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Élections indonésiennes 2019, jeu de Go à Jakarta.

Par Michel Larue | Publié le 23/08/2018 à 23:30 | Mis à jour le 23/08/2018 à 23:30
Photo : Les candidats : Jokowi Dodo et Prabowo Subianto
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Le 17 avril 2019 se tiendront pour la première fois simultanément les élections présidentielles et législatives au suffrage universel direct. Le 10 Août était la date limite de dépôt des candidatures pour le « ticket » présidentiel, président - vice-président, comme aux USA. Les choix mettent fin à une période d’incertitude et d’intenses tractations. Ils ouvrent une campagne électorale de huit mois. 

Si les candidats à la présidence sont les mêmes que lors de l’élection précédente en 2014, le président sortant, Joko Widodo affrontera Prabowo Subianto. La principale différence, mais elle est de taille, réside dans les choix de leurs colistiers. 

Le président sortant, Joko Widodo, appelé familièrement Jokowi a choisi comme candidat vice-président un responsable musulman, Ma’ruf Amin âgé de 75 ans. Ce dernier est notamment le chef du très influent conseil des oulémas, qui émet fatwa et certification Halal. Il est également le chef de la plus grande organisation musulmane NU, Nahdlatul Ulama, littéralement « Renaissance des Oulémas » qui compte 40 millions de membres. Ses prises de position récentes le placent parmi les conservateurs. Cela a surpris et déçu les soutiens les plus progressistes du président. Ce choix, espère-t-il, devrait lui rallier les voix musulmanes. Les deux grands courants de pensée de la vie politique étant le nationalisme et l’islam, le président sortant coche ainsi les deux cases. Néanmoins, on peut s’interroger sur les motivations réelles du président. S’agit-il d’une alliance purement électorale ou au contraire d’un infléchissement de la politique, lui qui avait jusqu’à maintenant affiché un profil renouvelant les fondamentaux de la politique indonésienne ? 

Son opposant, Prabowo Subianto, s’inscrit dans une alliance avec un parti musulman conservateur, le PKS, Partai Keadilan Sejahtera ou en français le Parti de la justice et de la prospérité. Son colistier est Sandiaga Salahuddin Uno, qui pour se présenter, a démissionné de son poste de vice-gouverneur de Jakarta. Issu du même parti que le candidat, Gerindra, Partai Gerakan Indonesia Raya ou en français le parti du mouvement de la grande Indonésie, il apporte à la campagne des moyens financiers importants. C’est un jeune, il est né en 1969, riche homme d’affaire formé aux États-Unis et incarne un renouvellement générationnel. 

Les élections du gouverneur de Jakarta, en 2017 ont eu un impact profond et durable sur le paysage politique indonésien puisqu’elles ont vu la coalescence entre différents mouvements musulmans dans le but d’exclure le gouverneur sortant, Basuki Tjahaja Purnama, dit Ahok, en l’inculpant puis le faisant condamner pour blasphème. Cela semble mettre le vote religieux au centre de la vie politique. 

Les sondages donnent pour l’instant le président sortant largement en tête, mais la véritable campagne n’a pas encore débuté. La précédente avait été d’une rare intensité. 

 

 

 

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