Mercredi 20 octobre 2021
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CORONAVIRUS: point sur l'école à Hong Kong et en France

Par Patricia Herau-Yang | Publié le 15/04/2020 à 17:15 | Mis à jour le 16/04/2020 à 12:39
Photo : Tous coincés à la maison, mais pas tous égaux devant le home schooling 
Point sur l'école France Hong Kong coronavirus

Le weekend de Pâques a donné des ailes à beaucoup de familles, tant à Hong Kong qu’en France, et l’exécutif des deux pays a peiné à faire appliquer les mesures de distanciation sociale. Mais les congés ne dureront pas. Où en est-on de la réouverture des écoles, des examens, des frais de scolarité et aides pour les familles?

Réouverture des écoles

A Hong Kong, l’annonce de la Chief Excecutive Carrie Lam le 21 mars sur la continuation de la suspension des classes jusqu’à nouvel ordre a été confirmée le 31 mars par l’Education Bureau (EDB). Le communiqué du 31 mars indique qu’un préavis de 21 jours sera respecté avant la réouverture, pour permettre aux parties prenantes de se préparer. Si l’on se réfère à l’épidémie de SARS, une réouverture progressive des classes par niveaux (en commençant par les classes à examens), et à horaires réduits (ouverture des petites classes par demi-journée) sera sans doute privilégiée. A charge pour les écoles d’instaurer des mesures de protection des élèves (masques, lavage des mains, discipline autour des récréations et pauses déjeuner), à préciser.

Mais quelle autorité exactement a l’EDB? Tout au long des semaines de fermeture, des écoles internationales ont été pointées du doigt (par les parents d’écoles publiques, en particulier), car elles assuraient des cours en présentiel. Stricto sensu, il semble que les communiqués de l’EDB n’aient valeur que de recommandations de fermeture et non d’interdiction d’ouvrir. Cette ambiguïté continue maintenant que la réouverture des écoles est à l’ordre du jour: certaines écoles internationales ont déjà annoncé à leurs élèves la réouverture, à la condition, parfois que les élèves fassent tester leur sérologie (présence d’anticorps) au coronavirus.

 

Point sur l'école France Hong Kong coronavirus
Les examens du HKDSE, le bac local, commencent ce 24 avril

 

En France, les prérogatives du Ministère de l’Education sont claires, et la question de la réouverture des écoles est très haut dans l’agenda du Président de la République. M. Macron a ainsi annoncé lors de son allocution télévisée ce 13 avril, une "réouverture progressive des crèches, des écoles, des collèges et des lycées" à partir du 11 mai, date jusqu’à laquelle le confinement est officiellement prolongé. Les cours devraient ensuite se poursuivre en présentiel pour tous les élèves des collèges et des lycées jusqu’au 4 juillet. Les étudiants de l’enseignement supérieur, eux, attendront septembre pour retrouver les amphis.

La réouverture, si elle se confirme, après seulement 8 semaines de confinement (contre déjà 11 à Hong Kong) a été choisie car la situation actuelle "creuse les inégalités". "Trop d’enfants, notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes, sont privés d’école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents", d’après M. Macron.

La grogne monte

Déjà, la grogne monte dans le corps enseignant, inquiet pour sa santé et se comparant déjà aux grognards de la première guerre mondiale, envoyés en première ligne. On voit cependant mal comment le travail en France pourrait reprendre en présentiel le 11 mai, sans solution de scolarisation (une grève est clairement à l’agenda des syndicats), car les travailleurs sont aussi parents. On attend plus d’informations des représentants des parents d’élèves.

 

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Le Président pendant son allocution du 13 avril: on vise le 11 mai

 

Examens

A Hong Kong, le Secretary for Education Kevin Yeung avait évoqué le 21 mars que les examens Hong Kong Diploma of Secondary Education Examination (HKDSE, équivalent du baccalauréat) pourraient avoir lieu à partir du 24 avril. 52.000 lycéens doivent passer l'examen. Les épreuves écrites et orales en chinois et anglais sont maintenues, elles devraient être terminées le 25 mai, et les résultats annoncés en juillet. Les mesures prises pour la tenue de ces examens doivent permettre d’assurer la sécurité sanitaire des élèves. "We all know that this is a very important examination for all our secondary students. And I am sure many of them have spent months or years in the preparation. So I believe most of them would not like to have their effort wasted, if we do not proceed with the exam as scheduled".

