À l’approche des élections consulaires 2026, Geoffroy Bunetel, tête de liste « L’Union pour les Français des Émirats arabes unis et Oman », a répondu aux questions du Petit Journal Dubai sur les grands enjeux de la communauté française dans la région. Modernisation des services consulaires, soutien aux entrepreneurs, vie associative et développement des réseaux français figurent parmi les priorités portées par son équipe.


À l’approche des élections consulaires 2026, Le Petit Journal Dubai a rencontré Geoffroy Bunetel, tête de liste « L’Union pour les Français des Émirats arabes unis et Oman »
À quelques jours des élections des conseillers des Français de l’étranger, Geoffroy Bunetel défend une approche axée sur l’expérience de terrain, le rassemblement et des propositions concrètes pour les Français installés aux Émirats arabes unis et à Oman.
Sa liste met notamment l’accent sur la modernisation des services consulaires, le soutien à l’entrepreneuriat français, le développement des réseaux associatifs et l’amélioration de la coordination entre les différents acteurs de la communauté française.
Parmi les projets avancés figurent la création d’un Conseil des associations, le développement d’outils numériques pour faciliter les échanges avec les élus consulaires ou encore le renforcement des dispositifs destinés aux entrepreneurs et aux familles françaises de la région.
Geoffroy Bunetel a répondu aux questions du Petit Journal Dubai sur les priorités de son programme et sa vision de l’évolution de la communauté française aux Émirats et à Oman.
Lepetitjournal.com/dubai : Quelles seront vos trois priorités concrètes ?
1. Créer un Conseil des associations, une instance réunissant régulièrement les associations, communauté et réseaux français afin de renforcer la coordination, la cohésion et la gestion des projets et prévenir les tensions éventuelles. Les crédits STAFE et OLES pourront être un levier utile pour y parvenir.
2. Poursuivre la modernisation des services consulaires
Maintenir dans le temps les remarquables avancées constatées depuis deux ans (passeports, cartes d’identité, tournées consulaires), accélérer les projets de digitalisation et développer un nouveau bâtiment pour le Consulat général à Dubaï, dont la taille et l’accessibilité ne répondent plus vraiment aux besoins.
3. Soutenir l’emploi et l’économie
En sortie de crise, nous développerons une bourse de l’emploi pour les Français en transition professionnelle, accompagnerons les entrepreneurs via un guide des financements. Il faut aussi créer une CCI France Oman. En tant qu’ancien président de la CCI France UAE et actuel Vice-président de CCI France International qui fédère 125 CCI dans le monde, je pense être bien placé pour faire avancer ces sujets.
Comment améliorer le lien entre les élus consulaires et la communauté ?
Il y a à la fois un aspect humain et technologique.
D’abord, les élus doivent être plus connus et accessibles. Mon engagement au sein de la CCI, du LFIGP ou de Fr’Entraide m’a permis de créer ce lien de proximité, et je pense que mes colistiers incarnent aussi cette disponibilité et cette écoute.
Ensuite, il faut mieux structurer les échanges avec la communauté grâce à la technologie. Les communautés WhatsApp ouvertes comme Fr’Entraide ont déjà apporté des réponses utiles, mais nous pouvons aller plus loin avec une application «Français des Émirats et Oman » pour fluidifier les relations entre élus, associations et autorités françaises. Les Émirats étant un hub technologique, c’est un projet ambitieux mais parfaitement réalisable. Impossible n’est pas français.
Quel rôle sur le coût de la vie et les frais de scolarité ?
Les élus consulaires ne déterminent ni les frais de scolarité ni le coût de la vie aux Émirats et à Oman. En revanche, nous pouvons agir sur plusieurs leviers concrets.
D’abord, défendre à Paris une augmentation des budgets dédiés aux bourses scolaires, compte tenu de la croissance de notre communauté et des spécificités de la région. Il faut aussi mieux faire connaître ces dispositifs et lutter contre la fraude afin que les aides bénéficient à ceux qui en ont réellement besoin.
Nous pouvons également agir sur certains coûts “frictionnels” en travaillant avec les autorités émiriennes par les bons canaux (poste diplomatique, CCI…): visas de 3 ans, permis de conduire de 10 ans, ou encore meilleure reconnaissance des diplômes français.
Enfin, je m’opposerai à certaines hausses de coût injustifiées (AEFE, CFE), notamment à toute idée d’impôt universel “à l’américaine”, dont l’impact sur les Français d vivant ici serait considérable.
Comment représenter la diversité de la communauté française
Chacune des listes se présente comme très diverse ; je préfère laisser les électeurs juger sur pièces. Le vrai risque, selon moi, est de confondre diversité et simple casting.
Ce qui compte avant tout, c’est la capacité à fédérer, travailler ensemble et rassembler des profils différents, chacun apportant son expérience et sa sensibilité. Cela demande du respect et de l’écoute.
C’est l’esprit de notre liste, « L’Union pour les Français ». Et là encore, je souhaite être jugé sur mes actes plutôt que sur des promesses. À la CCI, j’ai contribué à rapprocher et fédérer les différentes composantes de communautés d’affaires françaises notamment en rapprochant le FBC et le FBG. Nous avions organisé en 2019 le premier Business Forum français à Sharjah.
Pourquoi voter pour votre liste plutôt qu’une autre ?
Nous avons mené un véritable travail de diagnostic, de propositions concrètes et réalistes.
Pour moi, on ne peut pas se présenter sur une simple promesse de proximité et d’écoute. Il faut un projet et la capacité, l’influence pour le mettre en œuvre.
Or notre liste a aujourd’hui le vrai poids collectif nécessaire pour peser. Les autres listes ont-elles ce poids ?
Nous réunissons des profils très engagés dans la communauté : présidente de l’UFE, conseillère au commerce extérieur de la France, chefs d’îlot, responsables associatifs et de réseaux d’Alumni, enseignants, administrateurs de la CCI, avocats… surtout, ces profils se connaissent, ils ont travaillé ensemble et resterons actifs ensemble après les élections.
Comment voyez-vous évoluer la communauté française dans les prochaines années ?
Je pense qu’on aura sans doute une phase de consolidation démographique économique à court terme, qu’il nous faudra gérer au mieux.
Mais la tendance de fond reste très clairement à la croissance. En 2014, nous étions 10.000 à voter à ces élections consulaires, 16.000 en 2021 et plus de 24.000 aujourd’hui.
La croissance démographique s’accompagnera d’un développement important dans les Émirats du Nord (en particulier Sharjah, Ras El Khaimah et Fujairah). Cela impliquera d’adapter les services consulaires, les tournées administratives et probablement l’offre scolaire à cette nouvelle réalité régionale.
La communauté va continuer à se diversifier avec l’augmentation de la 2ème génération de Français nés aux Emirats qui auront un rapport sans doute différent aux Emirats et Oman et des réseaux importants.
La population française en Oman devrait croitre également et on assiste d’ailleurs à la croissance de la communauté d’entrepreneurs à Mascate et même Salalah.
Les élections des conseillers des Français de l’étranger pour la circonscription des Émirats arabes unis et d’Oman se tiendront du 22 au 27 mai 2026 par internet, puis le 31 mai à l’urne. Ce scrutin permettra d’élire les représentants de proximité des Français expatriés, chargés notamment des questions liées à l’éducation, aux aides sociales, à la sécurité, aux services consulaires et à la vie de la communauté française dans la région.
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