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La LND à l’heure des remises en question

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 27/10/2019 à 22:00 | Mis à jour le 27/10/2019 à 22:00
Photo : Des dirigeants de la LND, le 24 octobre 2019
lnd leaders en birmanie

« Lors des prochaines élections générales, les gens n’iront pas à nouveau voter pour la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) juste parce que le parti le leur demande. Ce temps est révolu car aujourd’hui les électeurs comprennent mieux ce qu’est le vote et ce que sont les partis politiques », a expliqué le vice-président de la LND dans un discours plutôt lucide et assez offensif destiné à secouer le conformisme de nanti qui caractérise aujourd’hui l’essentiel des élus de la LND. Le Dr Zaw Myint Maung s’exprimait le 24 octobre dernier pendant la 7ème réunion tripartite où se retrouvaient pour travailler ensembles des membres de la LND de la section locale de Yangon, du parlement et du gouvernement.

Le politicien a insisté sur les changements qui se sont opérés au sein de l’électorat de son pays durant les 4 dernières années où son parti a gouverné. « En 2014, la Conseillère d’état (Aung San Su Kyi) avait incité les gens à voter pour la LND, quel que soit le candidat, parce que le changement et la démocratie, c’était la LND. Et cela a marché, nous avons eu la majorité absolue des élus. Cinq ans après, c’est très différent, les gens comprennent mieux ce qu’est la politique et la démocratie et il y plus de partis qui proposent des candidats. Si nous voulons gagner les prochaines élections, nous devons avoir de bons candidats, et donc nos élus doivent s’améliorer et être plus à l’écoute des électeurs ». Des propos repris par un autre orateur, le président de la section locale de la LND, Myint Htay, qui a déclaré devant l’assemblée d’élus que « appeler les gens à voter LND juste parce que c’est l’intérêt du parti sera cette fois complétement insuffisant. Il nous faut désormais prendre en compte les autres partis politiques du pays, regarder comment ils fonctionnent, ce qu’ils disent. Et nous devons désormais aussi vérifier les compétences et la légitimité des candidats pour choisir ceux qui nous représenteront ».

En expliquant ce qui doit être fait dans les mois à venir, les deux discours illustrent en négatif ce que n’a pas était la politique de la LND durant les 4 années passées… Peu de terrain, peu d’écoute des demandes et des besoins des citoyens, peu de respect des minorités ethniques, peu de mesures d’aides aux plus nécessiteux, peu de comptes rendus aux électeurs… : tel est la réalité de la pratique du pouvoir de beaucoup d’élus et de dirigeants depuis 2015. Si le parti a dû apprendre à gouverner puisque le pays sortait de décennies de dictature, et s’il a réellement voulu faire changer certaines choses, presque tout s’est fait d’une manière paternaliste – ou maternaliste ? – en partant du haut vers le bas, sans consultation, sans explications et souvent sans ménagement de la masse des citoyens les plus démunis, qui est pourtant la base électorale de ce parti. Résultat : lors des élections partielles de 2018, la LND n’avait remporté que 7 des 13 sièges à pourvoir, ce qui faisait suite à un résultat déjà mitigé pour les élections partielles de 2017. Et la première élection municipale à Yangon, le 31 mars 2019, s’est certes achevée par une victoire écrasante de la LND… mais avec seulement 10% de participation ! Un taux traduisant bien que dans un contexte sans choix, beaucoup de Yangonites ont préféré ne pas se déplacer plutôt que de voter pour le parti au pouvoir…

Si la déception d’un grand nombre de Birmans vis-à-vis de leur gouvernement et de la LND est patente dans toutes les conversations, l’offre politique alternative demeure faible. Les créations récentes de partis par des figures politiques connues ne sont pas encore à même de concurrencer sérieusement la LND. Mais tant Shwe Mann, ancien numéro 3 de la junte autrefois au pouvoir et ancien allié politique de Aung San Su Kyi, qui a créé le Parti pour l’Amélioration de la Fédération (Union Betterment Party ; même si le pays est couramment nommé Birmanie ou Myanmar, son nom officiel est Fédération du Myanmar), que Ko Ko Gyi, figure de proue de la révolution de 1988, et son Parti du Peuple pourraient toutefois prendre de précieuses voix au parti en place. Et comme dans le même temps, la plupart des partis ethniques se regroupent derrière des candidats communs, réduisant ainsi l’éparpillement des électeurs qui leur a été fatal en 2015, la LND se retrouve face à un véritable effet ciseau qui pourrait lui coûter la majorité absolue lors des prochaines élections générales, désormais attendue en novembre 2020.

Signe d’ailleurs que le parti est en proie à des soubresauts et se cherche une ligne politique claire, tous les dirigeants majeurs qui se sont succédé à la tribune le 24 octobre ont appelé à l’unité et à la loyauté au sein du parti. Un classique indicateur de dissensions internes, tout Français l’a souvent constaté dans son propre paysage politique.

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