Suite au durcissement des contrôles des ressources halieutiques importées par les États-Unis et l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, la filière vietnamienne est impactée par une hausse des coûts logistiques et des contraintes supplémentaires qui les forcent à adapter leurs techniques de management.


Le durcissement des contrôles par les États-Unis
Depuis quelques semaines, les entreprises du secteur de la pêche se retrouvent face à de nouvelles contraintes qui augmentent les risques d’exportation de leurs produits : elles sont soumises à un plus grand nombre de règles de contrôle qualité, de traçabilité et d’adaptabilité aux fluctuations internationales en termes de transport.
Les autorités de régulation aux États-Unis ont durci le contrôle des ressources halieutiques importées et exigent de nouvelles garanties sur la qualité, la traçabilité et le respect des normes environnementales des produits. Des associations d’exportateurs et producteurs de produits de la mer expliquent que de nombreux avertissements sont appliqués et que les navires sont retenus à quai à travers un mécanisme de détention sans inspection physique.
L’inscription des entreprises sur la liste des “alertes à l’importation” signifie que les cargaisons peuvent être retenues jusqu’à ce que les entreprises fournissent les preuves de la conformité de leurs produits avec les normes de la Food and Drug Administration. Cette nouvelle mesure sous-tend donc l’augmentation des coûts de stockage, de potentiels retards de livraison et une image commerciale dégradée.
Il est conseillé aux exportateurs de revoir le processus de management de la chaîne de production, de contrôler les résidus d’antibiotiques dans les produits et de respecter les normes HACCP pour assurer la traçabilité des produits.
Une chaîne logistique impactée par le contexte géopolitique
Le marché de la pêche vietnamien est aussi impacté par la situation géopolitique au Moyen-Orient, un marché de premier plan dans les exportations du pays. En effet, les exportations de ressources halieutiques au Moyen-Orient sont passées de 197,7 millions de dollars en 2020 à plus de 401 millions en 2025, concernant majoritairement l’exportation de pangasius (poisson endémique du Mékong très prisé), de crevettes, de thon et de mollusques.
Les entreprises de l’industrie alertent sur le fait que le transport de conteneurs réfrigérés pourrait augmenter entre 2000 et 4000$ par conteneur, hormis les surtaxes liées aux risques de guerre et des prix du pétrole, qui risquent d’augmenter les coûts logistiques.
Ces obstacles pourraient être de vrais handicaps pour les exportateurs de pangasius, pour qui le Moyen-Orient est un marché crucial. Les exportateurs de thon sont aussi affectés en raison des coûts liés à leur pêche. Néanmoins, le marché a espoir que la demande de thon en conserve augmente et compense partiellement l’augmentation des coûts en raison du contexte géopolitique, où nombreux privilégient la nourriture longue-conservation.
Sur le même sujet







