Jusqu'au bout, il aura réussi à échapper à la justice. Olivier Larroque était gastro-entérologue à l'hôpital français de Hanoï, au Viêtnam, accusé de dizaines de viols sur mineurs à Hanoï entre 2011 et 2013. Extrait de l’enquête « La dernière cavale d'Olivier Larroque »
Publié le 3 août 2023, mis à jour le 21 septembre 2023
Jusqu'au bout, il aura réussi à échapper à la justice. Olivier Larroque était gastro-entérologue à l'hôpital français de Hanoï, au Viêtnam. Accusé de dizaines de viols sur mineurs à Hanoï entre 2011 et 2013, Il a pu prendre la fuite et échapper à son procès…Finalement rattrapé près de Béziers le 14 avril 2023, il s'est suicidé en prison deux jours plus tard. Découvrez un extrait ici du premier épisode de la série de la journaliste Lena Bjurström, « La dernière cavale d'Olivier Larroque », et la suite sur le média indépendant « Les Jours ».
8 octobre 2013. Pour la deuxième fois depuis son arrestation, Olivier Larroque fait face à la juge d'instruction. Mis en examen deux mois plus tôt, le médecin est soupçonné d'avoir violé plusieurs dizaines de jeunes Vietnamiens de moins de 15 ans à Hanoï, où il exerçait comme gastro-entérologue au sein de l'hôpital français. Entre la France et le Viêtnam, les enquêteurs de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) tentent d'identifier ses victimes présumées et de retracer son parcours (lire l'épisode 2, « Le "pédocriminel itinérant" et l'enquête exemplaire »). Mais dans le bureau de la juge, Olivier Larroque nie toute violence, toute contrainte et crie au complot.
Issu d'une famille de médecins (son père était médecin militaire), Olivier Larroque se décrit comme un « bisexuel » non assumé lors de cette deuxième audition, dont Les Jours ont pu consulter le compte rendu. En France, il aurait eu de brèves relations avec plusieurs femmes, dont il refuse de donner le nom – « C'est loin. Je ne veux pas interférer dans leur vie. ». Au Viêtnam, il aurait entretenu une relation épisodique avec une certaine « Ti », dont les enquêteurs ne retrouvent pas la trace. Mais surtout, le médecin évoque spontanément dans le bureau de la juge les agressions sexuelles répétées dont il aurait été victime, à 13 ans, de la part d'un chef scout, désormais décédé. Il ne présente certes pas ouvertement cette souffrance intime comme une excuse ou une explication à ses actes. Il se contente sobrement de la mentionner, comme il évoque, sans s'y attarder, une homosexualité cachée à sa famille, découverte à la trentaine passée, dans un cadre prostitutionnel. Il n'est pas le premier à parler ainsi d'une sexualité refoulée ou d'un traumatisme dans le cadre d'une enquête pour pédocriminalité. Mais s'il se décrit entre les lignes comme une victime, à aucun moment Olivier Larroque ne semble envisager qu'il ait pu, lui-même, infliger quelque souffrance que ce soit.
Retrouvez le 3ème épisode de « la dernière cavale d’Olivier Larroque » sur lesjours.fr. D'autres épisodes seront publiés dans les semaines à venir… Pour en savoir plus sur le média « Les Jours », cliquez ici
Retrouvez prochainement les coulisses de l'enquête de la journaliste Lena Bjurström sur lepetitjournal.com Vietnam