Émilie Marchès-Ouzitane : « Je souhaite porter une politique de gauche »

Par Lepetitjournal Casablanca | Publié le 25/05/2022 à 01:01 | Mis à jour le 25/05/2022 à 01:01
Émilie Marchès-Ouzitane : « Je souhaite porter une politique de gauche »

Dans la perspective des prochaines élections législatives (à partir du 27 mai en ligne, 5 et 19 juin 2022 dans les urnes), lepetitjournal.com est allé à la rencontre des candidats dans chaque circonscription des Français de l’étranger.
Émilie Marchès-Ouzitane, candidate à la 9ème circonscription pour la Fédération de la Gauche républicaine, a répondu à nos questions.

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Militante associative et politique, élue dans une ville de 70 000 habitants en Gironde avec une délégation politique de la ville, je souhaite porter la voix des plus éloignés et des invisibles au sein de l’Assemblée nationale. Les Français.es de l’étranger ont ce point commun : l’éloignement des prises de décisions et le sentiment d’être parfois oubliés. En tant que femme de gauche, je souhaite porter une politique de gauche après un quinquennat libéral ayant détricoté les conquis sociaux de nos illustres, ayant fragilisé considérablement nos concitoyens et ayant accentué les clivages dans notre société.

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

J’ai vécu dans cette circonscription (Maroc), j’y ai travaillé et y ai connu mon mari, marocain.

Nous avons donc une attache familiale forte, mon mari travaille entre la France et le Maroc. De mon côté, je m’implique dans des projets pour faire une passerelle entre plusieurs pays de la circonscription et les jeunes des quartiers prioritaires de la ville de Mérignac où je suis élue.

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

J’ai vécu au Maroc en partant de mon propre chef très jeune après mon premier cycle universitaire. Je me suis mariée au Maroc et ai vécu cette difficulté d’accès aux services publics quand on est éloigné de la ville où se situe le consulat par exemple. Les difficultés administratives liées à la procédure de mariage entre autre. J’ai travaillé avec des contrats locaux et ai connu les difficultés sociales auxquelles de nombreux français non expatriés sont confrontés car moins accompagnés et moins préparés. La problématique de délivrance des visas pour les ascendants et la famille est une vraie violence pour les familles françaises dans le cadre des mariages mixtes.

Aujourd’hui nous pallions ce déséquilibre d’accueil public par la dématérialisation qui accentue la fracture numérique chez bon nombre de nos compatriotes et en particulier les retraités et nos aînés. Tout cela participe à l’éloignement des Françaises et Français de leurs institutions, seules liens avec leur pays.

 

Comment voyez-vous le mandat de député ? 

Le mandat de député est un mandat de dimension nationale, on devient député de la nation. On siège pour faire voter des lois qui sont essentielles à décliner dans les territoires.

Le mandat de député est l’équilibre entre le national et le territoire (la circonscription). Pour ne pas avoir une vision biaisée et hors sol, le terrain nourrit le travail législatif. Les échanges avec les compatriotes sur le terrain nourrissent la réflexion et la remontée de leurs besoins. Je dois être aussi leur porte-voix à l’Assemblée nationale en m’appuyant sur le travail des conseillers AFE, véritables relais de proximité et les acteurs qui font rayonner notre culture et notre pays.

L’idée est de mailler un travail de terrain avec l’ambition de faciliter la vie des français à part entière malgré leur éloignement géographique.

Je souhaite appliquer ma manière de conduire un mandat avec ce que je pratique à plus petite échelle dans ma ville.

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

La sociologie des français établis hors de France a changé, on évoque souvent les expatriés, mais la représentation de nos compatriotes est bigarrée : binationaux, couples mixtes, retraités, expatriés et tous ceux qui partent tenter une nouvelle expérience de vie à l’étranger.

La crise COVID a considérablement impacté leur vie, leurs projets et on doit répondre présent en leur offrant l’accompagnement dont ils ont besoin et auquel ils ont droit.

Plusieurs priorités sont essentielles : l’accès au droit, l’accès à l’éducation et la culture sans conditions, la protection sociale, la défense des services publics.

Toutes ces priorités ont été rabotées et négligées durant le quinquennat précédent avec un député qui a voté toutes ces entorses au bon fonctionnement des services consulaires, la privatisation rampante de l’enseignement et in fine la fragilisation de nos compatriotes.

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Ma campagne s’organise avec l’aide précieuse des relais d’opinion dans les différents pays qui composent cette circonscription. Mon suppléant m’aide sur les pays qu’il connaît et celui dont il est originaire. Nous sommes complémentaires par notre connaissance de la circonscription. J’ai une attache très forte avec le Maroc, mais cela ne m’empêche pas d’avoir des contacts privilégiés sur le reste de la circonscription, par des réseaux associatifs, professionnels et institutionnels. Je me suis rendue au Maroc début mai pour aller à la rencontre des Français.es. Mais j’y séjourne régulièrement depuis 27 ans.

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élue ?

Tout d’abord, je souhaite rencontrer un maximum de Françaises et Français établis hors de France, celles et ceux qui n’ont pas toujours accès aux représentations et associations dédiées. Je pense que plusieurs axes prioritaires sont à développer comme ceux cités plus haut après un mandat calamiteux du député sortant. Toutes ces priorités ont été rabotées et négligées durant le quinquennat précédent avec un député qui a voté toutes ces entorses au bon fonctionnement des services consulaires, la privatisation rampante de l’enseignement, la fiscalité injuste, illustrant ainsi une forme de mépris à l’égard nos concitoyens.

 

Quel bilan dressez-vous du mandat du député sortant ?

Le député sortant a commencé par des actes de délinquance en rouant de coups un homme en France. Je pense qu’un élu de la République se doit d’être exemplaire. Saluer son mandat est un manque d’éthique et de morale. J’aurais souhaité pour mes compatriotes, un représentant digne et reconnu par la qualité de son travail parlementaire, au regard des données bilan, son classement est souvent parmi la dernière centaine… Et quand il était actif, il s’agissait pour lui d’acter la politique délétère du gouvernement en direction des Français établis hors de France. Durant la pandémie, il était plus occupé à préparer son procès dont le verdict est une condamnation sans appel.

Allez-vous voter pour les prochaines élections législatives ?
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