Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la circonscription de l’Afrique du Sud, du Mozambique, de la Namibie et du Botswana. Alexandre BARRIÈRE IZARD se présente pour la liste : « Unis pour agir »


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Je m’appelle Alexandre Barrière Izard, j’ai 36 ans, je suis entrepreneur et je vis en Afrique du Sud depuis plus de 15 ans. Je viens du sud de la France … cela s’entend encore très vite quand on échange avec moi !
J’ai une formation en droit et de commerce international et je suis actuellement doctorant à l’Université de Bordeaux, où je prépare une thèse en droit. Je suis entrepreneur dans les domaines de l’éducation, du vin et de l’assurance.
Mais au-delà de mon parcours professionnel, ce qui me définit le plus, c’est mon engagement de terrain. Je suis aujourd’hui Conseiller des Français de l’étranger et membre de l’Assemblée des Français de l’étranger. Depuis maintenant dix ans, je préside également l’Entraide du Cap, une association qui accompagne les Français en difficulté. Je suis aussi engagé auprès de la Chambre de commerce française en Afrique du Sud, dont j’ai été administrateur et aujourd’hui comme Senior Counsel. J’ai par ailleurs été nommé l’année dernière Conseiller du commerce extérieur de la France.
Au fond, ce qui m’anime avant tout, c’est l’engagement associatif, le service et l’action concrète !
Que représente pour vous la mission principale de Conseiller des Français de l’étranger ?
Pour moi, la mission principale d’un Conseiller des Français de l’étranger, c’est d’être un point d’appui concret pour sa communauté. Cela veut dire être à l’écoute, accompagner quand il y a des difficultés, être un interlocuteur utile vis-à-vis des consulats et de l’ambassade, et faire remonter les problèmes lorsque cela est nécessaire auprès des parlementaires.
C’est un rôle de proximité, mais aussi un rôle de relais. Dans ma pratique, cela passe par des échanges réguliers avec les services consulaires, l’ambassade, les sénateurs et la députée de notre circonscription. L’objectif, c’est de porter une voix utile, sérieuse et objective, au service des Français établis hors de France.
Mais pour moi, ce mandat doit aussi être très concret. Il ne s’agit pas seulement de représenter : il faut aussi agir. Quand la Caisse des Français de l’étranger ne rembourse pas et que des dossiers restent bloqués, il faut faire remonter les situations, alerter la direction et essayer de débloquer les choses. Quand il y a des inquiétudes sur l’école française, sur les frais de scolarité ou sur l’avenir de notre modèle éducatif, il faut porter ces préoccupations et chercher des solutions. Être conseiller, c’est aussi cela : intervenir, suivre les dossiers, faire avancer les situations et essayer, très concrètement, de régler les problèmes auxquels nos compatriotes sont confrontés.
J’ai aussi une vision plus large de cette fonction : un conseiller doit contribuer à faire vivre la communauté française. Cela passe par le soutien aux associations, aux acteurs économiques, aux réseaux éducatifs, à toutes celles et ceux qui, au quotidien, créent du lien. Souvent, notre rôle est aussi de mettre en relation des personnes engagées qui, paradoxalement, ne se connaissent pas encore alors qu’elles œuvrent pour la même communauté.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
J’ai constitué cette liste avec une idée simple : rassembler des personnes déjà engagées, déjà en action, déjà utiles à la communauté française dans leur territoire. C’était essentiel pour moi.
On y retrouve ainsi des profils très complémentaires, mais avec un point commun fort : l’engagement concret. Christine est élue conseillère des Français de l’étranger. Emmanuel, basé à Maputo, est Conseiller du commerce extérieur de la France. Hélène est présidente de Work in the City. Arnaud Blanchet est président de la French Tech en Afrique du Sud. Martine, à Durban, est trésorière de l’association des professeurs de français du KwaZulu-Natal et à l’origine d’initiatives fortes autour de la francophonie, de la poésie et du dialogue culturel.
Nous avons aussi voulu construire une liste aussi représentative que possible de la diversité géographique de notre circonscription. Bien sûr, il n’est pas possible d’avoir sur une même liste des personnes issues de tous les pays d’Afrique australe. Mais nous avons tenu à avoir des relais dans plusieurs territoires importants de la zone. C’est le cas à Maputo avec Emmanuel, car le Mozambique représente la troisième communauté française de notre circonscription. C’est aussi le cas à Durban avec Martine, qui incarne un engagement fort dans une autre réalité géographique et communautaire de notre territoire.
Cette liste, ce sont donc des femmes et des hommes qui agissent déjà. Pour moi, c’est un honneur qu’ils m’accordent leur confiance. Ensemble, nous voulons porter des projets concrets, utiles et ancrés dans la réalité du terrain.

Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Il est essentiel que les Français de l’étranger participent à ces élections parce que leur vote donne du poids à leur voix. Voter, c’est faire entendre ses priorités, ses attentes et ses préoccupations. C’est rappeler que vivre hors de France ne signifie pas être à distance de la République, ni en marge des décisions qui nous concernent directement.
