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Une ONG shan proteste contre les barrages sur la rivière Namtu

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 19/09/2019 à 18:12 | Mis à jour le 19/09/2019 à 18:25
Photo : Barrage en construction en Birmanie
ASSR Shan IFC Namtu river barrage 
en Birmanie

Action for Shan State Rivers (ASSR), une organisation non-gouvernementale qui réunit plusieurs associations de communauté locales shans, s’est indignée des pratiques de l’International Finance Corporation (IFC), un membre de la Banque mondiale, et a refusé de participer à une rencontre « des parties prenantes » où étaient présentés les résultats d’une étude d’impact conduite par l’IFC sur l’implantation de barrages sur la rivière Namtu. « C’est toujours la même histoire, a expliqué un membre de l’ONG, l’IFC arrive avec des conclusions toutes faites et fait une pseudo-consultation où nous sommes mis devant le fait accompli et où on attend juste de nous que nous cochions les cases ‘oui’ à tout. Et après bien sûr ils iront dire qu’ils ont consulté les communautés locales. C’est de l’hypocrisie pure. L’IFC a déjà clairement fait savoir qu’elle considérait que l’exploitation hydro-électrique de la rivière Namtu était une priorité à ses yeux, et nous, nous avons répliqué que nous étions contre la construction de ces nouveaux barrages. Alors nous ne voulons pas être associés avec ces pseudo-consultation ».

La rencontre s’est tenue la semaine dernière à Taunggyi, dans le sud de l’état de Shan. Y participaient des représentants de haut niveau du ministère de l’Electricité et de l’Energie et du ministère des Ressources naturelles et de la Conservation de l’Environnement. L’étude de l’IFC a été financée par l’Agence d’aide au développement australienne. Or, depuis des années, Action for Shan State Rivers et de nombreuses communautés locales shans sont engagés dans des protestations contre une autre initiative australienne, là sur la rivière Salween où d’autre barrages sont prévus et où les études d’impacts sociaux et environnementaux (EIS/EIE) menées par le bureau d’études australien SMEC ont été particulièrement décriées pour leur partialité, les experts de SMEC faisant ouvertement campagne en faveur de ces barrages, notamment celui dit de Mong Ton, lors des enquêtes d’intérêt public.

ASSR ne cible d’ailleurs pas spécialement l’Australie mais tous les pays dont des entreprises sont aujourd’hui impliquées dans des constructions de barrages sur les rivières Namtu et Salween, y compris parfois dans des zones de conflits armés, et cela au détriment des populations locales et sans consultations préalables réellement équitables et informées. L’ASSR appelle ainsi l’Australie, l’Autriche, la Chine, le Japon, la Norvège et la Suisse à un moratoire sur les travaux en cours ou à venir. Principales raisons invoquées : ces barrages vont impliquer le déplacement de milliers de personnes, la production d’électricité n’est pas destinée aux locaux mais à l’exportation vers la Chine et la Thaïlande ou au mieux aux grandes agglomérations de Yangon et Mandalay, et enfin la nature même de ces grandes structures en font des cibles particulièrement fragiles dans une zone hautement militarisée où des combats ont lieu régulièrement, comme en août dernier.

Lors d’une réunion du parlement local de l’état de Shan avant-hier, un député a d’ailleurs demande au ministre régional de l’Electricité, de l’Energie et de l’Industrie de préciser le nombre de projets de barrages aujourd’hui en cours, et le ministre a répondu que le gouvernement local avait déjà signé des contrats pour 46 centrales électriques de petites tailles, incluant une centrale à charbon, une centrale solaire et une centrale à biofioul mais surtout des barrages. A la demande du parlementaire que les études d’impacts sociaux et environnementaux (EIS/EIE) soient moins opaques et partiales, le ministre a répondu que des mesures étaient en cours pour assurer en effet une meilleure transparence en faveur des citoyens.

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