Troisième audience devant un tribunal birman pour le journaliste Danny Fenster

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 19/07/2021 à 22:00 | Mis à jour le 19/07/2021 à 22:00
Photo : Danny Fenster
Danny Fenster journaliste étasunien prison Birmanie

Danny Fenster, rédacteur en chef du site internet de Frontier Myanmar, a comparu pour la troisième fois, toujours de manière virtuelle avec des technologies de réunion à distance, depuis la prison d’Insein où il est détenu depuis le 26 mai 2021. Le journaliste étasunien est accusé d'avoir « fomenté un mouvement de dissidence contre le gouvernement militaire de Birmanie », selon des médias étasuniens.

Il tomberait sous le coup de l’article 505 du code pénal birman, un article notoirement flou et passe-partout que les organisations nationales ou internationales de défense des droits Humains ou de la liberté d’expression dénoncent depuis des années comme abusif et discrétionnaire. Loin d’avoir été aboli par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) lors de son arrivée au pouvoir en 2016, l’article 505 a malheureusement été abondamment utilisé pendant la décennie passée, tant par des militaires que par des militants et des élus de divers partis politiques, dont la LND, tous cherchant à faire taire toutes critiques à leur encontre.

Toujours selon des médias étasuniens, les autorités de Nay Pyi Taw accuseraient donc Danny Fenster, 37 ans, d'avoir « incité à la violence » alors qu’il travaillait encore pour le site d’informations Myanmar Now. Selon sa famille, sa situation judiciaire ne serait pas claire du tout, son frère ayant déclaré que « rien n'indique pour l’instant qu’il va être ou pas inculpé et quelles preuves existeraient contre lui ». Sa prochaine audience aura lieu dans deux semaines. S'il est reconnu coupable, il risque jusqu'à trois ans de prison.

Les prisons birmanes étant désormais infestées de Covid-19, le département d'État étasunien s’est officiellement inquiété de la santé de Danny Fenster, mais sans dire s’il était ou pas atteint de la maladie, et a demandé sa libération. Le journaliste a été arrêté le 25 mai à l'aéroport de Yangon alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour la Malaisie et de là pour les États-Unis. Aujourd’hui en Birmanie, plus de 40 journalistes croupissent en détention, la plupart des cas pour des accusations relatives à l’article 505, et plus de 25 journalistes sont en fuite afin d’éviter une arrestation.

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