Après plusieurs années de turbulences, le marché immobilier vietnamien amorce un tournant. Entre correction brutale, difficultés d’accès au logement pour les ménages et transformation des pratiques, le secteur a traversé une phase de recomposition profonde.


Alors que les premiers signes de reprise apparaissent depuis 2025, un nouveau modèle semble émerger, fondé sur des bases plus solides et une régulation renforcée. Une évolution porteuse d’espoir, mais encore marquée par de nombreuses incertitudes.
Une période récente difficile
Entre 2022 et 2024, le marché immobilier a traversé une phase particulièrement brutale. Après plusieurs années de croissance rapide, souvent excessive, le secteur a subi une forte correction. Les prix ont chuté, de nombreux acteurs ont disparu et l’ensemble du marché a connu une véritable phase de « purification ».
Cette période a révélé les fragilités structurelles du secteur : dépendance à la spéculation, déséquilibres entre l’offre et la demande, et fragilité financière de certains promoteurs. L’activité s’est fortement ralentie, créant un climat d’attentisme chez les investisseurs comme chez les acheteurs.
Un effet direct sur les ménages
Cette crise a eu des conséquences très concrètes pour les ménages. En apparence, la correction ouvrait de nouvelles opportunités pour se loger ou investir, avec des prix devenus de nouveau plus accessibles. Cependant, cette baisse des prix ne s’est pas traduite par un accès plus facile au logement. En effet, dans le même temps, les conditions de crédit se sont durcies : les banques ont adopté une attitude plus prudente, limitant l’octroi de prêts et exigeant davantage de garanties. Ainsi, de nombreux ménages se sont retrouvés dans l’incapacité de financer leur projet.
Par ailleurs, l’offre de logements s’est parfois réduite, en raison du ralentissement ou de l’arrêt de nombreux projets immobiliers. Dans certaines zones, notamment urbaines, cela a limité les options disponibles et maintenu une pression sur les prix des biens les plus recherchés, en particulier dans les segments abordables. Les prix sont devenus plus attractifs sur le papier, mais les conditions d’accès plus contraignantes dans la réalité.
Vers une reprise fondée sur des bases plus solides
À partir de 2025, les premiers signes de reprise apparaissent et le marché entre dans une nouvelle phase, marquée par un changement de logique : la croissance repose désormais davantage sur des fondamentaux solides que sur la spéculation. Les prix retrouvent progressivement une certaine cohérence, en reflétant mieux des critères essentiels comme l’emplacement, la qualité des biens ou encore l’équilibre entre l’offre et la demande.
Cette évolution s’explique notamment par un contexte macroéconomique plus stable, une baisse progressive des taux d’intérêt et une politique de crédit plus encadrée. Par ailleurs, les réformes juridiques mises en place entre 2025 et 2026 renforcent la transparence et limitent les projets opportunistes. La mise en place d’un identifiant électronique unique pour chaque bien immobilier illustre cette volonté de modernisation, en améliorant la traçabilité des transactions et l’accès à l’information.
Transformation progressive des mentalités dans le secteur immobilier
Dans ce contexte, les priorités du marché évoluent. Les investissements se concentrent davantage sur des segments répondant à des besoins réels : des logements abordables et intermédiaires, des zones urbaines bien équipées et un immobilier industriel, porté par les investissements étrangers.
Les comportements changent également : les investisseurs adoptent une vision plus long-termiste, privilégiant la stabilité et les revenus durables plutôt que les gains rapides. De leur côté, les entreprises doivent désormais faire preuve d’une plus grande solidité financière et d’une stratégie claire pour survivre.
Des perspectives positives, sous condition de prudence
À l’horizon 2026, la reprise du marché immobilier devrait se confirmer progressivement. Plusieurs projets, longtemps suspendus, devraient redémarrer grâce à la levée de blocages juridiques et administratifs. Cette relance de l’offre devrait contribuer à une meilleure régulation des prix et faciliter, à terme, l’accès au logement pour les ménages.
L’évolution positive du marché n’est cependant toujours pas certaine et dépend encore largement du contexte économique, tant au niveau national qu’international, ainsi que des fluctuations des taux d’intérêt. À cela s’ajoutent des exigences croissantes en matière d’urbanisme et de normes environnementales, qui redéfinissent en profondeur les conditions de développement du secteur.
Dans ce contexte, les autorités entendent éviter tout retour aux dérives passées. L’enjeu est désormais de concilier relance de l’activité et maîtrise des risques, afin de préserver la stabilité du marché sur le long terme selon une logique « dynamique mais prudente ».
Sur le même sujet







