

Français de l'étranger depuis 26 ans, élu Conseiller à l'Assemblée des Français de l'Etranger en 2006 pour l'Asie du Nord, Francis Nizet vit et travaille en Chine, après avoir résidé au Cambodge. Candidat Modem et UDF aux élections législatives 2012 dans la 11ème circonscription, il évoque avec lepetitjournal.com sa candidature et détaille ses axes de priorité pour les Français de l'étranger

Lepetitjournal.com : Quel est votre parcours et votre implication passée pour les Français de l'étranger ?
Francis Nizet : Je suis né à la campagne, dans une petite ville de la Meuse, et j'y ai vécu une grande partie de ma jeunesse. Ce point me semble très important, il a forgé mon caractère : je suis pragmatique, simple dans mes goûts et la campagne française que je retrouve quand je rentre en France, est ma source d'équilibre, de recentrage et d'inspiration.
J'ai suivi des études d'ingénieur en électronique à Toulouse après deux années de classes préparatoires et j'ai commencé à travailler dans l'industrie chez Thomson. Quelques-uns de mes collègues, un peu plus âgés, me racontaient au bureau leurs années en poste en Afrique en me faisant rêver : ils m'ont donné l'envie de sauter le pas et de partir à l'étranger où je réside depuis maintenant 26 ans.
La Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Cambodge j'y ai occupé des postes d'assistants techniques à former des ingénieurs francophones dans ces pays et à établir des relations de coopération scientifique entre Etats. J'ai eu à fonder, avec un ami français, une société de services informatiques à Phnom Penh. Agrégé de l'Université en physique, j'ai rejoint ce pays passionnant qu'est la Chine pour y enseigner à Pékin cette matière ainsi que la chimie.
Je me suis toujours engagé au cours de toutes ces années dans la vie associative et militante, je suis un gaulliste, mais j'ai sauté le pas vers l'action publique en me faisant élire Conseiller à l'Assemblée des Français de l'Etranger en 2006 et je représente depuis 6 ans les 40 000 Français qui résident, vivent et travaillent en Chine, au Japon, à Hong Kong, en Corée, à Taiwan, à Macao et en Mongolie. J'essaie de défendre avec toutes mes forces, et avec l'aide de nombre d'amis et de relais, les intérêts et les droits de nos compatriotes. Travail de terrain quand je sillonne l'Asie du Nord à la rencontre de mes concitoyens au cours de permanence, de visites d'établissements scolaires ou de rencontres plus informelles.
Cette mission est passionnante. J'informe un peu et j'écoute beaucoup. Je vis avec mes compatriotes, je partage leur vie, je suis élu pour les épauler et les servir. J'aime être avec les autres et, en toute modestie, je suis très informé car on se confie facilement à moi. L'information est la clé de l'action publique. Comme je suis un têtu et un tenace, je ne lâche prise que quand l'objectif que je poursuivais a été atteint.
Pourquoi avoir décidé de vous présenter à ces élections inédites et, selon vous, quel rôle pourra jouer le (la) futur(e) élu(e) ?
J'ai décidé de me présenter à ces élections, qui sont les premières du genre à l'étranger, car elles sont dans la continuité du chemin que j'ai pris dans l'action publique et la vie politique, au sens noble du terme, c'est à dire étymologiquement dans l'implication dans la vie de la "cité". Conseiller à l'Assemblée des Français de l'Etranger, je suis un peu l'équivalent d'un conseiller régional en France. J'ai acquis, je crois, une bonne connaissance de terrain de la vie des expatriés dans leurs moindres détails. Je participe aux commissions des bourses dans les consulats, aux conseils d'établissement dans les écoles françaises aux réunions de travail avec les ambassadeurs et les consuls. Mais également quatre fois l'an je rentre à Paris pour rejoindre en assemblée mes cent cinquante-quatre collègues élus comme moi de par le monde et nos douze sénateurs pour travailler intensivement sur les dossiers d'une façon plus globale : la fiscalité, l'éducation évidemment, la protection sociale, les services consulaires : rien qui ne concerne le quotidien des Français de l'étranger n'est oublié. Nous auditionnons les administrations, les ministres et nous pouvons en commission les interpeller sur tous les aspects qui concernent de près ou de loin la vie des Français. Par le jeu des questions écrites et orales, dont j'use beaucoup, nous pouvons interpeller les pouvoirs publics sur de nombreux points pour faire avancer les dossiers.