C’est d’autant plus important qu’il y aura une élection présidentielle l’année prochaine. Plus les Français de l’étranger se mobilisent, plus les candidats et les responsables politiques seront obligés de nous écouter et de prendre en compte nos réalités.
Et ce poids politique a des conséquences très concrètes. On l’a vu récemment : des voix à l’extrême gauche comme à l’extrême droite se sont retrouvées pour tenter de faire avancer l’idée d’une double imposition des Français de l’étranger. Heureusement, cela n’a pas abouti, mais cela montre bien que nous devons rester vigilants et organisés.
On l’a vu aussi sur d’autres sujets très concrets. Quand certains ont voulu remettre en cause les indemnités liées au coût de la vie pour les personnels diplomatiques et consulaires, nous nous sommes mobilisés, parce que cela aurait eu un impact direct sur le bon fonctionnement de nos ambassades et de nos consulats. De la même manière, sur la réforme de l’AEFE, il est indispensable d’être en lien avec les diplomates, les parlementaires et l’ensemble des acteurs concernés pour défendre l’enseignement français à l’étranger.
Ces élections consulaires concernent donc directement notre quotidien : l’éducation, les services consulaires, la fiscalité, la solidarité, et la représentation de notre communauté. Participer, c’est défendre concrètement ses intérêts et faire en sorte que les Français de l’étranger soient entendus.
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Il y a plusieurs défis majeurs, mais j’en vois quatre qui me paraissent particulièrement importants.
Le premier, c’est l’enseignement français. L’école française est le cœur battant de notre communauté. Or, les décisions récentes prises au niveau de l’AEFE font peser un risque d’augmentation des frais de scolarité pour de nombreuses familles. À l’Assemblée des Français de l’étranger, j’ai soutenu des résolutions demandant un moratoire sur ces évolutions, parce qu’il est fondamental de défendre notre modèle éducatif.
Le deuxième grand défi, c’est la santé. C’est un sujet absolument central. À travers l’Entraide du Cap, nous avons été à l’origine d’une étude démographique qui a mis en lumière des fragilités importantes au sein de notre communauté, notamment en matière de couverture santé. La situation de la Caisse des Français de l’étranger est préoccupante, et il est essentiel de soutenir ce modèle pour garantir une protection digne aux Français établis hors de France. Là aussi, j’ai défendu des résolutions allant dans ce sens.
Le troisième défi, c’est l’accès effectif aux services consulaires et aux droits. Nous travaillons main dans la main avec les consulats et l’ambassade, mais il faut veiller à ce que chaque Français vivant dans notre zone puisse réellement accéder aux dispositifs auxquels il a droit. Cela concerne par exemple le renouvellement des documents administratifs, l’accès aux aides sociales, l’accompagnement dans certaines démarches, ou tout simplement la capacité à obtenir des réponses claires et rapides quand une situation devient compliquée. L’enjeu, c’est qu’aucun Français ne se sente isolé ou éloigné de l’administration.
Enfin, le quatrième défi, c’est la précarisation croissante d’une partie de notre communauté. Nous voyons des Français arriver avec des situations administratives ou économiques fragiles, parfois sans réelle possibilité d’insertion professionnelle. Cela appelle une vigilance accrue et un accompagnement renforcé, notamment pour les plus vulnérables. C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur.
Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme pour ces élections ?
Le premier axe de notre programme, c’est vraiment le soutien aux associations françaises dans la zone. Pour nous, c’est essentiel, parce que les associations sont le cœur battant de notre communauté. Ce sont elles qui créent du lien, qui accompagnent, qui soutiennent et qui alertent aussi quand des difficultés apparaissent. Mon parcours, comme celui de toutes les personnes qui figurent sur cette liste, montre à quel point il est indispensable de rester connecté au terrain et de travailler main dans la main avec celles et ceux qui s’engagent au quotidien.
Ensuite, nous portons plusieurs actions très concrètes.
À Maputo, avec Emmanuel, nous travaillons à la création d’une OLES, une Organisation locale d’entraide et de solidarité. Ce type de structure existe déjà ailleurs, notamment à Johannesburg avec la Bienfaisance et au Cap avec l’Entraide. À Maputo, la communauté en a besoin, notamment pour mieux accompagner les Français les plus précaires, apporter des réponses concrètes aux situations de fragilité et structurer une solidarité de proximité là où elle manque encore aujourd’hui.
À Durban, nous travaillons déjà à la création d’une association FLAM portée par Martine. Les associations FLAM jouent un rôle essentiel là où il n’existe pas d’école française, en permettant aux enfants de garder un lien avec la langue française et la culture francophone. C’est un projet à la fois éducatif, culturel et profondément structurant pour l’avenir.
Notre programme repose aussi sur plusieurs priorités fortes : accompagner les Français les plus fragiles, défendre l’enseignement français, soutenir le tissu économique français à l’étranger et renforcer les liens entre les différents acteurs de notre communauté.
Nous voulons une représentation utile, active, proche du terrain, et tournée vers des résultats concrets.
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