Mercredi 22 septembre 2021
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De l’aide humanitaire partiellement bloquée dans le Chin

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 22/07/2021 à 22:00 | Mis à jour le 23/07/2021 à 09:54
Photo : Mindat pris dans les combats entre armée régulière et milices
La ville de Mindat pendant les combats entre armée et milices

Que se passe-t-il exactement à Mindat, dans l’état de Chin ? Le 19 juillet dernier, des produits de base destinés aux réfugiés sont arrivés dans cette circonscription isolée, apportés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Selon la déclaration de cette agence des Nations unies, il y a des équipements pour aider jusqu'à 1 000 foyers, soit environ 5 000 personnes. Dès le 20 juillet, des personnels du HCR ont commencé à distribuer ces produits de base non-alimentaire, notamment des équipements de protection individuelle contre la Covid-19, des bâches, des moustiquaires, des nattes, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des lanternes solaires…

De son côté, une autre agence onusienne, le Programme alimentaire mondial (PAM), a fait savoir qu’il faisait « tout son possible pour organiser la livraison d'une aide alimentaire vitale le plus rapidement possible pour les personnes qui se trouvent depuis peu à Mindat » et aux alentours. En attendant, les personnels du PAM aident ceux du HCR à transporter dans l’assistance aux nombreux déplacés et réfugiés survivant actuellement à Mindat.

Reprise des combats entre l’armée et une milice chin

Malheureusement, mercredi 21 juillet l'armée birmane a lancé une nouvelle offensive contre la Chinland Defence Force (CDF). Un cessez-le-feu était entré en vigueur le 23 juin, prolongé jusqu'au 14 juillet mais pas après, les deux parties abandonnant les négociations le 16 juillet. Depuis avril, l'armée régulière birmane affronte des milices locales de « l’armée populaire » (Force de défense du peuple - PDF) suscitée par le gouvernement d’unité nationale (Nug), un gouvernement fantôme établi en exil par un groupe de députés élus en novembre dernier. Les militaires birmans combattent aussi des mouvements autonomistes ou indépendantistes locaux, lesquels en arrivent parfois à se battre entre eux.

Ainsi, le 18 juillet, les Chinland Defense Force (CDF) de Matupi et Mindat, associés aux Chin National Front, ont intimé l’ordre aux autres mouvements armés, sans dire lesquels, de mettre fin à leurs actions. Un ton menaçant probablement à l’encontre de la Zomi Revolutionary Army (ZRA), un autre mouvement ethnique combattant, ou d'autres PDFs locaux qui maintiennent leur allégeance au Nug. Tout cela pour un bassin de population de moins de 100 000 habitants entre les circonscriptions de Matupi et de Mindat.

« A peine une cinquantaine de familles réfugiées a pu recevoir des dons »

Dans ces conditions de combats souvent violents, plus de 50 000 personnes ont été obligées de fuir leur foyer ces derniers mois, notamment 15 000 originaires de Mindat, soit près de la moitié de la ville. Une catastrophe sanitaire et humaine pour ces victimes de l’armée birmane et des mouvements combattants. Afin de pouvoir leur venir en aide, le HCR a souligné que son assistance est exclusivement humanitaire, impartiale et apolitique, destinée aux personnes qui ont besoin d'aide.

Mais l’armée birmane ne l’entend a priori pas de cette oreille. Selon les rumeurs et des témoignages qui n’ont pas pu être vérifiés, les soldats limiteraient le HCR dans son accès aux camps de réfugiés, n’autorisant l’agence onusienne à aller que dans des camps enregistrés et reconnus. C’est ainsi que selon un journaliste local, « à peine une cinquantaine de familles réfugiées a pu recevoir des dons du HCR ». Le prétexte mentionné par les autorités pour empêcher l'agence onusienne d'aller dans tous les camps est « le danger d’être attaqué » par des mouvements rebelles dans ce contexte de reprise des combats. Mais il semble que c’est fallacieux et que l’armée ne veut simplement pas que ses opposants bénéficient du moindre soutien, même si celui-ci va à des familles en difficulté. Selon un média local, le HCR était en négociation avec les soldats pour pouvoir se déplacer autour de Mindat.

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