Édition internationale

Des entreprises françaises se mobilisent pour les dauphins et la mangrove en Chine

À Zhanjiang, dans le sud de la Chine, une coalition d’entreprises — dont plusieurs françaises — s’organise pour restaurer la mangrove et sensibiliser à la protection du dauphin blanc chinois. À l’initiative : Frédéric Barbier, Directeur Général APAC de l'entreprise SGD Pharma, qui pilote depuis le site de Zhanjiang une démarche “clé en main” mêlant plantations, mobilisation des équipes, en lien étroit avec la CCI France Chine et le Consulat de France de Chine du sud

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Écrit par Didier Pujol
Publié le 6 février 2026, mis à jour le 11 février 2026

La mangrove est un sujet local et mondial

Le décor n’a rien d’un simple “projet RSE de plus”. La ville de Zhanjiang (Guangdong) abrite le plus grand réserve de mangrove de Chine, au cœur d’un écosystème côtier majeur. La Zhanjiang Mangrove National Nature Reserve couvre en effet plus de 20 278 hectares, qu’elle est classée site Ramsar depuis 2002, et qu’elle concentre une biodiversité spectaculaire (plus de 300 espèces d’oiseaux recensées).

Pour Frédéric Barbier, cette dimension territoriale compte. « Notre groupe supporte les communautés locales sur des aspects de biodiversité », explique-t-il et nous appliquons sur le terrain une stratégie portée au plus haut niveau : réduction massive de l’empreinte carbone et engagement local. Sur son site corporate, SGD Pharma rappelle en effet viser une baisse de -42% des émissions scope 1 et 2 en 2030 (vs 2022) et -25% des émissions scope 3 en 2030 (vs 2022), une trajectoire approuvée par la SBTi et -65% en 2040 (vs 2022).

 

Déjà 30 000 nouveaux arbres plantés 

Le cœur de l’initiative s’appelle Mangrove Together : un mécanisme simple, reproductible, pensé pour créer un effet boule de neige, en partenariat avec la CCI France Chine et grâce au soutien de son Vice Président Exécutif pour la Chine du Sud Fabien Pacory. Le principe : chaque entreprise donatrice s’engage à financer la plantation de 1 000 arbres. « C’est 8 euros l’arbre », précise Frédéric Barbier — soit environ 8 000 euros pour 1 000 arbres (le montant exact varie selon les modalités de donation évoquées).

À l’échelle de Zhanjiang, en ajoutant d’autres acteurs en plus de son entreprise, Frédéric Barbier estime qu’on pourrait être entre 25 000 et 30 000 nouveaux arbres. Côté “gros acteurs”, il cite notamment BASF et une entreprise chinoise d’État. L’ambition est de bâtir une coalition capable d’entraîner fournisseurs, clients, et partenaires — “faire x10”, puis encore x10. Et derrière, une perspective fait briller les yeux : la possibilité future d’émettre des crédits carbone liés à la mangrove, même si en Chine, cette procédure est complexe. On ne parlerait alors plus de centaines de milliers, mais de millions d’arbres.

 

Une fondation chinoise, auditée par WWF

Le financement transite par une structure locale : la Zhanjiang Mangrove Wetland Conservation Federation, organisation gouvernementale dont Frédéric Barbier et Fabien Pacory, tout deux vice-présidents de la CII France-Chine, siègent au board et qui promeut la protection scientifique, la gestion et l’usage durable des zones humides de mangrove à Zhanjiang. Le fonctionnement est non lucratif pour les membres du board, et le dispositif est audité par WWF. L’objectif : informer, restaurer et replanter — puis, à terme, structurer un mouvement plus large.

Résultat : la dynamique s’accélère. L’initiative Mangrove Together lancée en 2025 revendique 20 entreprises déjà engagées, et « une dizaine » de discussions supplémentaires depuis la finalisation du livre. En échange de leurs dons, les donateurs reçoivent un objet très concret : un grand livre A3, “Mangrove, la forêt de la mer”, conçu comme un support de sensibilisation… plus que comme un produit commercial.

 

Un livre pour la mémoire personalisable 

« Notre objectif, ce n’est pas de vendre ce livre. C’est un livre donné », insiste-t-il. Le contenu se veut irréprochable : 150 pages d’informations scientifiques sur la mangrove, les oiseaux, les poissons et l’écosystème, coécrites avec un professeur expert, M. Liao, et illustrées de nombreuses photos.

Et surtout, le livre est personnalisable : pour une entreprise qui envoie une équipe planter sur place dans le cadre de team building, on réimprime un exemplaire en intégrant les photos, et en ajoutant le logo sur la couverture. Objectif assumé : que l’entreprise puisse ensuite exposer l’ouvrage dans ses bureaux en Chine… ou en France, comme preuve tangible d’un engagement collectif.

 

Sauver les dauphins blancs chinois

L’action de Frédéric ne s’arrête pas à la forêt littorale. La baie de Zhanjiang abrite l’une des plus importantes populations de dauphin blanc chinois, une espèce côtière sédentaire, vulnérable car les populations se mélangent peu entre “poches” géographiques. 

Toujours en partenariat avec la CCI France Chine, le soutien de Fabien Pacory et d’autres acteurs locaux, Frédéric a co-créé une association à vocation très opérationnelle : sensibilisation dans les écoles et les entreprises, nettoyages de plages, actions de communication.

Moment fort de ce programme : la production d’un court film de 8 minutes, avec le soutien de la CCI France Chine et du consulat, réalisé avec l’appui d’un producteur français, Philippe Savine, connu notamment pour Dakar: Race Against the Desert.
Le film a été présenté à la Conférence des Nations Unies sur l’océan en juin 2025, puis a remporté un premier prix lors d’un festival à Shenzhen Public Welfare Week.

Prochaine étape dans les cartons : un livre sur les dauphins, pensé comme un pont entre la France et la Chine dont potentiellement, une coopération avec la ville de Nice, autour de la biodiversité marine.

 

“Entrer” dans la biodiversité avec un projet 

Ce qui frappe, dans le récit de Frédéric Barbier, c’est la logique d’entraînement. D’abord, on plante “un peu”. Puis 1 000 arbres. Puis 10 000. Puis 100 000. Et surtout, on embarque tout le monde : fournisseurs, clients, partenaires, équipes locales. Sur ce plan, la mangrove coche toutes les cases : restauration d’écosystèmes, protection du littoral (typhons), filtration de l’eau, biodiversité… et stockage de carbone. Bref : une action visible, fédératrice, et structurante pour une culture d’entreprise.

Dans l’entretien, Frédéric Barbier explique qu’il existe :

  • un format entreprise : lots de 1 000 arbres avec donation et possibilité de venue sur site (plantation, photos, livre personnalisé) ;
  • un format individuel : donation possible par arbre (8 €), via le QR code joint

Le point de contact, pour l’instant, passe par Frédéric Barbier chez SGD Pharma APAC.

On vous attend !

wechat Didier Pujol
Publié le 6 février 2026, mis à jour le 11 février 2026
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