Le futur député des Français d'Asie-Océanie aura un immense territoire à couvrir mais il aura aussi, par son statut et les moyens mis à sa disposition, comme trois assistants parlementaires, une capacité d'action et une force de proposition plus importante. En outre, il participe au vote du budget de l'Etat, le nerf de la guerre, et à ce titre il peut avoir meilleure prise sur les grandes orientations de notre pays en faveur de l'expatriation de nos concitoyens. En somme, j'aimerais, en étant élu député, pouvoir amplifier mon action entamée comme élu à l'AFE.
Je tiens à préciser que je ne cumulerai pas les deux mandats, déjà parce-que je suis contre le cumul des mandats, mais aussi parce-que le nouveau député siègera lui aussi à l'AFE. Difficile d'avoir deux sièges dans la même institution !
La zone de la 11ème circonscription est immense, comment allez-vous gérer votre campagne ?
La circonscription comprend, il est vrai, 49 pays et couvre la moitié des terres émergées, de Moscou à Vanuatu, c'est immense. Elle a été découpée ainsi pour qu'il y ait une centaine de milliers de résidents puisque c'est la règle de découpage en France métropolitaine. Ceci étant, en termes d'électeurs, les pays qui pèsent le plus sont la Chine, l'Australie, l'Inde, Singapour, la Thaïlande et quelques autres, je vais donc me rendre dans ceux-là, sachant que pour les pays d'Asie du Nord (Chine, Japon, Hong Kong, Taïwan, Corée, Macao, Mongolie) je les sillonne depuis 6 ans puisqu'ils sont dans ma circonscription d'élu. Je n'oublierai pas les autres pays, la communication par internet permet de toucher plus d'une moitié des électeurs. Je compte me rendre dans une vingtaine de pays. L'agenda des visites est déjà prêt, il commence le 14 mai, date de lancement de la campagne officielle. Même si ces pays sont tous différents, les questions relatives aux Français sont toujours les mêmes à quelques spécificités près. Une solution scolaire à Pékin peut être appliquée à Bombay ou à Moscou moyennant quelques adaptations mineures.
Quels sont vos axes de priorité ? Les dossiers majeurs que vous comptez défendre auprès de l'Assemblée si vous êtes élu ?
Mes priorités seront déjà d'exercer pleinement mon mandat et c'est déjà beaucoup ! Ce mandat comprend deux volets : celui d'élu local, de terrain, et celui d'élu de la Nation car vous le savez, certainement, un député n'a pas de mandat impératif. Il représente dans l'hémicycle la Nation française. Quelle tache passionnante mais fort prenante ! Etre à la fois à l'écoute et au service de la centaine de milliers de compatriotes qui résident dans cette immense zone en se rendant dans chacun de ces pays et en suivant l'ensemble des dossiers individuels ou collectifs qui les concernent mais aussi participer aux grands débats de la Nation dans l'hémicycle ! Ma priorité, c'est déjà de bien faire tout cela et c'est déjà immense ! Alors évidemment, je concentrerai davantage mon action sur la question de l'enseignement à l'étranger qui est essentielle, déjà parce qu'elle concerne l'avenir de nos enfants mais aussi indirectement le déploiement de nos entreprises. Je ne peux développer là tous les secteurs de la vie à l'étranger, sociaux, économiques, fiscaux sur lesquels je travaille depuis des années à l'AFE.
