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Transition énergétique : le Vietnam accélère ses efforts pour réduire sa consommation

Le Vietnam affiche de nouvelles ambitions en matière d’économie d’énergie et de transition énergétique. Le gouvernement prévoit de réduire d’au moins 3 % la consommation totale d’électricité annuelle tout en encourageant fortement le développement de solutions solaires, notamment sur les toitures des bâtiments publics et des habitations.

Transition énergétique : le Vietnam accélère ses efforts pour réduire sa consommationTransition énergétique : le Vietnam accélère ses efforts pour réduire sa consommation
Écrit par Enora Magne
Publié le 6 avril 2026, mis à jour le 21 mai 2026

Ces objectifs s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer la résilience du système énergétique face à une demande en constante hausse. À travers une combinaison de mesures d’efficacité et d’investissements dans les énergies renouvelables, les autorités entendent mieux maîtriser les pics de consommation et sécuriser l’approvisionnement électrique du pays.

Une réduction ciblée de la consommation électrique 

Le gouvernement vietnamien impose une baisse d’au moins 3 % de la consommation d’électricité sur l’année, avec un effort renforcé durant la période estivale. Entre avril et juillet, marqués par une forte demande, une réduction minimale de 10 % est attendue afin de limiter les tensions sur le réseau.

Pour atteindre ces objectifs, les autorités misent sur une meilleure gestion de la demande. Des programmes d’ajustement de la charge seront mis en place pour réduire d’au moins 3 000 MW la consommation aux heures de pointe, lorsque le système électrique est le plus sollicité.

Le solaire en toiture au cœur de la stratégie

En parallèle, le Vietnam accélère le déploiement de l’énergie solaire, en particulier via les installations photovoltaïques en toiture. Les administrations, les sites industriels et les ménages sont fortement incités à s’équiper afin de produire leur propre électricité.

L’intégration de systèmes de stockage par batteries est également encouragée pour mieux gérer les variations de production et de consommation. L’objectif est d’atteindre 10 % d’équipements dans les bâtiments publics et les foyers, ou 20 % de la capacité prévue pour la période 2026-2030 selon les territoires.

Renforcer la résilience du système énergétique

Les collectivités locales sont appelées à élaborer des plans adaptés pour atteindre ces objectifs, en tenant compte des spécificités de chaque territoire. Cette approche décentralisée vise à optimiser l’efficacité des mesures mises en œuvre.

Enfin, les autorités entendent mobiliser au maximum les sources d’énergie locales et de secours en cas de coupures. Le groupe EVN (Vietnam Electricity) est chargé de réduire les pertes du réseau à moins de 6 %, afin d’améliorer la performance globale du système énergétique national.

Réduire sa consommation : le décret tertiaire fixe le cap en France

Ce mouvement de fond, d'autres pays l'ont anticipé par des outils réglementaires ciblés. En France, les propriétaires et gestionnaires de bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² doivent se conformer aux objectifs du décret tertiaire qui impose des réductions progressives de consommation énergétique par rapport à une année de référence (40 % d'ici 2030, 50 % en 2040, 60 % en 2050). Bureaux, commerces, établissements de santé, hôtels : le spectre est large et les obligations très concrètes.

Chaque année, les données de consommation doivent être déclarées sur la plateforme OPERAT, gérée par l'ADEME. En l'absence de déclaration, le bâtiment concerné peut se retrouver sur une liste publique — ce que la réglementation appelle pudiquement une « mise en demeure assortie d'une publication ». Dans les faits, c'est le nom de l'entreprise affiché sur un registre accessible à tous. Pour qui soigne son image RSE, c'est rarement l'effet recherché. Et pour les locataires qui comparent les offres avant de signer un bail, un immeuble épinglé publiquement pour non-conformité énergétique commence à peser lourd dans la balance.

Décret tertiaire : quelles obligations concrètes pour les gestionnaires de bâtiments ?

Contrairement à certaines idées reçues, le fait de se mettre en conformité ne suppose pas forcément des travaux lourds, des budgets conséquents et des mois de chantier. La réalité est souvent plus nuancée. Une grande partie des gains accessibles passe en effet par des ajustements fins tels que la régulation du chauffage, l'optimisation de l'éclairage et la meilleure gestion des équipements en veille. Rien de spectaculaire — mais cumulés, ces réglages peuvent représenter une part non négligeable des objectifs à atteindre.

Le vrai tournant que représente le décret tertiaire se trouve dans l'obligation de mesurer. Pas de manière approximative, pas une fois tous les cinq ans lors d'un audit. Les consommations réelles doivent être documentées et déclarées chaque année. Ce suivi régulier force à prendre la question au sérieux et à ne plus traiter l'efficacité énergétique comme un sujet que l'on reporte à la prochaine réunion de direction.

Ce passage à la mesure systématique a d'ailleurs un effet collatéral que peu de gestionnaires anticipent, il révèle des anomalies invisibles à l'œil nu. Il peut s'agir d'un système de climatisation qui tourne la nuit sans occupant, d'un réseau d'eau chaude sanitaire surdimensionné pour un usage qui a diminué de moitié depuis le déploiement du télétravail ou de sous-compteurs jamais relevés depuis leur installation. La déclaration annuelle oblige à ouvrir ces tiroirs que l'on gardait fermés par confort — et parfois, ce qu'on y trouve justifie à lui seul l'exercice.

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