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Hotel Soul Good: la jeune génération veut positiver

Par Arnaud Lanuque | Publié le 18/10/2018 à 15:36 | Mis à jour le 18/10/2018 à 16:16
Photo : Chrissie Chau est une des actrices à suivre dans le cinéma hongkongais. @DR
interview chrissie chau, cinema , hong kong

Après la sortie de The Lingering il y a deux semaines, arrive sur les écrans aujourd’hui Hotel Soul Good, son double inversé. Là où The Lingering visait le marché chinois, Hotel Soul Good se concentre sur le public hongkongais. Là où The Lingering utilisait les fantômes pour créer de la tension, Hotel Soul Good les fait apparaître pour générer des rires.  

Mais dans les deux cas, le message est le même : la famille demeure le plus important. Le film suit Kathy Chow (Chrissie Chau), une ambitieuse manager d’hôtel qui, suite à un accident, perd son travail et son statut. Assistée par trois fantômes, elle va chercher à refaire sa vie. 

C’est également l’occasion de discuter avec la star du film, Chrissie Chau, une des étoiles montantes de l’industrie cinématographique hong kongaise qui, avec des films comme 29+1, a réussi à transformer son image de belle plante pour dévoiler un intéressant potentiel dramatique et comique.  

Le Petit Journal: Comment est né le projet Hotel Sould Good?

Anthony Yan: L’idée est venue de la productrice, Yvonne Zhang. Elle voulait faire un film qui traitait de notre rapport aux personnes décédées. L’idée m’a touché parce que j’ai quelqu’un de proche dans ma famille qui s’est suicidé. C’était donc une bonne opportunité pour moi de partager avec le public les sentiments que j’ai pu avoir par rapport à cela et en tirer un message positif. C’est pour cela que j’ai très vite choisi d’en faire une comédie. Je voulais que ce soit attractif commercialement et porteur d’un message positif.

Chrissie, qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet? 

Chrissie Chau: Pour être très honnête, au début, j’ai refusé le film. Parce que je n’aime pas les histoires horrifiques et, comme je voyage beaucoup, je passe souvent d’un hôtel à l’autre alors ce n’est pas un environnement qui me stimule particulièrement. Mais le réalisateur m’a expliqué que ce n’était pas un film d’horreur, bien au contraire, qu’il voulait faire une histoire touchante et optimiste. Il était très sincère et m’a convaincue de participer. D’autant plus que mon personnage évolue constamment durant le récit, ce qui la rend intéressante à jouer.  

"C’est quand j’ai caché mon décolleté que mon vrai plan de carrière s’est ouvert à moi"

Comment avez-vous développé le script?

AY: A l’origine, ma productrice était très concentrée sur l’idée de développer une relation mère/fille. Mais je pensais que ce serait mieux d’avoir une famille entière.  A partir de là, nous avons construit l’histoire autour. Comme j’ai commencé dans l’industrie avec Eric Tsang, j’ai appliqué sa méthode de travail :avoir un groupe de scénaristes qui échangent des idées. Quand on fait une comédie, c’est la bonne façon de faire. Si vous écrivez en solo, vous vous sentez seul et ce n’est pas vraiment le bon état d’esprit pour ce type de films. Et les autres scénaristes ont également injecté leurs propres sentiments par rapport aux rapports avec les êtres chers qui sont décédés.

Chrissie, avez-vous suivi une préparation particulière pour incarner votre personnage?

CC: Oui, j’ai une amie qui travaille dans un hôtel de luxe. Je suis restée avec elle pendant une journée entière afin de me familiariser avec la manière de parler aux employés et aux clients. Et il se trouve que c’est dans cet hôtel que nous avons tourné (rires).

Quelle scène avez-vous trouvé la plus difficile à tourner?

CC: C’est une scène au début du film. Je dois courir de Causeway Bay à Wanchai et inversement en portant des talons aiguilles très haut.  J’ai dû le faire toute la journée. A la fin du tournage, j’étais complètement trempée!

Je pensais que vous répondriez la scène où vous découvrez l’identité des fantômes. 

CC: Oui, elle n’était pas facile non plus parce que je devais projeter des émotions très puissantes. J’ai ma  propre façon de gérer ce type de scènes. Contrairement à beaucoup d’acteurs, je ne me base pas sur ce que j’ai connu dans ma vie réelle.  Je me base sur les relations que j’ai établies avec les autres acteurs. Je me souviens des moments que nous avons passés ensemble et je l’utilise pour créer l’émotion recherchée. Heureusement pour moi, cette scène était en toute fin de tournage si bien que j’avais pu construire la relation nécessaire avec eux pour réussir la scène.

chrissie chau, cinema hong kong
Hotel Soul Good a fait une croix sur le marché continental. @DR

Etant donné que vous avez de vrais fantômes dans le film, je suppose que vous avez fait une croix sur le marché continental? 
AY:
Oui, c’était un choix conscient. Depuis une dizaine d’années, il y a eu énormément de co-productions avec la Chine, avec les restrictions qui vont avec, mais nous pensions que les Hongkongais avaient besoin de quelque chose de différents. Et avant cette mode, nous avions de bons films qui traitaient de sujets désormais sensibles. Mais faire un film sans le marché chinois nécessite beaucoup de volonté parce que votre budget est nécessairement limité. Je suis donc très reconnaissant à ma productrice de m’avoir donné l’opportunité de faire un tel film. 

Chrissie, vous semblez également avoir choisi de situer votre carrière spécifiquement à Hong Kong. 

CC: Je ne sais pas si c’est vraiment un choix. J’ai déjà fait quelques émissions de TV en Chine mais Hong Kong est la ville de mon cœur, c’est là que j’ai mes racines. Et après avoir fait 29+1, j’ai de plus en plus d’opportunités de jouer des rôles intéressants à Hong Kong alors j’en profite.

Considérez-vous le film comme une étape dans votre carrière d’actrice? 

CC: De mon point de vue, tous les films que j’ai faits ont contribué à façonner l’actrice que je suis aujourd’hui. Mais du point de vue du public, je crois que c’est Breakup 100 qui a changé la manière dont j’étais perçu. Il y a une expression en cantonais qui veut que, pour les femmes, votre décolleté est votre plan de carrière. En ce qui me concerne, c’est quand je l’ai caché que mon vrai plan de carrière s’est ouvert à moi (rires). Aujourd’hui, je suis dans le meilleur moment de ma carrière, avec beaucoup d’offres. Et tant que le public souhaite me voir, je continuerai dans cette voie. 

 

Remerciements à Yvonne Chuang et Ching Suet Ching.
 

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Arnaud Lanuque

Arnaud Lanuque

Couvre l’actualité du cinéma de Hong Kong depuis plus de 15 ans. Il a participé à de nombreux sites (HKCinemagic, Asialyst...) et magazines (So Films, L'Ecran Fantastique...) et a écrit le livre Police Vs Syndicats du Crime
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