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28 condamnés à 20 ans de prison pour des incendies d’usines chinoises en Birmanie

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 31/05/2021 à 22:00 | Mis à jour le 31/05/2021 à 22:00
Photo : Une usine de Hlaing Thar Yar après avoir été incendiée en mars 2021
usine chinoise Birmanie Hlaing Thar Yar incendie condamné

Un tribunal a condamné 28 personnes à 20 ans de prisons assortis de travaux forcés pour « avoir attaqué et incendié l’usine de chaussures Rong Wei et l’usine de vêtements Yuan Hong ». Ces deux usines appartiennent à des propriétaires chinois et leur destruction le dimanche 21 mars avait suscité la colère de Pékin et des médias chinois, qui estimait la valeur des destructions à environ 30 millions d’euros.

En mars 2021, plusieurs usines dans les zones industrielles de Hlaing Thar Yar ou de Shwe Pyi Thar ont ainsi été partiellement ou complètement détruites lors d’assauts menés par des groupes non-identifiés. Les forces de l’ordre ont accusé les émeutiers d’être des participants aux manifestations qui se sont tenues à cette époque, après la prise de pouvoir par l’armée le 1er février 2021. La répression de ces mouvements dans les deux zones industrielles citées a souvent été extrêmement violente – les policiers n’hésitant pas à faire usage de leurs armes sur les protestataires et probablement une cinquantaine de personnes ayant trouvé la mort sous ces tirs – et plusieurs rassemblements ont tourné à l’échauffourée. Selon certains témoins, ce serait à ces moment-là – il y en a eu plusieurs pendant le mois de mars - que des usines ont été ciblées parce qu’elles appartenaient à des Chinois et que Pékin était perçu comme un soutien du nouveau gouvernement.

Des militants du pouvoir déchu soutiennent eux que les bâtiments ont été incendiés par des supplétifs de l’armée afin de justifier la répression qui a suivi. Là encore, les preuves manquent. Une troisième version qui a circulé rapporte que dans certaines usines, c’est le refus des propriétaires de payer les salaires qui a amené les ouvriers à se révolter et à mettre le feu à leur usine. Une dernière version affirme que certains groupes maffieux opérant dans ces zones économiques connues pour être mal surveillées se sont attaqués à certaines entreprises afin de pouvoir en rançonner d’autres. Quatre explications qui partagent toutes les mêmes points communs : l’amalgame de toutes les destructions en un seul processus, pas ou peu de preuves, des témoins militants et partiaux, un grand flou sur ce qui s’est réellement déroulé au cas par cas et l’incapacité de prouver de ses dires de manière irréfutable.

Au final, qu’ils soient réellement coupables ou pas, les 28 condamnés n’ont clairement pas bénéficié de tous leurs droits, ni l’enquête ni leur leur procès n’ayant notamment été rendus publics. Dix-neuf autres condamnés sont eux en fuite et échappent donc pour l’instant aux conséquences de ce verdict. A ce jour, le nombre de morts dus au coup de force militaire du 1er février se monte à plus d’un millier de personnes.

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