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Le 20 décembre 1999, deux ans après Hong Kong, Macao retournait à la Chine après 442 ans d'occupation portugaise. Le président chinois Xi Jinping est attendu demain dans la péninsule où sera célébrée ce week-end le 15ème anniversaire de cette rétrocession.
1999 : fin de la colonie portugaise
Le 20 décembre 1999, Macao, la dernière colonie européenne d'Asie, était officiellement rétrocédée à la Chine au cours d'une cérémonie qui réunissait Jorge Sampaio, le président portugais, et son homologue chinois Jiang Zemin. Cet événement mettait fin à une occupation coloniale portugaise de plus de quatre siècles.
En 1557, l'empereur de Chine avait autorisé les Portugais à établir un comptoir commercial sur la péninsule. Mais, trois siècles plus tard, le gouverneur João Ferreira do Amaral, boutait la Chine hors du territoire, ordonnant l'expulsion des mandarins, la fin du loyer annuel (500 taels d'argent) et des taxes chinoises. En 1887, le Traité d'amitié et de commerce sino-portugais reconnaissait finalement officiellement l'autorité du Portugal sur Macao et ses dépendances (les îles voisines de Lapa, Dom João et Montanha).
Après la Révolution des ?illets et la chute du dictateur Salazar en 1974, la puissance coloniale décide de lâcher ses possessions d'Outremer. En 1987, après de longues négociations, un accord conclu entre les autorités chinoises et portugaises définit les termes de la rétrocession de la péninsule de Macao à la Chine.
Macao vs Hong Kong
Comme sa voisine Hong Kong deux ans avant elle, Macao devient en 1999 une Région Administrative Spéciale de la République Populaire de Chine, ce qui lui permet de bénéficier pendant 50 ans d'une autonomie relative dans le cadre du fameux modèle "un pays, deux systèmes", originellement développé pour Taïwan. L'ancienne colonie conserve ses institutions, son mode de gouvernance et le portugais comme langue officielle tout en acceptant l'autorité de la Chine qui garde la main haute sur la défense et la politique étrangère. Contrairement à Hong Kong, qui s'inquiète de son rattachement à l'Etat communiste, Macao voit plutôt d'un bon ?il ce retour dans le "giron de la mère-patrie" : la ville est alors plombée par le crime organisé et la violence liée aux jeux de hasard. L'Armée populaire de Libération y est donc accueillie avec joie et soulagement. En témoigne cet extrait de l'article "Bataille de choc pour Macao chinoise" signé Caroline Puel dans le journal Libération daté du 21 décembre 1999.
"...Les soldats ont été accueillis dans une toute autre atmosphère que lors de la rétrocession de Hong-Kong, en juin 1997. Les troupes étaient entrées au lever du jour dans un fort climat de suspicion. Hier à Macao, les soldats ont plutôt été reçus avec approbation par la majorité des Chinois qui composent 96% de la population. L'une des missions essentielles de ce contingent, qui dépendra directement de la Commission militaire centrale de Pékin et non pas du commandement de Canton, sera en effet de décourager les Triades (la mafia chinoise) qui depuis trois ans mènent une guerre des gangs pour le contrôle des casinos. Pékin soupçonne en outre de nombreux responsables de l'armée, basée dans le Guangdong d'avoir de fortes compromissions dans les casinos et peut-être même avec les Triades. Mais le message de puissance dispensé par les images de ces troupes, qui sont passées en boucle à la télévision chinoise ces derniers jours, est également destiné à l'opinion intérieure chinoise afin de flatter son patriotisme, mais surtout à Taiwan qui a été désignée très clairement par le président Jiang Zemin comme la prochaine cible, pour la suite du programme de « réunification » de la grande Chine. Un processus qui s'annonce bien moins paisible qu'avec Macao."
La présence de Xi Jinping confirmée
Dimanche, après plusieurs semaines de rumeurs, les autorités chinoises ont finalement confirmé que le président Xi Jinping se rendra à Macao les 19 et 20 décembre pour célébrer le 15e anniversaire de la rétrocession du territoire à la Chine.
Ce week-end, le président chinois assistera également à la cérémonie d'inauguration du nouveau mandat du gouvernement de la RAS. Le 31 août dernier, Fernando Chui a été réélu sans surprise à la tête de la RAS. L'actuel chef de l'exécutif, unique candidat à sa propre succession, a remporté 95% des voix du comité électoral composé de 400 représentants des élites macanaises majoritairement pro-Pékin.
Florence Morin (www.lepetitjournal.com/hong-kong) jeudi 18 décembre 2014