Il ne faut pas faire croire qu'en tant que Député, on peut tout faire changer d'un coup de baguette magique ! Je serai très regardant en ce qui concerne la réciprocité des accords que conclut notre pays avec ses partenaires. Je constate trop souvent que cette réciprocité est bien malmenée. Je concentrerai également mes efforts sur l'accompagnement des petites et moyennes entreprises dans leur démarche d'expatriation. C'est la faiblesse de notre commerce extérieur on le sait, les allemands font bien mieux que nous, par exemple en Chine.
Comment comptez-vous organisez-vous votre temps, entre la France, votre pays de résidence, Pékin, et les pays de la 11ème circonscription durant votre mandat ?
La question de l'exercice de ce mandat est difficile à résoudre, je vous l'ai dit, car le député doit être sur le terrain avec ses électeurs et à Paris pour participer au débat national. Nul doute qu'il faudra avoir grande imagination pour être sur les deux fronts.
Il est bien évident que le député s'appuiera dans chaque pays sur des relais que sont les élus à l'Assemblée des Français de l'Etranger et tous ceux qui voudront participer à son action. En outre la suppléante jouera le rôle de pivot central de l'action en circonscription en devenant, si elle le veut, une attachée parlementaire. Catherine, ma suppléante réside et travaille en Australie depuis 25 ans, c'est une femme remarquable qui saura parfaitement relayer mon action dans cette partie du monde et dans le reste de la circonscription. Nous formons une équipe très soudée, c'est bien normal, nous sommes nés dans la Meuse tous les deux !
La communauté française en Chine et à Hong Kong est en constante augmentation et fait désormais partie des communautés majeures de la zone. Ils vous écoutent via cette tribune, que souhaiteriez-vous leur dire ?
Je veux dire à mes compatriotes de Chine et de Hong Kong que j'essaie au mieux, depuis six ans, de les servir en tant qu'élu à l'AFE et que je pourrai les servir bien davantage encore si je deviens leur député. Ils peuvent compter sur ma disponibilité, ma fidélité, ma ténacité pour les défendre. Je les associerai quotidiennement à mon mandat en les informant et en les écoutant. Etudiants, parents d'élèves, retraités, entrepreneurs, binationaux, je travaillerai sur tous les fronts pour distiller la ferveur qui m'anime et l'esprit de solidarité. Je saurai faire entendre leur voix.
Ils peuvent aussi compter sur ma reconnaissance pour les représenter dans l'hémicycle avec probité, rigueur morale et dignité. Je crois au pacte républicain. Je défendrai l'égalité des chances à l'école, une meilleure justice et une meilleure sécurité, première des libertés. Je m'opposerai au renoncement et au communautarisme. Les enjeux qui se jouent dans cette partie du monde sont cruciaux pour l'avenir, notre présence ici est essentielle, le Député qui sera élu aura la mission de favoriser par son support et ses actions l'accroissement inéluctable de la présence française en Chine et à Hong Kong. Je suis prêt à relever le défi, je suis prêt à les représenter à l'Assemblée nationale s'ils me donnent leur confiance.
Les problématiques des Français de l'Etranger dépassent en grande partie les clivages partisans, le futur député sera sur le terrain au service de tous. Dans l'hémicycle, il aura à faire entendre la voix de ces résidents du bout du monde qui ont un recul particulier sur la vie et le destin de leur pays et qui sont souvent bien éloignés des polémiques partisanes. Gaulliste de toujours, je crois aux vertus du dialogue et de l'écoute, je désire présenter ma candidature sous la bannière du rassemblement car avant toute chose : mon camp c'est la République !
Propos recueillis par Laurence HURET (www.lepetitjournal.com/hongkong.html) lundi 7 mai 2012
Le site de candidature de Francis Nizet : www.nizet2012.fr, en ligne le 14 mai
Le blog d'élu à l'AFE de Francis Nizet : http://nizet-afe.typepad.fr
Le mini-site dédié à la 11ème circonscription sur LePetitJournal.com : http://www.lepetitjournal.com/legislatives-2012/elections-circonscriptions/90533-11eme-circonscription-asie.html















