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CHINOISES, MARIEES A UN FRANCAIS (3/3) - Comment réussir la synthèse culturelle ?

Par Lepetitjournal Hong Kong | Publié le 22/01/2014 à 23:00 | Mis à jour le 06/01/2018 à 04:47

 

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Elles se sont mariées en France, elles parlent couramment français,? mais n'ont pas renié leur culture ! En famille elles construisent une synthèse entre la France et la Chine, avec la patience de l'amour. Pin, Xiang Ni et Fang, nous livrent leur regard sur la France et les Français qu'elles connaissent depuis 10 ans. Y a-t-il, comme le pense Xiang Ni, "des valeurs humaines universelles, qui dépassent le champ de nos cultures respectives" ? Faut-il une langue commune, une cuisine partagée, des coutumes familiales identiques pour asseoir cette synthèse culturelle ?

Une langue commune, clé de la relation en profondeur

Pour Xiang Ni, il est fondamental de connaître suffisamment la langue commune pour échanger en profondeur. "Il faut vraiment maitriser la langue, pas seulement pour les petites choses du quotidien. Pour ma fille, je veux qu'elle maitrise les deux langues, à l'écrit et à l'oral." Quand Pin a rencontré son futur mari à Wuhan, il ne parlait "qu'anglais avec un accent français terrible !", Mais au fil des efforts et du temps, le couple a trouvé un modus vivendi : "j'ai ensuite vécu et travaillé en France, mon français s'est amélioré, et c'est finalement le père de mon futur mari qui nous a encouragés à parler tout le temps en français pour améliorer ma maitrise de la langue. Je ne me souviens pas quand nous avons définitivement basculé de l'anglais au français, cela s'est fait naturellement. Aujourd'hui, je n'ai plus besoin de l'anglais !" La situation était plus simple pour Fang, qui a démarré le français à 12 ans : "J'ai toujours parlé français avec mon mari parce que je connaissais déjà bien le français quand je l'ai rencontré", explique Fang. "D'ailleurs, j'étais très heureuse de parler en français. Je réfléchis en français : la langue n'est pas un problème dans notre couple."

Enfants bilingues, une double appartenance culturelle ?

Pour Xiang Ni les choses sont claires : "ma fille, je veux lui donner les deux cultures, pour qu'elle puisse choisir plus tard. Je veux lui donner la langue, parce que c'est la clé de la culture, et l'ouverture d'esprit, parce que c'est le moteur de la vie. Après, elle choisira. Aujourd'hui, à 7 ans, elle a vécu plus longtemps en France qu'en Chine, elle se sent française." Une fois de plus, langue et culture se répondent, car le fils de Pin se sent et chinois et français, et jongle d'une langue à l'autre. "Mon fils a 4 ans, il va à l'école chinoise, où il apprend aussi un peu l'anglais. Nous parlons français à la maison pour compenser. Même moi je ne lui parle qu'en français ! Mais, depuis que nous sommes en Chine, il commence à perdre son français, le chinois prend le dessus. Nous réfléchissons donc à le faire passer en école française l'an prochain."

Cuisines française et chinoise, que choisir ?

"Comment, tu ne manges pas la même chose que ton mari ??", s'étonnent les amies de Xiang Ni, qui ne se laisse pas démonter : "Parfois, il vaut mieux être sincères pour vivre longtemps ensemble, et dire avec simplicité ce que l'on n'aime pas." Cela rappelle l'histoire du vieux couple, qui a découvert tardivement que l'un se forçait à manger le crouton de la baguette auquel l'autre renonçait par amour ! Xiang Ni et son mari sont "tout à fait d'accord sur la cuisine : nous n'aimons ni l'un ni l'autre cuisiner,? mais nous savons tous les deux l'apprécier !"

Bien sûr, ces Chinoises qui ont découvert en profondeur la cuisine française savent en apprécier les saveurs et les caractéristiques : "Le secret de la cuisine française, c'est de cuisiner au four ! Ca s'apprend ! Les Français savent mettre en valeur leur cuisine. C'est pour cela je crois qu'on peut parler de gastronomie, cela donne vraiment envie de goûter ! Il y a vraiment un art de la présentation à la française", commente Fang, qui apprécie comme son mari la cuisine française, chinoise, et italienne ; mais en Chine, Fang cuisine chinois tous les soirs. "Cela n'est pas un problème pour mon mari ! La cuisine chinoise est diététique, avec beaucoup de légumes. Mon mari a perdu 10 kilos !" Pin au contraire continue en Chine de vivre dans la culture française, de côtoyer des Français en Chine. "En France, la cuisine chinoise me manquait, ici, c'est la cuisine française qui me manque  parfois!", avoue-t-elle.

