Laurence Helaili-Chapuis :''La puissance d'une action nécessite l'action collective''

Par Lepetitjournal Dublin | Publié le 19/05/2022 à 13:03 | Mis à jour le 24/05/2022 à 13:57
Laurence Helaili-Chapuis

Laurence Helaili-Chapuis est conseillère consulaire en Irlande et candidate aux élections législatives de juin dans la circonscription des Français de l’étranger d’Europe du Nord. Elle a répondu à nos questions.

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Je souhaite être élue députée pour construire des lois qui prennent en compte nos réalités sur le terrain, en défendant nos valeurs européennes au sein de la nouvelle majorité présidentielle à l’Assemblée nationale. J'envisage le mandat comme celui d'un député à l'écoute des différentes composantes de la région. Plus particulièrement, mes priorités sont de rétablir un accès normal aux services consulaires, défendre la liberté de déplacement et travailler à la sécurité de mes compatriotes. C'est devenu une source d'inquiétude aigue dans toute la circonscription et particulièrement dans les États baltes et les pays du Nord.

Je me suis engagée très jeune en politique et j'ai beaucoup d'énergie. J’ai démontré mon intérêt profond pour les Français de notre circonscription en tant qu'élue consulaire depuis 2014. Je connais donc parfaitement les enjeux et les défis que nous rencontrons en Europe du Nord. Nicolas Hatton, mon suppléant, et moi sommes les seuls candidats à avoir déjà exercé un mandat local. Nous ne vous disons pas « votez pour nous, vous verrez bien après » ! 

La plupart des députés de l'Assemblée nationale peuvent d’ailleurs se prévaloir de cette légitimité locale qui est pour moi une condition essentielle pour se présenter à cette élection. 

À l'Assemblée des Français de l'étranger, je siège au sein de la commission du développement durable et du commerce extérieur : deux sujets qui me tiennent énormément à cœur. Membre du groupe Indépendants, Démocrates et Progressistes qui regroupe les élus indépendants avec ceux issus de la majorité présidentielle, je sais la valeur du travail d'équipe, de l'écoute et du respect de toutes les sensibilités.

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

Je vis actuellement à Dublin où j'élève mes trois enfants, après avoir vécu un certain temps à Londres. Mon époux travaille entre l’Irlande et le Royaume-Uni et nous sommes donc amenés à nous déplacer souvent.

Nicolas Hatton est quant à lui installé depuis longtemps en Angleterre où il défend les droits des Européens depuis le Brexit et exerce le mandat de conseiller des Français de l’étranger.

Élus locaux en Irlande et au Royaume-Uni, nous sommes très investis auprès de nos concitoyens dans le cadre des conseils consulaires, dont la compétence – consultative – s'étend des bourses scolaires aux comités Sécurité, en passant par l'attribution des aides sociales, les budgets pour nos associations. Le rôle d'élu consulaire est en réalité beaucoup plus vaste : c'est un lien entre les autorités françaises et nos ressortissants. Cela implique d'avoir des relais importants dans toutes les communautés, pour aider à débloquer des difficultés individuelles mais aussi de savoir être entendu au Parlement et au Gouvernement pour pointer les difficultés générales. Être attentifs et disponibles aux Françaises et aux Français du Royaume-Uni et d'Irlande est notre quotidien.

 

Comment jugez-vous le mandat du député sortant ? 

Je propose une manière très différente de faire de la politique - comme je le fais déjà dans mon quotidien d'élue - en prenant en compte les enjeux spécifiques à notre circonscription et les retours des Français qui y résident. Je pense aussi qu’il faut bien évidemment tenir des permanences consulaires et plus encore en période de crise (Brexit, Covid19…) !

Il y a manifestement beaucoup de sujets qui nécessitent une forte mobilisation aujourd'hui :  les délais pour obtenir un rdv au consulat notamment pour la délivrance d'un passeport, la liberté de déplacement, la sécurité des ressortissants français dans notre circonscription....

L'anticipation des difficultés impose d'être bien connecté au terrain et disposer à agir rapidement face à n'importe quelle situation. C'est ma plus-value.

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

N'ayant jamais été investie par un parti politique, c'est mon écoute de ces préoccupations qui m'ont toujours faite élire et réélire. J'ai ainsi remporté près de 60% des suffrages lors des dernières élections consulaires.

Ma vision d'un mandat est précisément que je suis élue pour porter la voix de mes compatriotes. Je ne suis pas là pour défendre le bilan d'un parti ou de quelque organe politique que ce soit. C'est une action politique ascendante qui est la mienne, guidée par les préoccupations qui me sont transmises par mes concitoyens.

La puissance d'une action nécessite l'action collective. Le mandat de député est avant tout politique : le gouvernement s'appuie sur sa majorité pour mettre en œuvre ses réformes.

C'est pourquoi je veux faire partie de la prochaine majorité présidentielle : c'est en son sein que je pourrai le mieux défendre mes compatriotes.

