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Sarah Lubeigt ou l’aventure entrepreneuriale

Par Violaine Beix | Publié le 14/01/2018 à 20:00 | Mis à jour le 15/01/2018 à 14:12
Sarah Lubeigt Birmanie expatriation, entrepreneur, Naos

Sarah Lubeigt est de ces personnes que l’on a l’impression de connaître alors qu’on vient de les rencontrer. Arrivée en février 2013 à Rangoun pour ouvrir l’agence Ubifrance (qui deviendra Business France en 2015), cette franco-thaïe de 30 ans est désormais Manager pays pour le groupe NAOS et sa mission est de lancer les produits Bioderma en Birmanie. Portrait d’une jeune entrepreneuse à la personnalité et au parcours de vie fort atypiques.

Née d’une mère thaïe et d’un père français, chercheur au CNRS depuis 25 ans et spécialiste de la Birmanie, Sarah a passé toute sa jeunesse en Thaïlande. Elle a fréquenté le Lycée français international de Bangkok et après l’obtention de son baccalauréat, à 17 ans, elle est partie étudier les Relations et affaires internationales à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Bien sûr, elle choisit la spécialisation Asie. Alors que son cher continent lui manque, elle accumule les atouts et connaissances qui lui permettront de revenir au plus vite travailler dans la région. Après un semestre d’échange universitaire à Shanghai, en Chine, elle est embauchée par la mission économique de l’Ambassade de France à Bangkok en tant que stagiaire pour travailler au bureau Ubifrance. Cinq mois se sont à peine écoulés qu’on lui propose de collaborer à la création du bureau Ubifrance de Rangoun en Birmanie, un défi qu’elle s’empresse d’accepter.  Pendant plus de quatre ans, de février 2013 à juillet 2017, c’est donc elle qui développe, renforce et gère avec succès le bureau Ubifrance, devenu entretemps Business France. Son rôle ? Provoquer l’étincelle entre les entreprises françaises et birmanes, favoriser les partenariats et faciliter les exportations françaises en Birmanie. 


De Business France à Naos et la distribution des produits Bioderma en Birmanie


Un des axes stratégiques du plan d’action de l’Ambassade de France portant sur la santé, Sarah est amenée à travailler avec la société NAOS qui produit notamment la marque Bioderma, dont la démarche est de placer la biologie au service de la dermatologie. Comme l’entreprise cherche à se déployer en Birmanie, il n’en faut pas plus pour que la directrice du bureau Business France opère un changement de carrière, sur une proposition du Vice-Président du groupe : pourrait-elle, capitalisant sur son expérience et ses relations dans le pays, ouvrir la filiale à Rangoun et distribuer les produits Bioderma dans le pays ? Sarah décide de passer de l’autre côté de la barrière et de se lancer dans l’aventure. Car c’est bien d’aventure qu’il s’agit. 

Devenue Country Manager de la marque en septembre 2017,  elle monte la filiale en tâtonnant. Débroussaillant le terrain et découvrant le secteur, elle commence par domicilier son bureau au sein de la CCI France-Myanmar pour bénéficier du climat dynamique, des contacts et des activités de réseautage que la Chambre de commerce peut offrir. Mais c’est à son ouverture d’esprit, à ses qualités humaines et à son sens de l’innovation qu’elle doit d’avancer à grand pas. Maintenant que l’entreprise est enregistrée, elle attend l’arrivée du premier container de produits prévu pour la fin janvier. En cinq mois, la nouvelle manager pays n’a pas chômé. Elle a découvert le secteur de la dermatologie en Birmanie, et s’est attachée à rencontrer plus de 75 dermatologues sur les 200 que compte le pays. Elle a fait traduire en birman des brochures éducatives et des plaquettes pédagogiques sur les maladies de peau les plus courantes en Birmanie, comme l’eczéma et l’acné, et a distribué des échantillons qui ont achevé de convaincre les médecins de la peau qu’elle a rencontrés, des bienfaits de ses produits.



Au mois de novembre, elle a monté, avec la filiale Bioderma en Belgique et Exotravel, une mission humanitaire avec douze dermatologues français et belges qui ont offert des consultations gratuites à Bagan, au lac Inle et à Rangoun. Au total, plus de 500 patients birmans ont pu consulter ces spécialistes de la peau sur chaque site. Enfin, un séminaire sur les maladies de la peau les plus courantes en Birmanie, y compris chez les enfants, a rassemblé environ 70 dermatologues et pédiatres birmans. Sarah n’est pas du genre à s’effrayer devant l’immensité de la tâche. Sa simplicité et son enthousiasme, contagieux, ont rendu notre rencontre très sympathique. En bavardant à bâtons rompus, nous avons réalisé que pendant qu’elle était au lycée à Bangkok, je travaillais à l’Ambassade de France, sur le même terrain, également partagé avec l’Alliance française. Serait-ce de là que me vient cette impression de la connaître ?

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