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Vietnam-Chine : le rail au coeur de la nouvelle stratégie logistique vietnamienne

Un nouveau train de marchandises a quitté la Chine pour rejoindre Hanoï le 23 mai 2026. Derrière cette nouvelle liaison ferroviaire sino-vietnamienne se cache une ambition bien plus large : celle de faire du Vietnam un acteur incontournable de la logistique régionale. Dans un contexte de recomposition du commerce mondial, le Vietnam accélère le développement de ses corridors ferroviaires afin de sécuriser ses échanges et renforcer son attractivité économique.

Vietnam-Chine : le rail au coeur de la nouvelle stratégie logistique vietnamienneVietnam-Chine : le rail au coeur de la nouvelle stratégie logistique vietnamienne

Une nouvelle liaison ferroviaire entre la Chine et le Vietnam 

Le 23 mai 2026, une nouvelle ligne logistique ferroviaire a été mise en route entre la Chine et le Vietnam. Un train de conteneurs chargé de 170 tonnes d’hydroxyde de calcium est parti de la gare de Guigang, dans le Guangxi chinois, pour rejoindre la gare de Yên Viên, à côté de Hanoï. Ce n’est pas le premier train qui franchit la frontière sino-vietnamienne, mais cette nouvelle liaison s’ajoute à l’itinéraire “Liuzhou - Nanning - Vietnam” déjà en service.

Cette nouveauté a pour but d’améliorer l’efficacité des transports et de dynamiser les échanges commerciaux entre les deux pays. En effet, la mise en place d’un transport intermodal permet une plus grande flexibilité en adaptant les itinéraires aux marchandises et aux coûts, plutôt que de simplement obliger les entreprises à suivre un trajet unique.
Cette innovation n’est qu’un début. Le Vietnam souhaite relier grâce à son réseau ferroviaire l’Asie et l’Europe via la Chine. Trois corridors ferroviaires stratégiques sont donc en cours de développement : “Lao Cai - Hanoï - Hai Phong”, “Hanoï - Dong Dang”, et “Hai Phong - Ha Long - Mong Cai”. 

Un rôle dans les chaînes d’approvisionnement mondiales

Derrière ce développement de voies ferroviaires, le Vietnam montre qu’il ne veut plus seulement être considéré comme un outil secondaire, simple facteur de production et d’expédition, mais il veut aussi organiser, coordonner et peser dans la logistique régionale. Pour y parvenir, Hanoï mise sur une stratégie nationale de développement des services logistiques 2025-2035, cherchant à faire de ce secteur un pilier de la compétitivité nationale à part entière. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a fixé des objectifs clairs et précis, tels que faire croître le secteur de 12 % à 15 % par an, ramener les coûts logistiques à 12-15 % du PIB, accélérer la transition numérique, et bâtir au moins cinq centres logistiques modernes de niveau international.

Toutefois, bien que des obstacles subsistent, notamment les faiblesses structurelles, les ports restant sous-connectés au réseau ferroviaire ou les coûts logistiques encore trop élevés, le gouvernement cherche déjà des solutions. En effet, pour concrétiser cette ambition, le gouvernement mise alors sur la création de grands pôles logistiques régionaux reliant ainsi les ports maritimes, les plateformes ferroviaires, les axes autoroutiers et les zones industrielles. L’objectif est de favoriser une circulation plus fluide des marchandises entre les principaux centres de production du pays et les marchés internationaux, évitant la dispersion des investissements, tout en renforçant l’intégration des différentes infrastructures de transport.

Un contexte géopolitique favorable 

La multiplication des corridors ferroviaires n’est certes pas nouvelle, mais son essor actuel peut notamment s’expliquer par les tensions géopolitiques actuelles. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Vietnam est affecté économiquement. Très dépendant du commerce extérieur, celui-ci s’est vu fortement impacté lorsque les exportateurs vietnamiens ont dû changer de route maritime, allongeant les délais et les coûts. 

Face à cette vulnérabilité, le ferroviaire s’impose naturellement comme une solution pour le Vietnam. La coopération ferroviaire entre le Vietnam et la Chine apparaît désormais comme un axe clé pour stimuler le commerce, fluidifier les échanges et intégrer davantage le Vietnam aux réseaux logistiques régionaux et internationaux. Pour le Vietnam et la Chine, ces liaisons terrestres sont plus prévisibles et moins soumises aux turbulences géopolitiques maritimes.

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