Édition internationale

MARADONA – Dieu vivant, diable argentin

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Maradona n'a jamais été un joueur comme les autres. Sa promotion en tant que sélectionneur des Albiceleste ne l'a pas changé. Le meilleur footballeur du siècle reste entier dans ses éclairs de génie comme dans sa part d'ombre. C'est pour cela, que la Fédération argentine de football se passera de ses services

Diego Maradona (AFP) ne sera plus à la tête de la sélection Albiceleste. La Fédération argentine de football (AFA) a décidé de ne pas renouveler son contrat d'entraîneur décroché en 2008, non pas à cause de l'élimination de son équipe en quart de finale mais car Diego s'est entêté à ne pas se séparer de certains de ses adjoints. "S'ils touchent à mon intendant, à mon masseur, je m'en vais", avait-il déclaré quelques jours plus tôt à America TV.

Diable colérique
Cette ultime prise de position dans le football argentin est caractéristique du personnage Maradona, capable à la fois du meilleur comme du pire. Dernièrement c'est surtout ses colères qui ont fait la Une des journaux. Propulsé au poste d'entraîneur de l'équipe argentine, le coach Maradona s'était illustré par ses déclarations choc, plus fort encore que notre Domenech national. Alors que ses poulains s'étaient finalement qualifiés pour le Mondial après un parcours difficile, il avait exprimé sa ranc?ur face aux médias argentins qui l'avaient traîné dans la boue. "Venez me sucer", déclarait-il dans un excès de sa diplomatie légendaire (voir la vidéo plus bas). Ses prises de positions controversées sont légion : amour incommensurable pour Fidel Castro, servitude à Hugo Chavez, ? Peu importe ce qu'on dit de lui, le cuir Maradona est épais, plusieurs décennies à lutter contre des addictions en tout genre (drogue, alcool, cigares, nourriture) y sont certainement pour quelque chose. 



Génie du ballon

Diego est excessif oui, mais c'est surtout un passionné. Il a le ballon rond dans le sang. Enfant des bidonvilles de Buenos Aires, Diego Armando Maradona se fait remarquer dès l'âge de 12 ans où il se prédit déjà un avenir hors du commun : "J'ai deux rêves, disputer une Coupe du Monde, et la remporter avec l'Argentine". El pibe de oro (le gamin en or) réalisera son rêve lors de la Coupe du Monde 1986, dont on se souviendra pour ce quart de finale contre l'Angleterre, durant laquelle les spectateurs médusés assisteront à la fameuse "main de Dieu" mais surtout à ce que l'on considère toujours comme le but du siècle (voir vidéo plus bas). Sa carrière de footballeur marque à jamais de son empreinte les championnats espagnol (FC Barcelone, FC Séville) et italien (SSC Napoli). Le numéro 10, redouté sur les terrains, est même élu en 2000 joueur du siècle par la FIFA.



Dieu et ses fidèles

La Maradona-mania est telle que l'homme devient une icône vivante, comme le fut celui qu'il porte fièrement en tatouage sur son bras : Che Guevara. Le réalisateur serbe, Emir Kusturica, intéressé par le mystère Maradona, lui avait consacré un documentaire en 2008. Le député argentin, Juan Cabandie, souhaite, quant à lui, qu'une statue soit érigée au c?ur de la capitale argentine en l'honneur du "maître". ?Il est un phénomène social qui dépasse largement les limites du sport?, a-t-il déclaré. Les fanatiques du ballon rond ne le contrediront pas, ils ont déjà littéralement déifié leur joueur préféré. L'église maradonnienne, créée en 1998, regroupe entre 80.000 et 100.000 adeptes à travers le monde. Maradona y est consacré : "D10S" (contraction de dieu en espagnol et de son numéro de joueur). Deux fêtes "saintes" sont célébrées chaque année : le 29 octobre, veille de la naissance de Diego et le 22 juin, jour du match Argentine-Angleterre. Si Maradona est mi-ange, mi-démon, ses fidèles lui sont tout dévoués.

Malgré cette éviction de la sélection argentine, Diego Maradona, habitué aux cieux comme aux enfers, ne se laissera certainement pas abattre. L'éternel numéro 10 saura certainement rebondir comme ce petit ballon rond, qu'il a su ériger en véritable religion.    
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) jeudi 29 juillet 2010


En savoir plus :

Article de Football.fr, Argentine : la fin du règne Maradona, un choix de raison
Diaporama de l'Express, Maradona, libre dans sa tête

logofbinter
Publié le 5 août 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos