Samedi 8 août 2020

SALIM SAAB – « Beyrouth est magique ! »

Par Sarah Delbos | Publié le 11/04/2017 à 13:54 | Mis à jour le 11/04/2017 à 15:57

 

Le 13 avril, le journaliste, rappeur et animateur radio franco-libanais, Salim Saab, alias « Royal S » présentera en avant-première au Cinéma Montaigne son documentaire « Beyrouth Street : Hip-Hop au Liban » retraçant l'histoire  et l'aspect unificateur de ce mouvement artistique au Pays du cèdre qui regroupe des activistes de toutes confessions. Entretien.

Affiche du documentaire « Beyrouth Street : Hip-Hop au Liban »

LPJ Beyrouth : Qui êtes-vous, Salim Saab, alias « Royal S » ?
J'ai débuté en tant que rappeur, j'ai sorti quelques disques. J'ai également écrit dans des magazines hip hop, ainsi que d'autres publications. Depuis 2010, je travaille sur deux radios : Radio Aligre, une radio associative française dans laquelle j'anime une émission consacrée au hip-hop français et américain, et Radio Monte Carlo depuis 2013, une radio française et arabophone qui émet dans le monde arabe.

Comment vous est venue l'idée de ce documentaire ?
Je suis Franco-Libanais, je viens quasiment tous les ans au Liban pour voir ma famille. Je connais bien le milieu hip-hop à Beyrouth. J'ai commencé par filmer mes copains graffeurs. On a fait un petit teaser que l'on a mis sur Internet. Quand j'ai vu l'ébullition artistique qui régnait à Beyrouth, j'ai voulu me lancer dans un vrai documentaire qui traite de toute la culture hip hop au Liban. Le rap, oui, mais aussi le graffiti, la danse, le beat box, le DJ, la production musicale? Je voulais faire un film assez complet pour faire connaitre le hip hop libanais à travers le monde.


Selon vous, qu'est-ce qui fait la spécificité de Beyrouth ?
Même si le hip-hop est assez répandu au Liban, je me suis exclusivement et volontairement focalisé sur Beyrouth. Les soirées, les graffitis, la danse, les festivals? tout est concentré à Beyrouth. Au-delà du hip hop, c'est aussi un hommage à la ville de Beyrouth. Cette ville est tout simplement magique ! C'est une ville anarchique mais en même temps en plein ébullition d'un point de vue culturel et artistique. D'une manière générale, dans les médias occidentaux quand on parle de Beyrouth c'est souvent pour parler de l'après-guerre et des problèmes politiques. Je voulais mettre en lumière une autre facette de Beyrouth.

Comment définiriez-vous le hip-hop ?
Le hip-hop est une culture qui trouve sa richesse dans la jeunesse. Dans le hip-hop, il y a des jeunes de toutes les communautés, le schéma confessionnel n'existe pas. Tout le monde s'entend bien, c'est ça la base du hip-hop. Peace, love, unity, voilà l'hymne du hip hop !

Salim Saab pendant le tournage

Et le hip-hop libanais ?
Le hip hop libanais est une culture encore très underground. Le graffiti est très apprécié car c'est quelque chose de visuel qui peut plaire aux jeunes comme aux personnes âgées mais le rap est encore « alternatif ». Il y a très peu de rappeurs libanais qui passent dans les grandes radios. Dans mon entourage,  j'ai beaucoup de gens qui ne savaient même pas qu'il y avait du hip hop au Liban. 

Quelles sont vos sources d'inspirations ?
La vie de tous les jours ! D'un point de vue musical, tout m'inspire en tant que rappeur et réalisateur. Dans le documentaire, il y a du jazz, de la musique traditionnelle, du rock parce que sans toutes ces musiques, il n'y aurait surement pas eu de hip-hop. Le hip-hop est une musique qui évolue avec les autres arts. Je ne pouvais pas ne pas rendre hommages à toutes ces cultures-là. 

Un dernier mot ?
Si vous avez des objectifs et des rêves, ne laissez personne mettre des barrières entre vous et vos rêves.

Lien de l'événement : https://www.facebook.com/events/1408923715844224/

 

Sarah DELBOS (www.lepetitjournal.com/Beyrouth) vendredi 7 avril 2017

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