Édition internationale

Un jeune Français lance une levée de fonds pour sauver les éléphants de Sumatra

À seulement 21 ans, le Français Robin Comito poursuit son engagement pour la protection des éléphants de Sumatra, espèce en danger critique d’extinction selon le classement de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Après une première expérience réussie sur le terrain en 2025 dans la province d’Aceh, son association Harapan di Gajah lance une levée de fonds pour poursuivre ses actions et les étendre à de nouveaux villages. Objectif : permettre aux populations et aux pachydermes de cohabiter pacifiquement.

À seulement 21 ans, le Français Robin Comito poursuit son engagement pour la protection des éléphants de Sumatra, espèce en danger critique d’extinction selon le classement de l'UICNÀ seulement 21 ans, le Français Robin Comito poursuit son engagement pour la protection des éléphants de Sumatra, espèce en danger critique d’extinction selon le classement de l'UICN
Robin Comiti à Sumatra face à un éléphant. Son association a pour objectif de permettre aux populations et aux pachydermes de cohabiter pacifiquement.
Écrit par Lepetitjournal Jakarta
Publié le 27 octobre 2026, mis à jour le 5 novembre 2026

Un premier voyage en Indonésie en 2025 pour sauver les éléphants

« Je prends l’avion pour l’Indonésie début novembre » se réjouit Robin Comito. Originaire du Vercors, ce Français de 21 ans sera de retour dans l’archipel début novembre 2026 pour quatre mois. Sa mission : poursuivre le travail engagé en 2025 dans le village de Karang Ampar, dans la province d’Aceh (Sumatra nord), où les conflits entre habitants et éléphants se multiplient. Robin et son association y ont mis des méthodes simples pour protéger à la fois les pachydermes et les villageois. Pour financer ses actions en 2027, son association Harapan di Gajah a besoin de 16 000 euros. La moitié a déjà été réunie grâce aux dons de particuliers et au soutien du parc animalier de la Barben situé à côté de d’Aix-en-Provence dans le sud de la France.

Des méthodes simples pour éviter les conflits entre éléphants de Sumatra et habitants

L’année dernière, lors de mon passage, on a retrouvé une éléphante morte à cause d’une clôture électrique

À Sumatra, la déforestation liée notamment à l'expansion des plantations de palmiers à huile réduit progressivement l'habitat des éléphants. Privés de leurs couloirs de migration, les animaux s’aventurent régulièrement dans les villages, détruisant parfois cultures et habitations. Face à cette menace, les habitants réagissent souvent avec des méthodes dangereuses pour les pachydermes : explosifs, poisons ou clôtures électriques. « L’année dernière, lors de mon passage, on a retrouvé une éléphante morte à cause d’une clôture électrique installée par un agriculteur », se désole Robin. 

Le jeune français propose une autre approche. Son association forme et équipe des villageois volontaires qui patrouillent chaque soir aux abords des cultures pour anticiper l'arrivée des éléphants. Lampes, jerrycans remplis de cailloux ou alarmes artisanales permettent d'éloigner les animaux sans violence. « Parce qu'on est au fin fond de Sumatra, il faut que les gens puissent se procurer des outils de façon abordable et qui fonctionnent facilement », souligne-t-il.

Quarante éléphants mis en sécurité dans le village de Karang Ampar à Aceh
L'équipe de Harapan Gajah sur le terrain à Sumatra

Quarante éléphants mis en sécurité dans le village de Karang Ampar à Aceh

Les premiers résultats obtenus lors de sa mission en 2025 sont encourageants. En deux mois, les patrouilles ont permis, selon Robin, de mettre en sécurité une quarantaine d'éléphants. Après cinq mois, les habitants ont adopté ces méthodes douces et les conflits ont commencé à diminuer. Les clôtures électriques installées par le village ont notamment été retirées. « Les gens sont assez convaincus dans le sens où on leur présente des outils qui ne coûtent pas cher et qui sont efficaces », affirme le jeune conservationniste, diplômé en protection de l’environnement et en biologie, qui poursuit sa formation sur la gestion des conflits avec les éléphants grâce à l'ONG Nature and Wildlife Association, basée en Thaïlande. Il a prévu d’y faire un nouveau stage début 2027.

Une vocation née grâce à Chanee un autre Français qui lui protège les gibbons de Kalimantan 

Je voyais l'éléphant en train de disparaître dans la plus grande indifférence 

Passionné de forêts depuis l'enfance, Robin découvre à 15 ans l'association Kalaweit et son fondateur Chanee à travers un documentaire. Séduit par cette conservation fondée sur des actions concrètes, il devient bénévole avant de créer son propre projet consacré aux éléphants. « Je voyais l'éléphant en train de disparaître dans la plus grande indifférence », alors il franchit le pas et crée son association pour la défense des pachydermes qui seraient entre 1 300 et 1600 à Sumatra, selon l’ONG Mongabay.

Désormais, Robin souhaite étendre ses patrouilles à d'autres villages et travailler avec les autorités forestières et les communautés locales à la préservation de l'habitat des pachydermes. Car éloigner les éléphants des villages ne suffit pas : encore faut-il leur garantir une forêt où vivre.

Pour financer le projet de Robin Comito

lepetitjournal.com jakarta
Publié le 5 novembre 2026, mis à jour le 5 novembre 2026
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