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PORTRAIT - Ye Kyaw Myat: Tattoo bon!

Par Lepetitjournal Birmanie | Publié le 26/03/2017 à 22:00 | Mis à jour le 28/03/2017 à 03:24

Avec plus de 20 400 followers sur Facebook, Ye Kyaw Myat est une star dans le monde du tatouage à l'échelle de la Birmanie. Spécialisé dans le portrait, l'artiste se fera une joie de vous tatouer sa photo sur le bras.

Une pancarte jaune se balance au rythme des brises sur Anaw Ya Htar road. On peut y lire en lettre capitale "TATTOO". Le salon est à l'étage, plutôt facile à trouver quand on se retrouve nez à nez avec le sigle imposant du "Golden dragon tattoo". Une aura rouge porté par deux éléphants au c?ur de laquelle est dessinée un démographe noir.
Le maître des lieux ? Ye Kyaw Myat. Il est là devant nous. Piercings aux oreilles, tatouages imposant sur les avants bras, t-shirt tête de mort et un peu costaud? Il a le look Ye Kyaw. Mais ne vous fiez pas à la photo où il a voulu faire le dur, en réalité c'est une crème ! 

Né à Yangon d'un père artiste-peintre, spécialisé dans la reproduction de paysages, l'enfant devenu adulte a été élevé au pinceau. "J'ai toujours été familiarisé avec les outils du dessin, de la peinture? On parlait la langue des artistes à la maison", s'amuse-t-il. À un âge où on se cherche encore, Ye Kyaw obtient un diplôme en management. "J'ai été diplômé en 2004, mais déjà en 2002 je me rendais dans un salon de tatouage pour travailler en tant que dessinateur", indique ?t-il. Mais le métier subit des clichés qui ont la peau dure et dans son entourage, cet "à-côté" est vivement critiqué. "Les membres de ma famille ne perçoivent pas le métier de tatoueur d'un bon ?il. Ils voient dans le tatouage un élément contestataire, rebelle voir même sombre", indique l'artiste, un sourire forcé en coin, avant d'ajouter "mon père en tant qu'artiste m'a épaulé dans cette passion, ma mère aussi, heureusement, d'ailleurs elle porte aujourd'hui deux de mes créations". Ye Kyaw, malgré les jugements, n'a jamais cessé de dessiner : "beaucoup de mes amis me demandaient de retravailler leur futur tatouage, c'était jouissif mais j'avais envie de plus, le démographe m'intriguait, je voulais le manipuler et on m'a laissé ma chance", se souvient-il, les yeux pétillants. 

Encré à vie
Cela fait aujourd'hui près de 14 ans que Ye Kyaw est tatoueur à plein temps. D'ailleurs, il y a neuf ans il a pu ouvrir son propre salon. Cet artiste caméléon est capable de s'adapter à toutes les demandes : "J'aime utiliser ma capacité à dessiner et reprendre certaines pièces trop classique. J'aime partir d'idées simples pour les emmener le plus loin possible en terme de créativité", s'extasie l'homme. Son péché mignon ? Le photo-réalisme : "ce que je préfère tatouer ce sont des portraits humains ou animaliers"

Assisté d'un apprenti, Ye Kyaw est cependant le seul a réalisé les tatouages. Cela tombe bien, il n'y a qu'une chaise. Une assise d'où on se relève marqué à jamais comme ce fut le cas pour Marjorie, une Française qui, a l'occasion d'un stage à Yangon est allée se faire tatouer au Golden dragon. "Après avoir cherché longuement les salons existants à Yangon, celui de Ye Kyaw m'a semblé être l'un des meilleurs. Je m'y suis rendue avec un dessin que je travaillais depuis longtemps. Une fois là-bas tout est allé très vite en terme d'organisation", se souvient l'étudiante de 24 ans, avant d'ajouter, "il faut compter un mois et demi d'attente pour les gros tatouages, mais mon amie Noémie n'a du attendre qu'une semaine pour se faire tatouer une phrase. Le jour-j, je me suis quand même demandée ce que je faisais sur ce siège, le tatoueur m'a très vite mise à l'aise et il avait bien compris ce que je voulais. Le seul hic c'est que je n'ai eu le dessin définitif que la veille". L'artiste qui réalise une grosse pièce par jour reconnaît volontiers que sa clientèle est assez jeune et que beaucoup d'étrangers lui font confiance : "les femmes que je tatoue sont souvent des étrangères. Les locaux sont plutôt des hommes pour qui la culture du tatouage en Birmanie est un phénomène socio-culturel très important. Regardez dans la rue, tous les hommes sont tatoués", remarque l'artiste. En terme de prix, le tatoueur facture à l'?uvre et non à l'heure. "Pour un tatouage de taille moyenne sur l'avant bras, j'ai payé K135 000", indique Marjorie. 
Çà ne va peut-être pas plaire à mémé mais avec Ye Kyaw vous pouvez vous faire encrer votre épiderme les yeux fermés ! 

Informations : 
Golden Dragon Tattoo - 180e étage, Corner of 33 st et AnawYa Htar Road

Heures d'ouverture: 11 h à 18 h
Téléphone: 09595161379 - E-mail : goldendragontattoo.mm@gmail.com
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Lundi 27 Mars 2017 (www.lepetitjournal.com/Birmanie) Pauline Autin

 

 

 

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