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L’ACCOUTREMENT DES ROIS A ABOMEY - Du coton tissé, une marque particulière

Par Lepetitjournal Cotonou | Publié le 26/07/2016 à 22:00 | Mis à jour le 13/07/2016 à 05:59

 

L'accoutrement des Rois dans le royaume d'Abomey a beaucoup retenu et retient toujours les attentions. Du 17è au 19è siècle, période couverte par la royauté d'Abomey, les Rois ont adopté un style d'habillement particulier. Une marque qui est l'?uvre des tisserands. Aujourd'hui encore, ce métier fait son petit bonhomme de chemin avec cette fois-ci, une touche moderne. Lepetitjournal.com vous fait faire dans l'histoire pour découvrir les garde-robes des rois d'Abomey.  

Un Roi dans le royaume d'Abomey, c'est aussi son accoutrement. Il se différencie par son habillement. C'est un choix spécial retenu depuis des siècles. Il constitue la marque du royaume d'Abomey, comparativement aux autres royaumes (Porto-Novo, Djougou, Kétou, Niki, etc.)

Ainsi, quand un Roi fait une sortie, il donne à voir un accoutrement spécial. Sur son corps, on constate une tenue cousue dans du pagne tissé appelé « Kanvo » en fon (la langue béninoise). Le chef est également revêtu d'un large pagne « le Sounkoli » de six mètres environ. Une ?uvre qui couvre tout son corps et traine parfois légèrement sur le sol. Ces pagnes sont tissés et mis à la disposition du Roi par les tisserands. Même pour ses déplacements à l'époque (17è et le 19è siècle), le roi fait appel au génie des tisserands. Ces derniers conçoivent le hamac « kpon » porté par de vaillants soldats et qui sert à déplacer le Roi. C'est notre déplacement sur la ville d'Abomey, dans le centre du Bénin, précisément sur le site des palais royaux d'Abomey qui favorise cette découverte. Un endroit bien indiqué, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture.

Une tradition qui prend goût dans la modernisation

La modernisation observée dans l'habitude vestimentaire des Africains n'a presque rien changé. Aujourd'hui, ce travail continu toujours. Le tisserand est plus que jamais engagé à sortir de jolis pagnes en coton. Un travail fait exclusivement à la main. Mais de plus en plus, les bénéficiaires ne sont plus forcément des rois. « Les béninois, les touristes, les responsables à divers niveau s'offrent ce chef-d'?uvre pour des besoins personnels », renseigne Bidasse GANKPE, Tisserand, exposant sur le site des palais royaux d'Abomey. Comme lui, plusieurs artisans s'attèlent à faire vivre l'histoire par les générations actuelles. Cette modernisation qui s'impose donne une nouvelle orientation au choix des objets fabriqués. Sur les étalages dans le palais à Abomey, on peut voir, des chemises, des pantalons, des sacs, des nappes, napperons, etc.  

Bidasse GANKPE et ses collègues sont également prêts à réaliser tout autre objet selon le gout de la clientèle constituée majoritairement de touristes. Pour rendre plus jolies leurs ?uvres, les tisserands insèrent des desseins dans le pagne tissé. On peut retrouver par exemple des desseins d'animaux, des icônes qui permettent d'identifier les différents rois du Dahomey. La fabrication de ces tissus est un héritage transmis de génération en génération.

Childéric Sessou (www.lepetitjournal.com/cotonou) mercredi 13 juillet 2016

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