Vendredi 30 octobre 2020
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Témoignages : comment des élèves de Terminale vivent le confinement ?

Par Joëlle Borgida | Publié le 13/04/2020 à 17:20 | Mis à jour le 13/04/2020 à 17:32
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Voilà plus d'un mois que notre quotidien a été bouleversé. Comment les adolescents vivent-ils cette période ? Rasmus, Eugénie et Téa, élèves en classe de Terminale au Lycée français Prins Henrik nous parlent de leur "nouvelle vie" et notamment de la façon dont ils travaillent et préparent le baccalauréat.

 

 

Je m'appelle Rasmus, et je suis élève au LFPH en Terminale, actuellement en confinement.

Les curieux événements qui font l'objet de cette chronique se sont produits en 2020, à Copenhague. Sortant un peu de nulle part, et semblant tout à fait contraires à la vie tranquille, simple, presque roupillante de la ville. La vie suivait son long fleuve tranquille, quand soudain un journaliste fut mis en quarantaine, et de fil en aiguille, deux semaines plus tard, la première ministre annonçait la fermeture de toutes les écoles.

Que ressentîmes-nous alors, élèves de Terminale S ? De l'angoisse, de la peur, de la panique ? De la joie. Un deus ex machina avait abattu de sa foudre le contrôle de physique prévu le lendemain matin, et notre peuple se réjouit de l'isolation imminente. 

Nous voici une semaine plus tard, les voix n'ont pas encore établi leur emprise sur nos esprits. Le travail en autonomie est une expérience intéressante, avec des avantages comme des inconvénients. D'un côté, le travail est plus efficace sans le bruit de fond de la salle de classe, mais moins assidu avec les distractions nombreuses du domicile. Le manque de communication directe avec un professeur est handicapante en cas de difficultés, mais la mise en place de communication en ligne aide ; le futur de l'enseignement en ligne semble réel avec cette nouvelle expérience. Le travail en autonomie est certes compliqué, mais permet une liberté personnelle gratifiante : se réveiller deux heures plus tard, frais et dispos au travail est bien plus motivant pour la journée de travail souvent intimidante et épuisante avant même qu'elle ne commence.

Nous sommes désormais dans l'attente. Le confinement devrait se conclure dans une semaine, mais tous doutent de cette fin rapide. Quelles conséquences sur le bac, sur nos vies, sur le monde ? Au jour par jour, comptons nos pois, travaillons, restons bien à 2 mètres de distance des autres, et nous verrons.

Cordialement sans poignée de main

 

Eugénie : Je vis très bien le confinement en Terminale.

Je lis et je regarde des films en famille pour passer le temps. Mes profs nous envoient régulièrement des cours et des exercices et sont joignables par vidéo conférence. J'ai même eu des cours de théâtre. Il est parfois plus dur de comprendre les notions mais j'aime aussi le confort d'être chez soi. Je ne pense pas que ces semaines d'isolement affecteront notre bac.

 

Téa : C’est une situation vraiment incroyable que nous vivons et même si nous avons vu le danger se rapprocher de nous petit à petit, je pense que nous n’étions pas préparés à vivre cette expérience.

Ma façon de travailler a donc changé puisque le lycée est fermé. Globalement, je suis l’emploi du temps du jour car nous devons envoyer nos devoirs par mail aux enseignants. Mais je travaille surtout dans la matinée et le soir car ce sont les moments où je suis le plus concentrée, ce qui me rend plus productive.

Les profs nous proposent également des Google Meet, et je trouve qu’entendre leur voix est extrêmement réconfortant.

Côté stress, c’est partagé car, ne plus aller à l’école me fait oublier que c’est l’année du bac, et en même temps, je suis inquiète de ne pas savoir ce qui nous attend. Épreuve annulée remplacé par du contrôle continu, examen reporté, épreuves allégées, on est dans le flou et ce n’est pas très agréable. De plus, au-delà du bac, les heures de cours que nous n’avons pas eu risquent de nous faire défaut plus tard dans nos études.

Le confinement n’est pas trop dur pour moi, surtout ici au Danemark où nous sommes libres de sortir quand on veut, en respectant les mesures barrières. Bien sûr, mes amis me manquent, même si on se parle sur les réseaux sociaux. La classe avait déjà un groupe sur Messenger, on continue donc d’échanger à propos des cours. Même chose avec mes amis sur Copenhague, on se donne des nouvelles et on travaille parfois ensemble à distance. Quant aux amis de France ou ceux de l’autre bout du monde, ça ne change pas, on a juste moins de contraintes horaires et plus de temps pour se "voir" et bavarder.

 

 

Merci à eux d'avoir pris le temps de partager leur ressenti. Nous leur souhaitons bonne chance pour la suite. Ils font partie de ceux qui reprendront le chemin de l'école à la fin de vacances de Pâques. 

 

 

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joelle borgida

Joëlle Borgida

J’ai vécu dans huit pays ces vingt dernières années. Désormais installée à Copenhague, j'ai envie de partager mes découvertes danoises.
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