Après six long mois d’audiences à San Isidro, le deuxième procès sur la mort de Diego Maradona touche à sa fin. Sept professionnels de santé sont jugés pour leur rôle dans ses derniers jours.


Près de six ans après la mort del Pibe de Oro, la justice argentine s’apprête à rendre sa décision.
Le Tribunal criminel de San Isidro a annoncé que le verdict serait prononcé le 22 décembre 2026 à midi, après plus de six mois de débats sur les conditions dans lesquelles l’ancien numéro 10 argentin a été pris en charge avant son décès, le 25 novembre 2020.
Maradona, alors âgé de 60 ans, est hospitalisé à domicile après une opération pour un hématome sous-dural. Il est mort d’une insuffisance cardiaque congestive accompagnée d’un œdème aigu du poumon. L’accusation estime que sa prise en charge médicale durant ses quinze derniers jours a présenté de nombreuses défaillances.
Sept professionnels de santé jugés
Le procès concerne sept membres ou intervenants de l’équipe médicale entourant Maradona : le neurochirurgien Leopoldo Luque, la psychiatre Agustina Cosachov, le psychologue Carlos Díaz, la coordinatrice médicale Nancy Forlini, le coordinateur des infirmiers Mariano Perroni, l’infirmier Ricardo Almirón et le médecin clinicien Pedro Di Spagna.
Les responsabilités alléguées diffèrent cependant fortement selon les accusés.
Le parquet a requis 12 ans de prison contre Leopoldo Luque, 10 ans contre Nancy Forlini et huit ans contre Agustina Cosachov, tous trois poursuivis selon l’accusation pour homicide simple. Pour d’autres prévenus, le parquet a finalement retenu des qualifications et des peines moins lourdes.
Les parties civiles ont parfois demandé des condamnations plus sévères, allant jusqu’à 16 ans de prison pour Luque et Forlini. À l’inverse, toutes les parties accusatrices ont demandé l’acquittement du médecin Pedro Di Spagna, estimant que les preuves étaient insuffisantes pour engager sa responsabilité pénale.
Un deuxième procès après l’annulation du premier
L’affaire avait déjà donné lieu à un premier procès en mars 2025.
Celui-ci avait cependant été déclaré nul quelques semaines plus tard après la polémique impliquant la juge Julieta Makintach. Il avait été révélé qu’un documentaire consacré au procès avait fait le tour de l’enceinte du tribunal avec sa participation, sans l’accord des différentes parties. La magistrate avait alors quitté le tribunal et la procédure entière avait dû recommencer.
Un nouveau procès a donc débuté le 14 avril 2026, devant trois nouveaux magistrats : Alberto Gaig, Alberto Ortolani et Pablo Rolón. Près d’une centaine de témoins étaient initialement annoncés, parmi lesquels plusieurs membres de la famille de Maradona.
La question centrale : la mort pouvait-elle être évitée ?
C’est autour de cette interrogation que se sont affrontées accusation et défense pendant plusieurs mois.
Le parquet soutient notamment que plusieurs responsables médicaux avaient conscience de la dégradation de l’état de santé de Maradona, mais n’auraient pas pris les mesures nécessaires pour l’hospitaliser dans un établissement mieux équipé.
Les défenses contestent cette interprétation et réclament les acquittements, mettant notamment en avant les pathologies préexistantes de l’ex légende de l’Albiceleste et les limites du rôle attribué à chacun des professionnels concernés.
Après les derniers plaidoyers des défenses, le tribunal s’est désormais retiré pour examiner l’ensemble du dossier.
La prochaine étape aura donc lieu le 22 décembre, lorsque les juges annonceront s’ils considèrent que les professionnels ayant entouré Diego Maradona portent une responsabilité pénale dans sa mort.