 

Laurence Helaili-Chapuis

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

Je serai une députée impliquée et investie au plus proche de mes concitoyens. Je suis convaincue que le renouveau politique passe par l’écoute, par la proximité, par la connaissance des dossiers et une collaboration avec toutes les composantes d'une communauté.

Je suis et j’ai toujours été une élue qui respecte et qui écoute, sans aucun sectarisme.

Avoir un député hors-sol à l’étranger, c’est bien pire que d’avoir un député hors-sol en France, car le maillage des élus locaux, dont les attributions immenses (bien que souvent trop complexes), permet d'établir des liens avec les habitants.

Il est donc primordial que notre député soit attaché à faire remonter nos sujets à Paris. Sur une circonscription de la taille de la nôtre et où on ne peut être partout (excepté peut-être en période électorale…), il est indispensable de travailler avec les élus locaux dont la voix, consultative, ne doit surtout pas être facultative.

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Si j’ai choisi de siéger à la commission du développement durable et du commerce extérieur, c’est parce-que je pense que ce sont des défis majeurs auxquels nous allons faire face. La situation en Ukraine nous plonge dans un abîme d’incertitudes économiques. Dans un monde instable, éprouvé par les crises, nous devons aller vers une souveraineté européenne en matière d’alimentation, d’énergie, pharmaceutique….

La question de l'accès au service public a été désignée comme prioritaire par le Président de la République. Une loi de programmation consulaire doit être proposée, en parfaite connaissance des réalités locales.

Je veux aider à trouver des solutions concrètes et efficaces pour rendre la vie de mes compatriotes plus facile. En effet, l’obtention d’un rendez-vous au consulat, le renouvellement d’un passeport, la production d’un certificat de vie, le vote… autant d’actes de la vie courante qui sont devenus les étapes d’un chemin de croix pour les ressortissants français d’Europe du Nord.

Les Français en Écosse doivent retrouver un consulat de plein exercice.

Le Brexit a enfin laissé les Français au Royaume-Uni dans un abime de difficultés administratives, mal anticipées, pas toujours comprises. Il est urgent d'obtenir des simplifications et des garanties, à l'heure où le gouvernement britannique envisage de modifier unilatéralement les accords durement acquis avec l'Union européenne.

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Ma campagne s’est organisée autour d’un constat : les députés des Français de l’étranger représentent insuffisamment les Français et j’en veux pour preuve le peu de Français qui votent pour cette élection.

Les gens ne se déplacent que s’il y a un enjeu.

J’ai obtenu « le soutien total » du sénateur Olivier Cadic. C’est très important car il a été comme moi un élu local, pour les Français du Royaume-Uni, pendant 8 ans avant d'être élu sénateur. Son parcours méritant, son attitude toujours au service des gens avant toute autre considération et son humanité m’ont beaucoup inspirée depuis 2012, l’année ou j’ai eu la chance de le connaître.

J’ai le soutien naturel de nombreux élus de terrain de la circonscription et au-delà, peu importe leurs étiquettes politiques. Certains me soutiennent très activement comme par exemple Marie-José Caron (élue LREM au Danemark) ou Nadine Pripp (élue indépendante en Suède).

Je remercie particulièrement Nicolas Hatton de la confiance qu'il me témoigne en ayant accepté d'être mon suppléant.

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élu ?

En tant que députée, les missions premières sont de voter la loi, de contrôler l'action du gouvernement et d'évaluer les politiques publiques.

Cela donne un grand nombre de leviers pour collaborer avec le gouvernement et son administration et résoudre, concrètement, les difficultés engendrées notamment par les coupes budgétaires.

Mais c'est avant tout un mandat national, qui impose un positionnement clair s'agissant des réformes majeures qui doivent être conduite dans le prochain quinquennat.

En tant qu'indépendante, il me semble indispensable d'instaurer une consultation régulière de mes électeurs. Mes valeurs sont claires : je suis pro-européenne, engagée sur la défense de l'environnement, attachée au progrès sur les questions sociétales, convaincue qu'il faut trouver des réponses autonomes et ne pas tout attendre de l'État.

C'est en encourageant celles et ceux qui investissent et créent des emplois que l'économie française peut être redressée.

Néanmoins, la solidarité est essentielle, c'est le lien qui permet notre vivre ensemble. On a vu les chaînes d'une solidarité extraordinaire qui se sont mises en place en réponse à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. C'est cet élan qui m'a le plus marquée ces dernières semaines, car il ne s'essouffle pas.

Je suis enfin très attachée et investie dans la défense des droits des femmes et contre l'isolement des mères et des victimes de violences conjugales.

Pour toutes ces raisons, ma place au sein du groupe parlementaire de la majorité présidentielle est une évidence. Ma méthode de travail enrichirait les réformes voulues par le Président de la République.

logofbdublin

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