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PETITS METIERS - Les Chauffeurs de Taxis

Par Parler Darija | Publié le 21/04/2014 à 22:00 | Mis à jour le 21/04/2014 à 20:52

"Taxi ? Vous avez besoin d'un taxi ?" Ces quelques mots sont probablement les premièrs que tout nouvel arrivant au Maroc aura entendus dès sa sortie de l'aéroport. Et ils l'accompagneront tout au long de son séjour, dès qu'il s'approchera d'un monument un peu célèbre ou d'une artère importante de la cité blanche.

En effet, bien que la mise en service du tramway en 2012 ait contribué à diversifier les moyens de transports intra-urbains, le taxi reste une option non négligeable et omniprésente : environ 9.000 grandes voitures blanches sillonnent les carrefours et les autoroutes, et ce sont autant de petites voitures rouges qui se faufilent ainsi dans la ville au gré des flux.


Il existe deux sortes de taxis : les grandes Mercedes blanches surchargées de passagers sont appelées "grand taxis" et servent à se déplacer entre les villes et aux périphéries. Les autres, plus modestes, sont aux couleurs des villes et effectuent des courses intra-urbaines : jaunes à Marrakech, bleus à Rabat, et rouges à Casablanca.

Les courses des grands taxis se négocient à l'avance, mais il est à rappeler que les petits taxis des villes fonctionnent au compteur : la tarification est affichée sur le pare-brise intérieur, du côté du passager. Beaucoup de chauffeurs ne souhaitent pas l'appliquer et tenteront de négocier le prix de la course avant - voire pendant - celle-ci. Pour eux, c'est une question de rentabilité, mais aussi de confiance : il semblerait que beaucoup de passagers effectuent la course et n'aient finalement pas l'argent nécessaire pour le paiement. Cependant, l'utilisation du compteur fait partie de la réglementation légale du travail.

Les chauffeurs sont encore plus nombreux que les taxis : en effet la plupart d'entre eux ne sont pas propriétaires mais locataires de la voiture et/ou de l'agrément. Ils se relaient ainsi pour que le moteur ne s'arrête jamais de tourner. Ce roulement permet des horaires très variés qui dépendent de la volonté de chacun ; mais le plus souvent, les chauffeurs alternent 6h00 - 18h00 et 18h00 - 6h00. Ils prennent leurs pauses à leur guise, un thé à la main sur les parkings des gares, ou rentrant chez eux le temps d'une douche ou d'un repas en famille. Pour un même taxi, il y a généralement deux chauffeurs qui se relaient, un propriétaire, et le titulaire de l'agrément. Ce dernier se loue en moyenne 2.500Dhs par mois, et la voiture coûte dans les 120 000DHs : plus la voiture est neuve et en bon état, plus elle est chère.

Dans les cas où l'agrément et la voiture se louent, les chauffeurs doivent reverser en moyenne entre 200 et 300DHs par jour à leur patron. En plus des 7 500DHs par an payant l'assurance de la voiture, du chauffeur et des trois passagers dans le cas d'un petit taxi, l'essence est à la charge des chauffeurs. Une fois toutes ces charges déduites, un chauffeur de taxi gagne entre 100 et 150 DHs par jour. Ces revenus sont assez faibles et se combinent à des conditions de travail qui demeurent difficiles : rester en position assise des heures durant est contraignant et douloureux, les patrons comme les clients peuvent être durs, et les agressions ainsi que les braquages sont occasionnels, mais présents. Une absence de droits ou de lois en leur faveur empêche les chauffeurs de taxi d'avoir accès à une mutuelle ou bien à une retraite. Tout ceci contribue à un mécontentement général, et beaucoup regrettent de ne pas pouvoir exercer un autre métier.

Les taxis sont sujets à des réglementations strictes : pour devenir chauffeur, il faut en premier lieu posséder le permis de conduire standard depuis plus de cinq ans. Ensuite, une formation de 6 mois est nécessaire qui prépare à l'examen du permis de confiance. Ne restera plus qu'à trouver un agrément, une voiture, et pour certains un patron, ou bien un collègue. Tout ceci passe bien entendu par des intermédiaires, dans ce réseau si fermé. Aussi, on constatera très vite que ce sont presque exclusivement des hommes qui exercent ce dur travail : deux ou trois femmes seulement dans tout Casablanca. Les raisons pour s'acquitter d'un tel labeur sont très variées : Mohamed, 64 ans, est professeur d'arabe à la retraite. Quand son fils, propriétaire de la voiture, est absent ou bien malade, c'est lui qui le remplace. Othman quant à lui est retraité de guerre, mais sa pension est trop maigre pour subvenir aux besoins de sa famille. Encore, Youssef est jeune diplômé sans ressources, après de longues études en Géologie qui ne lui ont pas permis de trouver un emploi dans son domaine d'intérêt.

C'est ainsi que lepetitjournal.com/Casablanca vous invite à en apprendre plus sur ces chauffeurs de l'ombre, le temps d'une course effrénée à la poursuite d'un train ou d'un rendez-vous, ou dans les embouteillages imperturbables des mauvaises heures de la ville.

Manon Kole () Mardi 22 avril 2014

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