Dublin: Bientôt une fresque solidaire pour l’Ukraine ?

Par Julie Castagnet | Publié le 25/05/2022 à 13:21 | Mis à jour le 25/05/2022 à 21:01
Projet de fresque à Dublin

Ces derniers mois, les murs du monde entier se sont parés des couleurs du drapeau ukrainien. Suite à l’invasion russe, des œuvres murales aux messages de paix et de solidarité sont nées des bombes (de peinture) de plusieurs street artists reconnus ou non; de l’Allemagne au Japon en passant par les Etats-Unis.

Ainsi, l’artiste C215, figure majeure du street-art français, a signé sur la façade d’un immeuble du 13e arrondissement de Paris le portrait d’une jeune fille ukrainienne.

En Irlande du Nord encore, un mur de Belfast a vu fleurir un tournesol géant par le talent de l’artiste Emic.

Le street-art s’affirme de plus en plus dans l’espace public. Cet art urbain est depuis ses origines un mode d’expression libre qui véhicule des messages politiques voire subversifs. Ces dernières années, les migrations forcées sont l’un des thèmes prédominants pour les artistes engagés tels Banksy. L’exil des Ukrainiens est donc rapidement devenu un sujet d’expression populaire.

Le street art à Dublin

Le street art à Dublin s’inscrit dans un mouvement mondial même s’il y est moins présent que dans les autres capitales européennes. La politique de la ville n’est pas des plus tolérantes envers les street artists et bon nombre d'œuvres ont été recouvertes par la municipalité ces dernières années.

L’initiative #GreyAreaProject lancée en 2018 par SUBSET, un collectif anonyme de street artists dublinois, a rendu un peu de couleurs aux murs de la capitale avec l’ambition de faire de Dublin un musée à ciel ouvert. Tout en dénonçant les arbitrages du Conseil Municipal qui souvent, entravent le processus de création.

Un projet de fresque porté par des étudiants

Motivés par la volonté de contribuer à cet élan de solidarité envers l’Ukraine et au mouvement Grey Area Project, des étudiants en école de design travaillent actuellement sur un projet d'œuvre murale solidaire.

A l’initiative de ce projet, quatre étudiants de première année du prestigieux Dublin Design Institute: Nicola Brennan, Jade Dussart, Charee Monroy et Liam Smith.

Dans le cadre de leurs études de graphisme, les étudiants se sont vus confier par leur enseignant un travail collectif. “Au début du trimestre, la guerre faisait déjà rage en Ukraine et nous avons donc choisi de créer une peinture murale avec un message clair de solidarité et d'accueil envers le peuple ukrainien” confie Jade Dussart.

Comme l’explique l’étudiante, rien n’a été laissé au hasard. “En termes de composition, de couleurs, de symboles, de police de caractère; tout a été réfléchi pour servir notre message, avec ces deux enfants qui se rencontrent et s'offrent mutuellement les symboles de leur pays respectif, le trèfle et le tournesol.”

La fresque a été pensée pour s'intégrer sur un mur de Townsend Street dans le centre de Dublin (voir une modélisation du projet ci-dessous).

 

Projet de fresque en solidarité avec l'Ukraine
Projet de fresque en solidarité avec l'Ukraine


L’accueil des exilés Ukrainiens en Irlande

A l’instar des autres métropoles européennes, Dublin a récemment vu affluer des vagues d’exilés en provenance des territoires envahis et bombardés. 27 000 réfugiés ukrainiens sont déjà arrivés en Irlande selon le Ministère des Affaires Sociales dont un quart sont des enfants de moins de 13 ans.

“Nous avions ces chiffres en tête lorsque nous avons conçu la fresque, continue l’étudiante, avec le double objectif de transmettre aux Ukrainiens récemment arrivés à Dublin toute la solidarité et le soutien des Irlandais, ainsi que d'amener un peu de couleur, de gaieté et d'espoir dans ce quartier un peu terne, en face d'un hôtel où de nombreux réfugiés sont logés.”

Nul besoin de parler anglais ou irlandais. L’art quand il s’expose sur les murs, se fait le messager universel des valeurs de l’Union Européenne. Démocratie, tolérance, solidarité, ou encore liberté; ce sont ces principes que cette fresque jaune, bleue et verte souhaite illustrer.

En espérant que cette œuvre voit le jour car, comme mentionné plus haut, les démarches pour obtenir les autorisations sont longues et complexes.

Sur le même sujet
51896086_10218773827797198_27856371902840832_n

Julie Castagnet

Formatrice réformée et déformée; amatrice de bons mots et de bons mets, passionnée de rugby et de live musique (surtout si c'est dans un pub irlandais).
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Dublin !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Gael Parent

Rédacteur en chef de l'éditon Dublin.

À lire sur votre édition locale