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Les Bajau « nomades des mers » génétiquement adaptés à la plongée ?

Par Lepetitjournal Jakarta | Publié le 27/12/2021 à 21:30 | Mis à jour le 28/12/2021 à 10:35
Photo : @Avenuenautiqueblog
Plongeur bajau

Les Bajau ou les nomades des mers, peuple habitant l’Indonésie seraient les premiers témoins d’une modification génétique qui leur permettrait de rester plus longtemps sous l’eau.

 

Les Bajau vivent sur l’eau, se déplacent avec leur pirogue et habitent des maisons sur pilotis proche des côtes. On les retrouve principalement à Kalimantan, en Sulawesi, aux Moluques et près des petites îles de la Sonde. Ce sont avant tout des pêcheurs. Même si le gouvernement essaie de les sédentariser, ils ne viennent sur la terre ferme que de temps en temps pour troquer leurs poissons contre du riz, des légumes et des fruits. Du fond de leur bateau, ils écoutent la mer, les poissons et même les tremblements de terre. Ils ont pu ainsi en 2004 alerter les touristes présents sur place de l’arrivée d’un tsunami.

 

Des plongeurs hors normes

enfant bajau en plongée
CC_Ronnie Puckett

Les Bajau sont des plongeurs hors normes, depuis leur plus jeune âge, ils sont dans l’eau. Ils plongent chaque jour munis de leur harpon, de lunettes en caoutchouc recyclé et parfois même avec des poids. Ils peuvent retenir leur respiration entre cinq et treize minutes et peuvent descendre jusqu'à 60 mètres de profondeur pour aller à la pêche aux poissons ou aux crustacés. Pour comparer, un individu moyen peut retenir sa respiration sous l’eau entre une et deux minutes, les plongeurs en apnée en eau profonde comme nos champions français Guillaume Nery ou Morgan Bourc’his peuvent retenir leur respiration entre trois et quatre minutes en compétition.

 

 

Première adaptation génétique

Une équipe de chercheurs américains a passé plusieurs mois en Indonésie auprès des populations Bajau ainsi qu’auprès d’une autre communauté les Saluan qui eux ne plongent pas. Les résultats de leurs recherches ont été publiés dans la revue scientifique Cell. Melissa Ilardo en charge de l’étude a fait passer des échographies à 59 Bajau et 34 Saluan.

Résultats : la rate des Bajau est 50% plus grosse que celle des Saluan. Cet organe permet de libérer plus d’oxygène dans le sang quand l’organisme est en situation de stress comme l’apnée. Lors de l’étude des génomes des Bajau, les chercheurs ont trouvé 25 variantes de gènes uniques à cette population. L’un des gènes étudié le PDE10A présente une différence notable entre les deux communautés. « Ce gène est connu pour réguler l’hormone thyroïdienne qui contrôle la taille de la rate, ce qui soutient l’idée que les Bajau ont peut-être évolué pour que leur rate dispose de la taille nécessaire pour accompagner de longues et fréquentes plongées" explique Melissa Ilardo.

 

Cette étude est un exemple de la diversité génétique humaine et de son adaptation à l’environnement sous-marin. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer la façon dont ce gène affecte la taille de la rate. Melissa Ilardo espère à travers cette étude accélérer la recherche médicale sur la façon dont le corps réagit au manque d’oxygène.

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