

Le comte Michel Lvovitch Tolstoï repose au cimetière européen de Rabat (photos Christian NICOLAS).
Léon Tolstoï ne devait pas connaître la grande révolution de 1917 qui poussa de nombreux de ses compatriotes intellectuels à fuir leur pays pour émigrer vers des cieux plus cléments. Son propre fils, le comte Michel Lvovitch Tolstoï, trouva asile à Rabat où il meurt en 1944. Il repose au cimetière européen de la ville, près du carré militaire, comme nombre de ses compatriotes.
Le Maroc, fidèle à son hospitalité légendaire, accueillait les réfugiés politiques d'alors. On trouve encore des quartiers au nom évoquant la Russie dans certaines villes du Royaume ainsi qu'une communauté russe, essentiellement basée à Rabat.
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La production littéraire récente, elle aussi, aime à se référer à Tolstoï. Le roman à succès de Muriel Barbery, "L'Elégance du hérisson"(Gallimard) dépeint une concierge lettrée qui voue une admiration sans borne à l'écrivain et laisse passer, ça et là, dans la conversation, des citations qui finiront par la trahir, "Tout est venu en son temps (?) Tout vient à son heure pour qui sait attendre". Daniel Pennac, prix Renaudot pour "chagrin d'école"(Gallimard), confie : "en lisant, je me suis physiquement installé dans un bonheur qui dure toujours", bonheur déclanché par la lecture de "Guerre et Paix"que son frère lui offrit.
Le grand Bernard-Henri Lévy, lui-même, cite Tolstoï dans "Ce grand cadavre à la renverse"(Grasset) dans lequel il évoque les "cadavres vivants"de la gauche française. Trois excellents livres. Que de bonnes raisons pour nous précipiter pour lire ou relire de toute urgence le célèbrissime roman !
Isabelle GIRAUDET. (www.lepetitjournal.com-Casablanca) jeudi 22 novembre 2007







