

Quartier historique où la couleur de peau importait peu et la musique était reine, Sophiatown fut détruit à coup de bulldozer dans les années 50 pour les valeurs qu'il représentait. Créé en 1986, la pièce du même nom revient sur les planches du Market Theatre pour trois semaines à l'occasion des 40 ans du théâtre. Hommage à l'esprit bohème artistique du quartier en musique et en danse.
Symbole d'une société libre, Sophiatown fut un « carrefour culturel », lieu de résidence de nombreux artistes, journalistes et activistes, où la politique, le jazz et le blues régnaient. Les gens y vivaient ensemble en harmonie, malgré leur différence et la réalité du pays. L'existence de Sophiatown comme une banlieue « mixte » était en contradiction directe avec la politique de l'apartheid dont la stratégie était de séparer géographiquement les gens selon leur couleur. Malheureusement le rêve d'une société utopique se brisa lorsque le gouvernement décida de détruire le quartier.

C'est cet esprit bohème que le metteur en scène, Malcolm Purkey, a voulu retranscrire au travers d'une nouvelle génération d'artistes énergiques qui prend la relève pour revivre et partager l'expérience de leurs ainés. Musique, politique et écriture sont au c?ur de la pièce qui aborde aussi les thèmes de l'identité et de la vie en communauté.

Hlengiwe Lushaba, une des actrices du spectacle, explique : « Même si je n'ai pas connu le quartier de Sophiatown, je pense que j'ai hérité de son esprit. Quand nous prenons des décisions pour nous-même, les Africains, plutôt que de laisser les autres les prendre pour nous, ça c'est « l'effet Sophiatown ». Une sorte d'utopie, « Soft town », était un lieu où les noirs pouvaient laisser libre court à leur imagination. Un monument et une référence à la liberté spirituelle, physique et spatiale. » Elle conclut : « La pièce traite de la vie, de la passion et de cet héritage. Peut-être que les spectateurs y trouveront de l'inspiration et en ressortiront avec une part de Sophiatown ».
En savoir plus sur Sophiatown
Découvrez l'héritage de Sophiatown grâce aux tours organisés par le centre Sophiatown the mix.
Plus d'informations sur le site.
Un peu d'histoire
En 1897, l'homme d'affaire Herman Tobiansky achète une portion de la ferme de Waterval, à l'Ouest de Johannesburg. Il baptise le lieu « Sophia » du nom de sa femme et quelques rues aux noms de ses enfants : Edith, Gerty, Bertha, Toby et Sol. Son plan : revendre des parcelles de terrain dans ce nouveau quartier idéalement situé et charmant à des familles de la classe ouvrière en quête de meilleures conditions de vie, toute race confondue. Le quartier se peupla donc au cours des années par des habitants noirs et blancs et devint mixte. En 1955, en pleine politique d'apartheid, le gouvernement fit déplacer de force 65.000 résidents noirs de Sophiatown. Rebaptisée « Triomf » (Triomphe en afrikaans), Sophiatown redevint une banlieue blanche. En février 2006, Amos Masondo, le maire de la municipalité de Johannesburg redonna officiellement son nom de Sophiatown au quartier en présence de nombreux anciens résidents noirs expulsés en 1955.
Informations
Jusqu'au 17 avril 2016
Market Theatre, Main Theatre, Cnr Bree and Miriam Makeba, Newtown
Parking sécurisé
Billets : R65 ? R200
Durée : 115 Minutes
Recommandé au plus de 13 ans
www.lepetitjournal.com/johannesbourg Vendredi 8 avril 2016
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