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TRAVAIL AU NOIR - Une tentation dangereuse

Par Lepetitjournal Buenos Aires | Publié le 26/01/2012 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 11:17
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Pour cette rétrospective 2011, plein feu sur une pratique qui ne cesse de croître en Argentine: le travail au noir. Lepetitjournal.com et vivre-a-buenos-aires.net s'associent pour vous proposer une rubrique "pratique" traitant de sujets d'actualité. Aujourd'hui, le travail au noir, une tentation compréhensible, mais dangereuse

L'économie argentine va bien, avec 7 à 8% de croissance en 2010. Pourtant, selon des chiffres publiés par l'INDEC en décembre 2010, le nombre de travailleurs non déclarés a augmenté en 2010. Avec 35,8% des salariés, ce sont désormais 4,2 millions de personnes qui travaillent sans protection sociale, droit du travail, ou indemnités de licenciement. Dans la grande banlieue de Buenos Aires, c'est même un salarié sur 4 .
Le travail au noir (non déclaré, et sans contrat) fait tellement partie des mœurs en Argentine, que déclarer ou non les employés apparaît réellement comme un choix. En Argentine, quasiment toute entreprise démarre au noir, et si ça marche, on légalise ensuite. Ou... jamais.

Un jeu dangereux
Le risque ne provient pas tant des contrôles que des employés eux-mêmes.
Travailler au noir n'est pas illégal : c'est l'employeur, qui commet un délit. Et comme il fait du tort à son employé, le privant de ses droits... en cas de plainte de celui-ci, il va devoir lui verser des indemnités. Elevées.
Or, les employés ne sont pas altruistes : qui va renoncer à plusieurs mois de salaire en indemnités ? L'avocat ne coûte rien, puisqu'il sera payé par un pourcentage sur la somme obtenue. 
Et à certains postes, il n'est pas très difficile de trouver un autre emploi, quand l'économie est florissante. Si un avocat l'approche, il est peu probable que l'employé refuse de porter plainte !

Comme le travail illégal est très répandu, lorsqu'un employeur est accusé, il est quasiment pré-jugé coupable. Le risque est alors celui des feux de forêt : une fois que l'un des employés obtient plusieurs mois de salaire en indemnités... tous les autres suivent !
Tous les autres, plus quelques-uns. Dans un restaurant mis en faillite par le montant des indemnités, en plus des employés, les propriétaires ont dû "indemniser" une personne qui n'avait jamais travaillé pour eux... mais trois des employés juraient que si ! 
Avoir des témoins était une preuve suffisante. Le tribunal a condamné le restaurateur à indemniser cette personne en même temps que ses "collègues".

Pieds et poings liés face aux employés
Lorsque les employés sont heureux de leur sort, peut se présenter un autre problème : tomber sur un salarié qui ne fait pas l'affaire, et ne pas pouvoir le licencier, justement sous la menace d'un procès.
Ce chantage peut coûter beaucoup plus qu'une indemnité de licenciement.

Ma conclusion? Si vous démarrez une affaire en Argentine, partez sur des bases saines. Déclarez vos employés, même si cela représente un coût dans un premier temps. Même si vous entendrez dire que "personne ne le fait". Les risques sont vraiment trop élevés.


Si vous êtes l'employé...

Si vous êtes étranger, tout visa de résident vous permet de travailler légalement. Le seul cas où vous ne puissiez pas travailler"en blanc" est si vous vous trouvez en Argentine avec un visa de tourisme.

Dans ce cas, le risque est grand. Travailler au noir n'est pas un délit, mais travailler avec un visa de tourisme (même bénévolement) est une infraction qui peut entraîner l'expulsion, et l'interdiction de revenir.

Delphine BERENGER (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 17 février 2011

Delphine Berenger a créé et anime le site www.vivre-a-buenos-aires.net. Forte de ses dix ans d'expérience dans la presse française, elle explore sur ce site tous les thèmes liés à l'installation à Buenos Aires : vie pratique, papiers, travail... Vivre à Buenos Aires publie "Le Guide du Logement à Buenos Aires".
Site : www.vivre-a-buenos-aires.net

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