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Le petit déjeuner dans les troquets de rue (Publié le 17/06/17)

Par Violaine Beix | Publié le 30/08/2018 à 16:00 | Mis à jour le 30/08/2018 à 17:33
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On ne peut les rater, ces petits troquets qui fleurissent à tous les coins de rue, et dont la présence s'intensifie dès lors qu'on approche du centre ville. Que l'on soit pressé ou d'humeur badaude, il y en a pour tous les goûts, de la soupe Mohinga aux beignets frits aux pois chiche en passant par les samosas ou le riz enveloppé dans des feuilles de bananier étroitement entrelacées. Balade au coeur de la gastronomie de rue à Rangoun.

Ce matin, j'ai décidé, je vais prendre mon petit déjeuner en ville. Rien d'incroyable pour les Rangounais, mais une immersion au coeur de la vie locale pour moi qui suis jusqu'ici restée à l'écart de l'effervescence matinale de Rangoun. Armée de mes crocs acérés par mon ventre vide et de mon parapluie pour braver la mousson, je commence ma promenade gustative au parc Mahabandoola. Il y a là un marché de street food qui n'a pas été déplacé vers la rue du Strand et son marché de nuit, et qui ouvre ses gamelles dès l'aube pour les passants affamés. Je m'attable, entre les parapluies, en compagnie de quelques autres convives avec lesquels j'échange un sourire. La toile en plastique publicitaire qui sert de nappe est graisseuse, maculée des restes des précédents clients. J'ai un doute de dernière minute, que je balaie d'un "Mo hin ga ta bwe pe ba" ("Donnez-moi un mohinga, s'il vous plaît"). Cette soupe, à base de pois chiche, de poisson-chat, de citronnelle, de coeur de bananier, d'oignons et de nouilles de riz, est considérée comme le plat national birman par excellence car on la trouve dans tout le pays. Le mohinga de ce troquet est un délice, de loin le meilleur de tous ceux que j'ai pu manger jusqu'à maintenant. Je paie la modique somme de 500 Kyats puis continue mon chemin.

On m'a recommandé un Tea Shop non loin de là, sur la rue Bo Gyoke, que je m'en vais essayer. Le trouver relève de la prouesse : l'entrée crasseuse ne paie pas de mine et de prime abord, je ne distingue rien d'avenant. Je fais un pas à l'intérieur et on m'indique une table au fond, basse, assortie de petits tabourets. En un instant, celle-ci se garnit de puffs, snacks, cakes, sauces et autres crackers de pois frits, ne laissant que peu de place à la thermos de thé et aux petits bols de céramique que l'on trouve dans tous les restaurants locaux. 
Un enfant d'une dizaine d'années m'interroge du regard. Que fait-il là au lieu d'être à l'école ? De nombreux enfants, dont les familles sont hélas très pauvres, sont en effet employés pour servir dans les tea shops. Ils se lèvent à 4h du matin et travaillent parfois jusqu'à 14 heures par jour. Je lui commande un le paq ye, ce fameux thé birman au lait concentré sucré, âpre, stimulant. Puis je croque dans un goat puff, un friand à la viande de chèvre, souvent appelé "mutton puff". Plutôt réussi. J'entame ensuite un friand au lait de coco sucré. Fameux. Puis je termine par un de ces splendides petits gâteaux ornés de décorations dignes d'une fête d'anniversaire. Finalement pas trop mon truc. Trop coloré. Trop lourd et, malgré les apparences, pas chocolaté.

Plus loin, je décide de tester la soupe Shan aux nouilles. Une échoppe, vide cette fois, a dressé sa table sur le bord de la route. Je m'assois, comme au bar, à la grande table ornée de tous les ingrédients qui serviront à la composition des plats. Je vois là de vieilles boîtes en plastique contenant des épices de toutes sortes, des légumes connus et inconnus, frais ou préparés, des sauces. Je vois des assiettes, des bols à la couleur passée et indéfinissable, des rouleaux de papier toilette qui font office de serviettes. Le serveur, jeune, et dont les ongles sont recouverts d'une couche impeccable de vernis noir, range les ustensiles inutilisés, tandis que sa femme coupe des oignons en fine lamelles. Je commande un "Shan Khaw Swe", des nouilles à la sauce et à la viande, agrémentées de cacahuète pilée et de ciboulette fraîche et accompagnées d'un bouillon. Je déguste, tout en pensant que mon estomac commence à manquer de place et ne peux finir mon plat.

Finalement, je décide de revenir en terrain plus connu et arpente la rue Merchant, en direction de la pagode Sule, croisant sur ma route des vendeurs de snacks dans les marchés. J'achète là du riz gluant fermenté à la banane enserré dans des feuilles de bananier et garni de noix de coco fraîche râpée. Un plat des ethnies du Nord, un peu acide, la variété de banane utilisée n'étant pas de celles que l'on mange habituellement. Je contemple les coeurs de bananier empilés, énormes, car j'en reconnais la forme caractéristique qui se trouvait dans mon mohinga. J'achète des beignets frits à la pomme de terre (aloo kataleik) et aux pois. Huileux mais délicieux. Puis je tente un "Palata" (une sorte de crêpes fine multicouches) aux pois sucrés, frit devant moi, dans une petite échoppe mobile au détour d'une rue calme. Étrange au palais que ce goût de pois sucrés, mais on s'y fait. Et puis surtout, partout, ce qu'on me sert d'abord, ce sont ces larges sourires et amabilités.

Un petit déjeuner en ville est décidément plus nutritif que le fameux café-croissant parisien. C'est donc le ventre rempli de l'espoir de lendemains qui chantent, sans forcément danser, que je me promets de revenir très vite.
Le food tour a été fait avec: https://www.sabastreetfoodtours.com

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