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FRANÇAISE EN INDONÉSIE - Sarah Andrieu au pays du wayang golek

Par Lepetitjournal Jakarta | Publié le 02/01/2018 à 23:30 | Mis à jour le 03/02/2018 à 12:03
Sarah Andrieu anthropologue Indonésie Jakarta Indonesie

 

Sarah Andrieu est anthropologue, une scientifique donc. De ces scientifiques que vous pouvez écouter pendant des heures sans vous ennuyer une seule seconde. Elle a la générosité de partager ses passions, ses découvertes, ses enthousiasmes. Voyage à travers le parcours d'une française qui est restée fidèle à son coup de coeur émotionnel d'adolescente, en a fait son métier et sa vie, au coeur du pays Sundanais.



Sarah Andrieu est grande, les cheveux chatain clair, les yeux bleus, le teint diaphane. Dans le village de la plaine du sud-est de Bandung dans lequel elle vit depuis dix ans, sa silhouette ne passe pas inaperçue.  C'est au pied des montagnes, à quelques 25 km de Bandung que vous trouverez Sarah, son mari joueur de gamelan et son petit garçon de deux ans. Au kampung, il y a 300 habitants, tous membres d'une seule et même famille, celle d'Abah Sunarya l'ancêtre décédé en 1988, grand maître marionnettiste, dalang réputé et reconnu à travers l'Indonésie. Aujourd'hui, ses nombreux descendants dont le mari de Sarah - sont tous marionnettistes, musiciens ou techniciens; ils vivent ensemble, de leur art et de leur passion, que Sarah étudie au plus près : le wayang golek

Si Sarah a atterri dans ce village ce n'est pas qu'un hasard. L'histoire commence en 1997 lorsque ses parents, agents de voyage, emmènent Sarah en Indonésie, à Sumatra. Sarah a alors 15 ans et l'Indonésie entre dans sa vie, dans son coeur, dans sa tête pour toujours. En Terminale, elle cherche une voix professionnelle qui lui permettra d'y retourner et ce sera l'anthropologie. 

D'une passion adolescente à une thèse d'anthropologie

En 2005, Sarah retourne enfin en Indonésie : « j'y suis partie seule, sans aucun contact sur place, pendant un mois et tout s'est super bien passé. C'était incroyable, j'ai été accueillie avec une générosité sans égale par l'un des plus grand marionnettistes indonésien, le dalang Asep Sunandar Sunarya et sa famille».  Elle en revient avec un sujet de thèse : « Performances et patrimonialisations du wayang golek sundanais ». Sarah obtient trois années de suite une bourse du gouvernement indonésien pour les étudiants étrangers : elle fait son métier d'anthropologue, elle laisse du temps au temps, elle s'imprègne telle une éponge, elle donne toute sa part aux relations humaines. Et après 3 ans sur le terrain, Sarah rentre en France avec, dans ses bagages, une thèse à écrire et un compagnon musicien dans une troupe de gamelan

En 2012, mariée, thésarde et chômeuse, Sarah fait le choix de revenir en Indonésie de façon pérenne : c'est donc là qu'elle construit sa vie, sa famille. Et Sarah assume complètement son statut de française vivant dans un village indonésien : « je me sens parfaitement à l'aise, à cheval entre les deux cultures ». Ses retours en France sont toujours un plaisir, elle y fait le plein de bonnes choses, d'amitiés, de famille. Et revient naturellement au pays de wayang golek, sa passion : « intellectuellement, il s'y passe tellement de choses, c'est au coeur de multiples influences au milieu d'une nature fantastique avec des gens extraordinairement gentils ». Les superlatifs ne manquent pas dans la bouche de Sarah pour évoquer sa vie indonésienne. Quant au wayang golek, une fois que vous en aurez parlé avec elle, vous n'aurez de cesse que d'assister à une performance !

Amélie Heim (www.lepetitjournal.com/Jakarta

(première diffusion le lundi 19 septembre 2016)

Sarah Anaïs Andrieu est chercheure associée au Centre Asie du Sud Est CASE, elle a publié Corps de bois, souffle humain, Le théâtre de marionnettes wayang golek de Java Ouest - Art et Société - Presses universitaires de Rennes

 

 

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