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FORTUNE TELLERS – Les Hongkongais, accros à la divination?

Par Lepetitjournal Hong Kong | Publié le 16/02/2016 à 23:00 | Mis à jour le 17/02/2016 à 02:02

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Consulter un diseur de bonne aventure est une pratique locale très répandue chez les Hongkongais. Tous les soirs, à Kowloon, les fortune tellers dressent leurs tentes à proximité du marché de nuit de Temple street.

Vous avez certainement remarqué ces longues files d'attente à l'entrée des temples chinois à l'occasion du Nouvel An. L'explication se trouve dans la tradition : au passage de la nouvelle année, les Hongkongais vont prier pour s'attirer la bonne fortune. A l'entrée des temples, ils récupèrent un tube rempli de bâtonnets. Le but du jeu est de poser une question avant de secouer le tube jusqu'à ce qu'un bâtonnet en tombe. Le message qu'il comporte est ensuite déchiffré par un diseur de bonne aventure.

Une consultation à chaque étape de la vie

A Yau Ma Tei, côté Kowloon, ces derniers apparaissent tous les soirs même heure, même lieu. A la tombée de la nuit, les « fortune tellers » comme on les appelle ici s'installent sous leurs tentes. Toute l'année, ils sont des dizaines à prendre place près du Tin Hau Temple. Leurs abris sont éclairés de puissants néons entourant le sommet de leurs crânes d'une lumière blanche. Un halo qui leur confère une aura supplémentaire.

Consulter un voyant n'a rien d'extravagant à Hong Kong. Nul besoin d'attendre le Nouvel an pour le faire. Bien au contraire. C'est une habitude profondément ancrée dans la culture locale. On consulte un fortune teller à chaque étape de la vie. Toutes les questions y passent : Vais-je rencontrer la femme de ma vie dans l'année ? A quelle date doit-on se marier ? Quel numéro jouer à la course cette semaine ?  Mes affaires vont-elles prospérer ?

La liste est longue. Comme celle que l'on tend au chaland avant de consulter. Elle regroupe sur une feuille A4 plastifiée tous les thèmes pouvant être abordés tels que le mariage, le business, la santé ou encore l'amour et les études.

Cartomancie, astrologie, face reading?

Une fois d'accord sur le sujet à interroger, toute la famille s'entasse dans le kiosque. Serrés les uns contre les autres, assis sur des tabourets en plastique, tous écoutent en silence les prédictions du voyant. Et sur ce point, les méthodes divergent.

Certains lisent l'avenir dans les traits du visage et les lignes de la main. D'autres tirent les cartes. Quelques uns se présentent comme des experts en astrologie : avec la date et le lieu de naissance, ils décortiquent les méandres de votre personnalité et vous prédisent un avenir. On trouve aussi des spécialistes en numérologie. Enfin, sur un stand très réputé, ce sont des oiseaux dressés qui désignent les cartes.

Brian Wong, lui, cumule un peu toutes les spécialités. Depuis plusieurs années, ce jeune Hongkongais s'installe sous sa tente mauve tous les soirs à huit heures. Ses cartes de tarot sont installées en arc de cercle en face de lui, prêtes à être tirées par une main anxieuse. Son maitre, « l'homme qui lui a tout appris » habite dans le nord de Hong Kong près de Sai Kung.

Bonne et mauvaise fortune

Ce soir, le diseur de bonne aventure s'ennuie. Son kiosque est vide. C'est le troisième jour du Nouvel an chinois et personne ne se presse pas chez lui. Ses prédictions pour l'année du singe ne sont pas plus réjouissantes. « Je ne la sens pas cette année du singe. Si je me fie à l'année passée, le business était en chute libre un peu partout. Je pressens que les prochains mois seront encore plus difficiles. La chance ne sera pas avec nous. »

Sur le stand d'à côté, un couple de trentenaires consulte un voyant. A la fin de la séance, Elmer affiche une moue sceptique. Son amie Suzanne, quant à elle, a tendance à se fier aux prédictions du vieil homme. « Je viens une fois par an. Je pose des questions sur l'année à venir. Est-ce que mon couple va fonctionner ? Est-ce que je vais gagner davantage d'argent ? Je crois aux réponses que l'on me donne. Aujourd'hui le voyant a lu notre avenir dans les lignes de la main et du visage. A nous deux, la séance a duré plus de 50 minutes. » Elmer écoute sa petite-amie le sourire aux lèvres. « Je n'y crois pas vraiment. C'est la première fois que je vois un diseur de bonne aventure. Je lui ai demandé de me dire que le positif donc ça m'a mis de bonne humeur. »

Un point que Catherine aurait peut-être dû préciser à la voyante qui vient de lui tirer les cartes. Le résultat la perturbe. « J'avais le droit de poser une question pour 50HKD. J'ai demandé si j'allais trouver un travail prochainement. Elle a tiré trois cartes dans trois jeux différents pour y répondre et le résultat est très négatif. Elle m'a dit que les six prochains mois allaient être très difficiles. Je ne sais pas comment je dois réagir. »

Le jeune Hongkongais se montre quant à lui plus philosophe, refusant de prendre pour argent comptant les prédictions du fortune teller. « Je considère ça comme un jeu. J'ai passé un bon moment mais ça s'arrête là. Ses paroles ne vont pas changer ma vie. »

Adresse : Les jardins du Tin Hau Temple, Temple Street, MTR Yau Ma Tei,  Kowloon

Géraldine Ruiz (www.lepetitjournal.com/hongkong) mercredi 17 février 2016

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