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VALERIE LEGUEUX - L’égérie des Cahiers Dorés

Par Lepetitjournal Birmanie | Publié le 04/09/2016 à 22:00 | Mis à jour le 04/09/2016 à 10:56
Valerie LEGUEUX

Si l'on ne connaît pas, on ne peut pas trouver : à peine un portail tapissé de bambou. Pas d'inscription. Et pourtant, c'est bien là qu'a débuté la vie scolaire de beaucoup d'enfants français à Yangon. Les Cahiers Dorés se cachent au c?ur de la Golden Valley, Shwe Taungyar comme on dit en birman?

Derrière ce portail et cette école il y a un personnage-clé, incontournable, immuable pour beaucoup de parents : Valérie Legueux. Un petit bout de femme qui mène cette pirogue-là depuis deux décennies. 20 ans de vie birmane, jalonnée de hauts et de bas, pour cette petite école qui se définit elle-même comme «  familiale »?

Au début, il y a un déménagement, forcément. Une jeune Française qui découvre la Birmanie de 1996 et sa capitale, Yangon, après un séjour au Cambodge qui l'avait déjà séduite.

Découverte d'un autre pays asiatique, et nouveau coup de foudre au contact d'une population. « Des gens d'une douceur incroyable, qui te sourient, te disent bonjour dans la rue, qui te posent aussi des tas de questions. Il faut dire qu'à l'époque, on était un peu des curiosités », se souvient-elle.   

Les débuts prometteurs
De fil en aiguille, de rencontre en rencontre, elle croise le chemin de la « FBA » (French Business Association). « En 1996, c'était l'ouverture du Myanmar et donc le début d'une première vague d'investisseurs. D'où la création de cette French Business Association », explique-t-elle. En tête de file de ces investisseurs français: la Compagnie TOTAL, qui avait créé son école « Joseph Kessel » à partir du CP et dont les élèves étaient à 90% les enfants des expatriés de la Compagnie.

Martine, éducatrice de formation et épouse d'un entrepreneur membre de la FBA, dresse alors un constat : aucune structure éducative n'existe avant l'entrée au CP. « Le projet se met donc en place avec l'aide de la FBA, l'école ouvre ses portes en septembre 1996 et inscrit une trentaine d'enfants de 2 à 5 ans », se souvient-elle. 

Valérie ne faisait pas partie de ce projet. C'est la maternité de la seconde enseignante qui va forcer son destin. « Martine m'a demandé de faire ce remplacement. Au début, j'ai refusé, je n'étais pas enseignante, n'avais aucune expérience avec les enfants. Et puis j'ai fini par accepter, juste pour aider et pour finir l'année ».

Second coup de foudre? Pour les enfants, celui-ci !
« Je m'occupais des petits et des tout-petits.  (?) J'ai travaillé deux ans avec Martine. » C'est au cours de la seconde année que la fondatrice de l'école annonce son départ. C'est donc Valérie qui a ensuite porté le projet, en des temps parfois difficiles. Une amie birmane l'a rejointe et a travaillé à ses côtés pendant quatre ans. 

1998-2008 : les années difficiles
« Entre les problèmes liés au pays et la crise asiatique qui pointait, les investisseurs se sont retirés et avec eux, les enfants ! Cela a duré une bonne dizaine d'années. Jusqu'en 2008 à peu près ». « J'ai donc continué tant bien que mal avec mes quatre sections et une moyenne de 25 enfants pendant toutes ces années. On a vécu sur les économies des premières ?belles années' et puis, sur mes deniers personnels. Il fallait bien payer les loyers et les salaires? ». L'heure était à la résilience, en attendant des jours meilleurs. À l'adaptation, aussi, à ce nouveau contexte. « Et puis j'ai décidé d'ouvrir l'école aux autres nationalités. Cela a sauvé l'école. Et j'ai changé son nom aussi? La FBA School est devenue Les Cahiers Dorés », se souvient-elle.

L'ouverture, un second souffle
Cette ouverture salutaire a permis aux Cahiers Dorés de retrouver, à partir de 2011, ses effectifs initiaux d'une trentaine d'élèves?. Puis de dépasser cette barre les années suivantes. L'ouverture du pays et la nouvelle vague d'investissements n'y étaient pas étrangères. Avec, en plus, cet intérêt grandissant de la part des familles internationales. « Du point de vue des parents non-francophones, c'était une chance pour les enfants d'apprendre une seconde langue et de pouvoir ensuite avoir le choix de continuer dans le cursus français ou de continuer dans leur propre système ».

2016 : se recentrer sur les fondamentaux
À tel point qu'en 2016, une nouvelle salle de classe a été rajoutée : un bungalow végétal qui se fond dans la nature... Mais confrontée à des choix stratégiques de développement, la petite école a toutefois décidé de garder la tête froide. « À partir de cette année, j'ai décidé de stabiliser le nombre d'élèves. C'est une volonté et un choix de rester une petite structure, de revenir aux fondamentaux et aux valeurs qui ont fait le succès de cette école : une petite structure familiale concentrée sur le bien-être des enfants et de garder la relation privilégiée que j'ai toujours entretenue avec les parents ».

Un choix qui coïncide aussi avec l'apparition d'une nouvelle offre : l'ouverture d'une autre grande section de maternelle au sein de l'école Joseph Kessel. Pas de concurrence, mais plutôt une complémentarité, estime la directrice.

Les Cahiers Dorés - 39A Shwe Taungyar, Yangon - Tél.: 015 377 20
Patrick Antoine Decloitre (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Lundi 5 Septembre 2016

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