À l’occasion de la programmation de la pièce de théâtre « Les Zinzins » au Fringe Festival 2026, nous avons rencontré Agnès Seelinger et Sophie Lamacq. Co-fondatrices de leur propre fondation artistique en 2023, ces deux passionnées nous ouvrent les portes de leur univers où la rigueur du business rencontre la folie créative du théâtre, avec une mission claire : faire rayonner la culture française tout en tissant des liens profonds avec la communauté locale.


Hong Kong m’a permis de me réaliser
Pouvez-vous nous raconter la genèse de la Seelinger Arts Foundation ? Quel a été le déclic pour sa création en 2023 ?
Sophie Lamacq : Tout est parti d’un constat pragmatique. Agnès et moi nous connaissons depuis plus de vingt ans. Elle vient du monde de la scène (le théâtre, la danse, le cinéma) et moi du monde des affaires. En 2022, nous avons tenté de monter une pièce pour le French May, mais sans structure légale, il était presque impossible de convaincre des sponsors. Pour qu’une entreprise s’engage, elle a besoin d’une entité reconnue et les “charity” sont des modèles qui s’y prêtent bien. Nous avons donc décidé de créer notre fondation début 2023 pour professionnaliser notre démarche et pérenniser nos projets.
Agnès Seelinger : Pour moi, c’était aussi une manière de redonner à cette ville et de la remercier. Hong Kong m’a permis de me réaliser en tant que metteuse en scène, une liberté que je n’aurais peut-être pas osé prendre en France. La fondation est née de cette envie de structurer nos rêves.
La symbiose entre le business et l'art est une force
Justement, comment vos profils si différents, l’artiste et la femme d’affaires, s’articulent-ils au quotidien ?
Sophie Lamacq : Nous sommes totalement complémentaires ! Agnès est une machine à idées ; elle en a probablement eu trois nouvelles depuis le début de cette interview (rires). Mon rôle est de les organiser, de gérer les budgets et de nous ancrer dans la réalité logistique de Hong Kong. Je suis un peu « l’ingénieure artistique » qui transforme l’étincelle en projet viable.
Agnès Seelinger : J’ai besoin de cet ancrage. Sans Sophie et mon mari (ndlr. Jean Lahirle), qui est le troisième pilier de la fondation, je serais comme un ballon à l’hélium qui s’envole. Cette symbiose entre business et art est une force : elle apporte de la créativité au monde des affaires et de la structure à la création.
L’art est le meilleur moyen de briser les barrières
Quelles sont les missions principales de votre fondation aujourd’hui ?
Agnès Seelinger : Nous avons trois axes majeurs. Le premier est la production d’événements artistiques, principalement du théâtre pour l’instant, comme la pièce “Les Zinzins” dont nous parlerons ensuite. Le second est le coaching d’acteurs et de metteurs en scène. Enfin, nous proposons des ateliers de développement personnel utilisant les techniques du théâtre (respiration, regard, gestion du trac) pour le monde professionnel.
Sophie Lamacq : Notre ambition est aussi de créer un véritable échange franco-chinois. Nous ne voulons pas rester dans l’entre-soi. L’idée est de monter des pièces initialement françaises en cantonais et vice-versa, pour que chaque culture puisse voir la vie à travers le prisme de l’autre, en laissant une grande place à la liberté d’interprétation. L’art est le meilleur moyen de briser les cloisons sociales et linguistiques.
Mais ton truc, c’est totalement zinzin !
Vous présentez prochainement « Les Zinzins » au Fringe Festival 2026. Comment est née cette pièce au titre si évocateur ?
Agnès Seelinger : C’est une aventure incroyable ! Après le succès d’une pièce en monologue présenté au Fringe Festival l’année dernière, ils nous ont demandé de revenir. J’ai dit oui tout de suite ! La pièce est née d’une Masterclass que nous dirigions. Nous travaillions sur des monologues absurdes de Christophe Averlant.
Sophie Lamacq : Le processus créatif a été très organique. En rangeant et en reformatant les textes, nous avons commencé à tisser une histoire. Puis le titre est venu d’une de nos actrices, peu de temps après les avoir briéfé sur cette pièce, elle s’est exclamée lors de la répétition : « Mais ton truc, c’est totalement zinzin ! ». Ce terme nous est apparu comme une évidence et il est resté.
C’est comme du « paintball » théâtral
À quoi le public doit-il s’attendre avec « Les Zinzins » ?
Agnès Seelinger : C’est une pièce de 45 minutes, qui convient parfaitement à l’ambiance du Fringe. C’est de l’absurde, mais très accessible. Il y a huit acteurs sur scène, tous issus de milieux professionnels très différents, mais habités par une passion commune. Le défi pour eux a été d’apprendre à jouer sans parler, à écouter l’autre sur scène. C’est très rythmé, surtout sur la fin, presque comme du « paintball » théâtral.
Et puis il y a une petite surprise : la participation de NikKi, une jeune fille de 12 ans, qui apporte une touche de fraîcheur supplémentaire.
C’est une pièce colorée, délirante, qui fait du bien !
Reverser nos bénéfices à des œuvres caritatives
Quels sont vos espoirs pour la suite de la fondation ?
Agnès Seelinger : Nous voulons continuer à prouver que le théâtre à Hong Kong peut être d’une qualité professionnelle, même avec des acteurs passionnés qui ont un travail à côté. Nous espérons aussi attirer davantage de donateurs pour pouvoir, à terme, reverser nos bénéfices à des œuvres caritatives locales, comme Po Leung Kuk, une institution fondée en 1876 et reconnue à Hong Kong pour son engagement auprès des orphelins et des femmes en difficulté. Une cause qui me tient particulièrement à cœur.
Sophie Lamacq : Pour « Les Zinzins », nous allons jouer huit fois au Fringe. C’est un vrai challenge ! Nous comptons sur la communauté pour venir nous soutenir. Plus nous aurons de public, plus nous pourrons montrer aux institutions hongkongaises que le théâtre francophone et international a une place vibrante ici.
En savoir plus sur la Seelinger Arts Foundation
Voir “Les Zinzins” :
📍 Fringe Festival - Du 5 au 8 Février 2026.
🎭 Une création de la Seelinger Arts Foundation
⏱️ 45 minutes d’absurde, de couleurs et de folie douce
🎟️ Billetterie: cliquez ici.
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