Côté étudiants en filière IB (baccalauréat international), les épreuves écrites initialement prévues en mai ont été suspendues par l’organisateur, pour la première fois de l'histoire.

En France, toutes les épreuves du Brevet, du Bac, les épreuves E3C2 (Epreuves communes de contrôle continu) de fin de Première mais aussi les BTS, BEP, CAP ont été annulées. Elles sont remplacées cette année par le contrôle continu (aussi pour la première fois), comme l’a annoncé le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, ce 3 avril. A ce jour, seules les épreuves orales du Bac Français en fin de première seront maintenues "dans la mesure du possible", fin juin-début juillet, avec moins de textes à préparer (15 pour la voie générale, 12 pour la voie technologique). Les épreuves de rattrapage en Terminale auront lieu fin juin et début juillet.

 

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Le Secretary for Education Kevin Yeung n'a pas donné de date (Crédit: Winson Wong, SCMP)

 

Frais de scolarité

Si la question ne se pose globalement pas en France (la scolarité étant gratuite ou à prix très modique, et les parents ayant accès à un éventail d’aides sociales), les frais de scolarité à Hong Kong et dans toute l’Asie font couler beaucoup d’encre. Les écoles locales ont très souvent pris l’initiative et réduit de moitié leurs frais de scolarité, tout en assurant cahin caha des cours à distance.

Dans les écoles internationales, les frais de scolarité sont de plus en plus fréquemment payés par les parents et non leurs employeurs. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de crispations, parfois de détresse, montrent l’ampleur de la crise sur la situation personnelle des parents d’élèves.

Pétitions

Dans la communauté française en particulier, en plus des échanges et pétitions circulant sur les réseaux sociaux, beaucoup ont interpelé la direction, les conseillers consulaires, voire l’AEFE, sur les frais scolaires. A Hong Kong, le LFI a rappelé les aides disponibles aux parents d’élèves en difficulté (Fonds des Amis, Bourses), mais la modification des frais de scolarité de l’année scolaire 2019-2020 n’est pas à l’ordre du jour. La facture du 3ème trimestre est arrivée.

Pendant ce temps, les parents des écoles internationales s'organisent, la dernière initiative en date étant une demande des parents d'élèves de la Nord Anglia International School, qui demandent 30% de réduction: l'école à Dubaï a réduit ses frais de 15%. Le Conseil d’Administration du LFI a tranché le 9 avril: l’augmentation prévue des frais de scolarité à la rentrée 2020 n’aura pas lieu. Mais une réduction n'est, là encore, pas à l'ordre du jour.

AEFE

Dans ce contexte tendu, le directeur de l’AEFE (Olivier Brochet) s’est exprimé le 13 mars, puis le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères (Jean-Baptiste Lemoyne) le 9 avril. Le président de la Fédération des Associations de Parents d’Elèves des Etablissements d’enseignement français à l’étranger, François Normand, lui, privilégie un renforcement du rôle des parents d’élèves dans la gouvernance des établissements de l’AEFE, et notamment leur gestion financière. C’est sans doute la voie vers un renforcement de la communication entre parents et direction d’établissement, une plus grande transparence financière, et peut-être, à terme une meilleure fidélisation de la communauté française, dans un Hong Kong où les offres éducatives de qualité ne manquent pas.

 

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Patricia Herau-Yang

Patricia a passé de nombreuses années en Chine, exercé le métier de traductrice français-chinois. Depuis son arrivée à Hong Kong, elle s'est mise au cantonais et pratique la randonnée. Elle contribue au Petit Journal sur le volet culturel, entre autres...
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