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Retour sur l’indépendance de la Birmanie

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 03/01/2018 à 20:00 | Mis à jour le 03/01/2018 à 20:00
70ème anniversaire de l’indépendance de la Birmanie

A l’occasion du 70ème anniversaire de l’indépendance de la Birmanie, lepetitjournal.com Birmanie revient sur les événements marquants de ce long chemin vers l’autonomie. 

Les puissances coloniales et la Birmanie
Les premiers contacts entre le royaume de Birmanie et les puissances colonisatrices européennes s'établirent lors de la seconde moitié du XVIe siècle, Hollandais, Portugais et Anglais y avaient installé des comptoirs pour le commerce de l'or, de l'argent, du jade ou de la laque de Chine ou autres produits originaires du "Céleste Empire". Les richesses du pays – ivoire et bois rares comme le teck entre autres – suscitèrent rapidement l'intérêt de la Compagnie anglaise des Indes orientales qui y établit ses premiers comptoirs en 1619. Les relations entre les rois birmans et les Occidentaux resteront tumultueuses tout au long du XVIIe siècle et au cours de la première moitié du XVIIIe, les comptoirs étant fermés et les Européens chassés de manière périodique.

En 1755, le prince Alaungpaya de la cité-État d'Ava, dans le Nord du pays, renverse la monarchie sudiste de Pegu (Bagan) qui dirigeait le royaume et s'installe sur le trône birman, consacrant ainsi l'instauration d'une nouvelle dynastie autocratique, despotique et expansionniste. Une première tentative anglaise de circonvenir d'emblée le nouveau souverain essuya un net refus mais en 1757, Alaungpaya adressa au roi Georges II une missive rédigée sur une feuille d'or sertie de pierres précieuses l'invitant à se rendre à sa cour. Le souverain anglais ne donna évidemment pas suite à l'invitation mais ses émissaires extraordinaires reçurent à titre de présents de bienvenue oranges, concombres et surtout domaines en vue de la création de nouveaux établissements commerciaux. Alaungpaya se révéla cependant un souverain méfiant et versatile car en 1759, huit marchands anglais et leurs nombreux serviteurs et employés indiens furent froidement massacrés dans l'île de Negrais, le roi birman justifiant le bain de sang en accusant les agents de la compagnie de collusion avec les partisans de la dynastie déchue de Pegu. Les relations anglo-birmanes seront rétablies à la mort du despote en 1760 mais resteront tendues en raison des intérêts expansionnistes concurrents des deux puissances – royaume birman et Compagnie des Indes – dans la région, en particulier autour du Golfe du Bengale.

Les guerres anglo-birmanes
Face aux conquêtes birmanes, les Britanniques et Siam s'unissent en 1824. La première guerre anglo-birmane (1824-1826) se termine par une victoire britannique et la Birmanie perd ses provinces maritimes.  Le traité de Yandabo fut signé le 24 février 1826 : la Birmanie cédait aux Britanniques Manipur et les provinces de l'Assam, de l'Arakan et du Tenasserim et se voyait contrainte d'accepter la présence permanente d'un ambassadeur à la cour d'Ava et de procéder au versement fractionné d'une indemnité de guerre d'un million de livres sterling en or et en argent.  Les Britanniques maintinrent en fait leur occupation militaire jusqu'en 1827, lorsque le roi Bagyidaw procéda au versement d'une seconde tranche de l'indemnité. En 1830, Henry Burney vint s'installer à Ava – alors la capitale du royaume – en tant qu'ambassadeur résident permanent, et il s'aperçut rapidement que Bagyidaw se montrait de plus en plus réticent à honorer ses obligations.

En 1852, des fonctionnaires birmans ayant tenté d’extorquer de l’argent à deux capitaines anglais à Yangon, les Anglais – le gouverneur général de l’Inde, Dalhousie – en tirent le prétexte d’une seconde guerre anglo-birmane qui aboutira, pour la Birmanie, à la perte de la province de Pégou (Bagan). Les envahisseurs s’emparent rapidement de Yangon, de Mottama (Martaban) et de Pathein (Bassein) et marchent vers le nord jusqu’à Pyay (Prome). Quelques combats leur suffisent pour l’emporter et ils peuvent annexer la totalité de la Basse Birmanie dont ils font une province de l’empire des Indes.  Les Birmans refusant de s'avouer vaincus malgré leur débâcle, Lord Dalhousie qui est gouverneur général des Indes,  proclama purement et simplement l'annexion de facto de la province conquise au Radjh britannique des Indes le 20 décembre 1852, concrétisée le 22 par l'érection de nouvelles bornes-frontières, le gouverneur général se contentant de signifier à Pagan Min que celles-ci marquaient désormais les limites intangibles des deux États. Début 1853, celui-ci fut renversé par son frère Mindon Min qui se révéla tout de suite plus prudent et politique que ses prédécesseurs, bien que refusant, pour une question de prestige, de signer le traité de paix consacrant la perte de la Basse-Birmanie proposé par Lord Dalhousie. La seconde guerre anglo-birmane se termina ainsi sans aucune signature d'un quelconque document officiel. 

La troisième guerre anglo-birmane débute le 22 octobre 1885. Elle fait suite à l'ultimatum lancé par les Britanniques à l'actuel souverain de Haute-Birmanie, après que ce dernier ait confisqué les biens de la Bombay Birma Company. Cette guerre aura pour conséquences de voir la chute de la monarchie locale en place depuis des siècles, et l'occupation totale du pays par l'Empire britannique. Les Britanniques sont confrontés à la persistance de nombreux foyers de guérilla qui luttent contre leur présence mais ils parviennent à imposer leur autorité à la Haute Birmanie. L’immigration indienne, qui contribue à la mise en valeur agricole du delta de l’Irrawaddy, est très importante, ce qui suscite la colère des Birmans, traditionnellement hostiles aux Indiens. Les Britanniques n’établissent le gouvernement direct que dans les régions à majorité birmane, c’est-à-dire le centre de la Birmanie, l’Arakan et le Tenasserim. Les "États montagnards" des Shan, Karen, Kachin et Kayah faisaient eux aussi partie de l’empire des Indes mais jouissaient en fait d’une très large autonomie. En Basse Birmanie, l’accroissement de la main-d’œuvre indienne à bon marché eut des effets déstabilisateurs et la présence de nombreux intermédiaires indiens et chinois interdit le développement d’une "bourgeoisie" indigène nombreuse. Favorable à l’essor économique, la domination anglaise se révèle en revanche destructrice sur le plan social et culturel.

Sous l'emprise britannique, qui a duré jusqu'en 1948, la Birmanie a subi d'énormes changements. En 1939 la Birmanie était devenue un important exportateur mondial de riz. Les nationalistes birmans, menés par Général Aung San et 29 autres ''camarades'' ont joint les forces japonaises pour chasser les Anglais hors de la Birmanie dès la deuxième guerre mondiale. Après la guerre, les Birmans, avec le général Aung San aux commandes, exigent l'indépendance. La constitution a été établie en 1947 et l'indépendance accordée le 4 janvier 1948, la Birmanie quitte alors le Commonwealth. Aung San est assassiné le 19 juillet 1947 et son compagnon de lutte U Nu devient le Premier ministre. Il instaure alors une démocratie parlementaire qui a perduré jusqu’en 1958.

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