Mack Rutherford : avoir 16 ans et voler autour du monde en solitaire

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 13/06/2022 à 08:30 | Mis à jour le 13/06/2022 à 10:12
Mack Rutherford

Aujourd’hui nous vous proposons de rencontrer Mack Rutherford, un jeune garçon anglo-belge de 16 ans de passage à Dubaï. Oui mais pourquoi, si jeune, que peut-il venir partager dans nos pages ?.... Eh bien Mack n’est pas exactement votre « boy next door », car il ne tente rien moins que de battre deux records homologués Guinness, et pas des moindres : le plus jeune pilote à effectuer un tour du monde en solitaire et le plus jeune pilote à faire le tour du monde dans un avion « microlight » (ultraléger). Oui vous avez bien lu : il est en train de faire le tour du monde en pilotant un avion ultra-léger, en solitaire…. à 16 ans. Un garçon solaire et nonchalant malgré son exploit, prouvant tout sourire que la valeur n’attend point le nombre des années ! Le Petit Journal est allé à sa rencontre lors de son passage à Dubai. 

 

mack solo

 

Lepetitjournal.com/dubaï : Mack, d’où vous est venu ce projet fou ?

Mack Rutherford : Eh bien de ma sœur aînée Zara, qui elle vient de terminer son propre tour du monde, et d’homologuer son record à 19 ans, de plus jeune femme à effectuer un vol solitaire autour du monde… j’ai vraiment eu envie de suivre ses traces et de reprendre le flambeau !

 

Mais vous êtes donc tous pilotes dans votre famille ?

Presque ! Je viens d’une famille où des deux côtés (paternel et maternel) nous cumulons cinq générations de pilotes… un de mes grands-pères est un héros de guerre et j’ai une arrière-grand-mère qui était une des premières femmes pilote en Afrique du Sud. Ma sœur pilote, ma mère aussi a son brevet et mon père qui était pilote d’hélico dans l’armée britannique, s’occupe maintenant de « ferry flying ».

 

Je ne croyais pas si bien dire, une vraie dynastie !

Bien sûr cela m’a aidé: je suis dans un avion depuis tout petit, ma mère aime bien raconter qu’avant de marcher je volais à l’arrière dans mon Maxi-Cosi, et j’ai appris avec mon père depuis tout jeune : je crois que la première fois qu’il m’a laissé tenir le manche à balai je devais avoir 7 ans. Puis j’ai passé mon brevet dès que possible entre 14 et 15 ans - à l’époque j’étais le plus jeune pilote certifié. J’ai aussi beaucoup volé avec mon père et déjà effectué deux vols transatlantiques….Mais j’ai aussi envie de transmettre l’idée que peu importe finalement : ce n’est pas du tout obligatoire d’avoir une famille qui exerce la même passion pour se lancer…. C’est sûr que j’avais de grandes chances d’apprendre à voler, peut-être plus que d’autres, sans trop me poser de questions, mais personne ne m’a poussé ou même encouragé au début à me lancer dans ce projet.

mack solo

 

Comment avez-vous convaincu les adultes autour de vous, vos parents, votre école…

Mes parents n’étaient pas du tout pour au début (rires) mais je leur ai écrit une longue lettre en argumentant et ils ont compris que j’étais sérieux, très préparé et très motivé, et après ça ils se sont mis de mon côté (rires). Sans eux je ne crois pas que j’y serais arrivé non  plus : c’est mon équipe de soutien à terre et c’est une aide très précieuse pour toute la partie administrative et officielle du voyage : autorisations, permis, visas, paperasse, passeports, etc… et puis j’ai demandé une année sabbatique auprès de mon école en justifiant mon projet, et je vais rattraper mon année scolaire durant les vacances d’été.

 

Concrètement comment se passent vos étapes ?

En général je me lève très tôt, parfois 3 ou 4 heures du matin, je vole entre 4 et 8 heures selon le tracé, j’atterris, je m’organise pour la nuit etc… je cherche un hébergement. Si dans la ville où j’atterris je n’ai aucune connexion amicale ou familiale, je dors chez l’habitant : je suis toujours accueilli chaleureusement, ce n’est jamais un problème. Je me repose quelques jours (pas plus de 3) et je repars : je dois bien entendu suivre aussi les contraintes et conditions météo.

mack solo

 

Certaines étapes plus difficiles ou plus belles que d’autres ?

Oui les longs vols au-dessus de l’eau sont très fatigants, et ma mère trouve qu’ils sont dangereux aussi (sourire) comme celui que j’ai effectué au départ de l’Île Maurice par exemple. Où quand j’ai atterri à Khartoum car il y avait une visibilité presque nulle. Mais j’ai adoré voler au-dessus du Sahara, d’Amboseli et du Serengeti : je ne vole pas très haut donc je peux vraiment admirer le paysage, c’était magnifique, je me sens très chanceux !

 

Un mot sur votre parcours, la route que vous suivez ?

Je suis parti de la Bulgarie le 23 Février, car c’est le lieu du siège de mon sponsor ICDSoft, qui finance généreusement cette aventure et me prête l’avion pour relever ce défi. Je vole sur un ultra léger Shark, c'est l'un des ultra-légers les plus rapides au monde avec une vitesse de croisière de 300 km/h, spécialement préparé pour un voyage aussi long et éprouvant. Le principe du tracé « autour du monde » est de choisir deux points aux antipodes exactes et de les relier : j’ai choisi les îles Rodrigues et l’île de Socorro au Mexique, ensuite il faut respecter les règles du vol en solitaire : décollage et atterrissage en solo et une certaine limite de temps (je ne peux pas le faire en deux ans par exemple).

 

Quand repartez-vous depuis Dubaï ?

D’ici quelques jours, en direction de l’Iran et du Kazakhstan. J’ai beaucoup apprécié de me poser à Dubaï et d’y retrouver ma famille au complet (ma sœur et mon père nous ont rejoint depuis l’Afrique) et de pouvoir vraiment me reposer.

 

Sur votre page on lit « je pense que les jeunes peuvent faire la différence », qu’est-ce que cela veut dire pour vous ?

J’espère rencontrer au cours de mon voyages des jeunes qui ont des projets extraordinaires mais qui sont souvent méconnus juste en raison de leur jeune âge justement, et pouvoir raconter leur histoire à mon retour, leur donner une visibilité. Et j’espère par mes actions inspirer des gens de mon âge à ne pas se mettre de limites préconçues et aller au-devant de leurs défis et de leurs rêves. Mon idéal serait que cette petite inspiration fasse un effet domino : si je donne du courage à une ou deux, ou dix personnes et qu’à leur tour celles -ci montrent l’exemple et prouvent qu’en travaillant beaucoup on peut suivre ses rêves et les accomplir, ce serait génial !

 

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