Occupations de facultés, cours publics, grèves et manifestation devant le Congrès : les universités publiques argentines ont relancé leur mobilisation pour réclamer l’application de la loi sur le financement universitaire.


Depuis plusieurs semaines, la tension monte d’un cran dans les universités publiques argentines, et particulièrement à Buenos Aires.
À l’Université de Buenos Aires (UBA), plusieurs facultés ont organisé des assemblées, des cours publics, des arrêts de travail et, dans certains cas, des occupations temporaires des bâtiments. La Faculté de philosophie et lettres a notamment été occupée par des étudiants avant la mobilisation du 15 octobre. D’autres actions ont également eu lieu à Psychologie, Sciences sociales, Ingénierie ou encore Sciences exactes.
Au cœur des revendications : l’application de la loi sur le financement universitaire, votée par le Congrès mais dont la mise en œuvre reste au centre d’un bras de fer entre les universités et le gouvernement de Javier Milei.
Une loi votée, mais toujours au centre du conflit
Début octobre, un juge fédéral a ordonné au pouvoir exécutif de mettre en œuvre avec effet immédiat la loi de financement universitaire et a déclaré inconstitutionnel le mécanisme utilisé par le gouvernement pour en suspendre l’application. L’exécutif a ensuite fait appel de cette décision.
Les établissements réclament notamment davantage de ressources financières pour assurer leur fonctionnement, ainsi qu’une revalorisation des salaires des enseignants et du personnel universitaire.
Une cinquième marche universitaire à Buenos Aires
Le 15 octobre, étudiants, enseignants, personnels administratifs et responsables universitaires ont convergé vers le Congrès à Buenos Aires pour la cinquième Marche fédérale universitaire.
La journée a cependant été marquée par des affrontements près du Congrès. Selon La Nación, un groupe de manifestants a lancé des pierres et tenté de franchir les barrières de sécurité, tandis que les forces de l’ordre ont répondu avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Au moins dix personnes ont été blessées et plus de trente interpellées.
Le gouvernement a défendu le dispositif policier et attribué les violences à des groupuscules d’extrême gauche présents dans la manifestation. De leur côté, les organisations universitaires ont maintenu que l’immense majorité du rassemblement était pacifique et ont dénoncé l’usage de la force.
Un conflit qui ne semble pas terminé
Au-delà de la marche, la mobilisation se poursuit dans les facultés.
Syndicats, étudiants et directions universitaires continuent de réclamer l’application complète de la loi, tandis que la discussion sur le budget 2027 nourrit de nouvelles inquiétudes concernant les ressources allouées à l’enseignement supérieur et à la recherche.
À Buenos Aires, les occupations, cours publics et manifestations montrent une fois de plus que le conflit universitaire reste l’un des principaux foyers de contestation sociale de cette fin d’année.