Apprécier la culture de l'autre

"Un couple mixte aujourd'hui à Shenzhen, c'est exceptionnel, mais pas étrange", assure Xiang Ni, qui "ne souffre pas du regard des gens." Mais un couple franco-chinois est-il un couple comme les autres ? Pour Fang, "un couple mixte, c'est avant tout un couple homme et femme. Après, la différence de culture, ce n'est pas cela qui fragilise le couple. En revanche, si la base est fragile, la différence culturelle peut devenir un problème. Comme dans tous les couples, il faut faire un effort de compréhension de l'autre", renchérit Xiang Ni. "Vis-à-vis de la culture, les critiques blessent l'amour, il faut donc s'efforcer de chercher le point commun, la beauté de la différence, le côté positif de l'autre culture. Nous ne sommes pas en concurrence culturelle !" Xiang Ni est justement tombée sous le charme de la culture française et ne s'en cache pas : "La culture française est très riche : l'art, la littérature, la religion, la philosophie, ? la France offre un environnement qui permet aux artistes de s'épanouir, alors qu'en Chine c'est la vie matérielle qui passe en premier. En France, une fois qu'on mange à sa faim, on peut vivre comme un poète ! Je voudrais retourner en France pour développer mes connaissances artistiques. En Chine, je me sens aveugle, en France, j'apprends sans cesse."

De là à en perdre sa nationalité, il n'y a qu'un pas? que toutes ne peuvent pas franchir. Souvent elles restent en équilibre sur la frontière : "Le problème qui peut apparaitre dans la vie que j'ai choisie, c'est de ne plus savoir qui je suis. Pour moi, je suis et française et chinoise, je me sens bien comme cela", déclare Fang. Pin a gardé sa nationalité chinoise, "mais je me pose des questions parce que j'ai toujours besoin de demander des visas pour aller à Hong Kong, pour voyager? Aux dernières vacances, mon mari et mon fils sont partis sans moi et je les ai rejoints deux jours plus tard après avoir obtenu mon visa !"

Fêtes de famille, à petites doses et par amour !

Voyager en Chine est toujours un casse-tête, surtout au moment du nouvel an chinois? Peut-on imposer à son mari français de tels efforts ? Même pour Pin, qui adore fêter le nouvel an avec sa famille, "c'est si stressant de voyager pour y aller que ça me gâche la fête : on s'est déjà retrouvés coincés à la douane, ou à faire la course aux billets qui ont doublé de prix, je ne suis plus habituée à ces déplacements de population !" Pour Fang également, imposer le nouvel an à Wuhan dans le froid tous les ans à son mari lui parait trop lourd. D'ailleurs, "en Chine, on ne fait pas souvent la fête en famille", déclare-t-elle, "on sort plutôt avec ses collègues ou dans la rue lors des fêtes organisées par le gouvernement. En France, nous participions davantage à des fêtes de famille, mais ici cela ne me manque pas."

Une autre coutume est difficilement compatible avec le style de vie français : le devoir de recevoir ses parents chez soi, parfois jusqu'à la fin de ses jours ! "Ici à Shenzhen, j'ai reçu 3 mois mes parents chez moi », confie Xiang Ni, « ce n'était pas facile car on doit toujours faire des efforts, mais je tiens beaucoup à ce que les plus jeunes respectent les plus vieux, ils sont donc toujours les bienvenus? mais pas trop longtemps ! Le problème par rapport à ce devoir filial chinois, c'est que le poids des responsabilités réciproques est trop lourd. C'est par amour et non par devoir que je veux les accueillir", conclue Xiang Ni, qui fait une fois de plus une synthèse positive des deux cultures !

Apolline Delplanque (www.lepetitjournal.com/hong-kong) jeudi 23 janvier 2014

Crédit photos : Anna Kim Photography

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1 Commentaire (s)Réagir
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laura sam 14/09/2019 - 06:08

Je suis ici pour témoigner de votre excellent travail. Mon mari me revient avec les enfants et laisse l'autre femme sur son lieu de travail, avec votre sortilège. Il est amoureux de moi maintenant, comme vous l'avez dit. pas besoin de divorcer et il s’excuse pour toutes les douleurs qu’il a coûtées à moi et à mes enfants grâce au prêtre Manuka. Si vous avez besoin de son aide, son adresse électronique est [lovesolutiontemple1@gmail.com] [priestmanuka@yahoo.com], votre sort est rapide et Je suis si heureuse de partager votre témoignage… .. laura.

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