue que la nôtre.  

Être inscrit sur la liste électorale Consulaire : la condition indispensable

Quelle que soit la modalité choisie, une condition est absolument indispensable : être inscrit sur la liste électorale consulaire. Les Français qui souhaitent voter pour cette élection avaient jusqu’au 24 avril pour procéder à leur inscription ou vérifier que leur inscription est bien à jour.

Pour celles et ceux qui souhaitent voter pour cette élection importante, il faut impérativement être inscrit sur la liste électorale consulaire. Il en sera de même pour les élections présidentielles de l’année prochaine. 

Les consulats et ambassades d’Afrique australe ont d’ailleurs communiqué largement sur ce sujet, via leur site internet et les réseaux sociaux, et ces informations ont également été diffusées par Lepetitjournal.com


S’inscrire sur les listes électorales – Lepetitjournal.com

 

Pour en savoir plus : Élections à l'étranger

 

L’inscription sur la liste électorale consulaire (LEC) s’effectue entièrement en ligne, sur le site service-public.fr, sans nécessiter de déplacement au Consulat. Il est également possible de s’inscrire simultanément sur le registre des Français de l’étranger, ce qui permet au Consulat de calibrer au mieux son action et ses dispositifs d’information.

 

 

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