Depuis plus d’une décennie, le delta du Mékong, grenier à riz et cœur de la production fruitière du Vietnam, est l’une des premières victimes du changement climatique. En effet, l’élévation du niveau des océans et les sécheresses de plus en plus longues et récurrentes impactent les cultures agricoles de manière considérable.


L’élévation du niveau des océans entraîne une intrusion saline dans le delta, et progresse de plus en plus profondément dans les terres. La salinisation et la sécheresse diminuent les stocks d’eau douce disponibles et compliquent l’irrigation, affectant des milliers d’hectares de rizières et de vergers.
Face à ces défis, les agriculteurs adoptent une approche proactive et trouvent des solutions afin de conserver leurs récoltes et de maintenir leurs moyens de subsistance de manière durable. En parallèle, le gouvernement et les autorités locales mettent en place plusieurs stratégies afin d’assurer la continuité de la production agricole dans la région.
Adapter les cultures à la salinisation
La résolution N°120/NQ-CP 2017 sur le développement durable et la résilience climatique du delta du Mékong divise le delta en trois sous-régions : en amont se trouve une région qui dispose constamment d’eau douce, même dans les années extrêmes, et qui priorise la culture du riz et d’arbres fruitiers.

Ensuite se trouve une zone où l’eau est douce pendant la saison des pluies et permet la culture du riz, et possède une eau saumâtre et salée pendant la saison sèche. La dernière zone, sur la côte, désigne les endroits où l’eau est salée toute l’année, et où il est nécessaire de développer une agriculture adaptée. Par exemple, la culture de la Launaea sarmentosa, à la fois une plante médicinale précieuse et un légume, a été fortement développée dans les régions salinisées, et permet de bons revenus aux agriculteurs.
Cette mesure a permis, depuis quelques années, d’atténuer les conséquences de la salinisation, avec une meilleure anticipation de ces épisodes, et d’amener des investissements dans des projets hydrauliques.
De nouvelles stratégies agricoles pour assurer l’irrigation
Le premier épisode d’intrusion saline de grande ampleur a eu lieu fin 2015, et le second en 2020, accompagné d’une sécheresse qui a entraîné de lourdes pertes pour les agriculteurs. Si ces derniers voulaient irriguer leurs cultures, ils devaient acheter de l’eau douce à des prix élevés, ou bien ils étaient contraints de laisser leurs cultures dépérir.

Aujourd’hui, certains agriculteurs ont décidé d’adopter une position proactive face à ce phénomène, notamment en construisant des bassins de stockage et des réseaux de canaux d’eau douce, qui permettent d’assurer l’irrigation des cultures pendant un à deux mois en cas d’intrusion saline prolongée.
Des sessions de formation sont aussi organisées dans les villes du delta, afin d’aider les agriculteurs à anticiper d’éventuels épisodes d’intrusion saline. En parallèle de nouvelles solutions techniques, des variétés plus adaptées à la qualité de l’eau ont été choisies afin d’assurer des rendements et donc des revenus aux producteurs. Grâce à toutes ces mesures, les dommages dûs aux intrusions salines n’ont été que peu élevés cette année.
Assurer l’approvisionnement en eau douce à toute la région
Le réservoir de Dau Tieng, construit sous la forme d’un lac artificiel dans les années 1980, est une infrastructure primordiale dans le Sud-Est du delta. Il permet de coordonner et d’assurer les approvisionnements de la région en eau douce, pour la production et la vie quotidienne.

Selon les estimations, à la fin de la saison sèche 2026, le niveau du réservoir devrait atteindre une cote de 19,5 m, suffisante pour répondre aux besoins en eau pour l’agriculture, l’industrie et la vie quotidienne dans les zones en aval. De plus, trois opérations de lâcher d’eau sont prévues avant la fin de la saison afin de repousser l’intrusion saline et dans le même temps garantir l’approvisionnement en eau brute pour l’usine de traitement d’eau de Tan Hiep.
D’un autre côté, les agriculteurs réduisent leur consommation en eau en implémentant des stratégies high-tech d’irrigation, aidés par un réseau d’ouvrages hydrauliques de plus de 2 000 km de long dans la province de Tay Ninh. De plus, un réseau de distribution d’eau potable de 19,6 km est en cours de construction, investi par la société d’eau Biwase - Long An pour un montant de 791 milliards de dôngs, et qui devrait être mis en service prochainement, ce qui facilitera l’approvisionnement des ménages en eau potable.
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