À l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, Claude Musavyi, président de la Conférence des OING, signe une tribune qui place la jeunesse au cœur des équilibres à venir. Entre engagement, innovation et quête de reconnaissance, il appelle à un changement de regard : considérer les jeunes non plus comme des bénéficiaires, mais comme des co-acteurs à part entière de la paix et de la transformation des sociétés.


« La jeunesse n’est pas seulement témoin, elle est acteur de transformation »
À l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie 2026, une question nous est posée avec une acuité particulière : la jeunesse peut-elle être une génération de paix ?
Dans un monde traversé par les conflits, les fractures sociales et les incertitudes globales, la tentation pourrait être de douter. Pourtant, partout dans l’espace francophone, une réalité s’impose : la jeunesse n’est pas seulement témoin des crises, elle en est déjà l’un des principaux acteurs de transformation.
Née dans un environnement marqué par l’instabilité, la « Génération Z » développe de nouvelles formes d’engagement. Connectée, mobile, créative, elle invente des réponses inédites aux défis contemporains - qu’il s’agisse de transition écologique, d’innovation sociale ou de cohésion entre les sociétés.
La paix, dans ce contexte, ne peut plus être pensée uniquement comme un objectif diplomatique porté par les États. Elle se construit aussi dans les territoires, dans les écoles, dans les initiatives citoyennes. Elle se fabrique au quotidien, souvent à bas bruit, par celles et ceux qui refusent la fatalité.
Mais une évidence demeure : la jeunesse ne pourra être une génération de paix que si nous lui faisons réellement une place.
Or, trop souvent encore, les jeunes sont perçus comme des bénéficiaires des politiques publiques, et non comme des acteurs à part entière. Il est temps de reconnaître la jeunesse comme une force de proposition, de décision et d’innovation.
La Francophonie dispose, à cet égard, d’un atout stratégique unique : un espace de dialogue, de circulation des idées et de coopération entre continents. Elle peut devenir un véritable levier pour valoriser les talents, favoriser les mobilités et structurer des dynamiques d’innovation portées par les jeunes.
L’enjeu est d’autant plus crucial que l’avenir de cet espace se joue largement en Afrique, où la jeunesse constitue une majorité démographique et un moteur de transformation. Soutenir cette jeunesse, c’est investir dans la stabilité, la prospérité et la paix de demain.
La question « Génération paix ? » appelle donc une réponse exigeante. Oui, la jeunesse peut être une génération de paix.
Mais cela suppose un choix politique clair : celui de la confiance. Faire confiance à la jeunesse, c’est accepter de partager le pouvoir d’agir. C’est lui donner les moyens d’innover, de circuler, de participer. C’est reconnaître qu’elle n’est pas seulement l’avenir - mais déjà le présent. Dans un monde incertain, ce choix n’est pas un pari. C’est une nécessité !
Claude MUSAVYI
Président de la Conférence des OING de la Francophonie

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