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Pourquoi le Liban s’enflamme pour la Coupe du monde ?

Par Rédaction LPJ Beyrouth | Publié le 01/07/2018 à 12:19 | Mis à jour le 03/07/2018 à 13:18
Photo : prise de la page Facebook Junkyard Beirut
Mondial Liban

Tous les quatre ans, le pays, qui n’a jamais eu de grande équipe de football, se prend de passion pour le Mondial. Un héritage de la guerre civile pendant laquelle les Libanais ont appris à aimer les équipes comme celles du Brésil et d’Allemagne, dont les drapeaux fleurissent sur les voitures.
 

Impossible d’échapper à la Coupe du monde au Liban. Les véhicules arborent les drapeaux du Brésil, de l’Allemagne, de l’Italie, de la France ou de l’Espagne. Tous les restaurants, les bars et les petits snacks, même dans les villages les plus reculés, et devant les bureaux, on ne parle que de ça. Pourtant, le Liban n’a jamais été un pays de football. Sa sélection nationale n’a jamais participé à la compétition, et ses clubs sont d’un piètre niveau. Qu’est-ce qui explique alors cette effervescence ?
 

La première raison a trait à la guerre civile. En 1975, le pays s’est installé dans un conflit au long cours, obligeant la population à rester cloîtré chez soi. Pour tuer le temps, les familles allumaient la télévision et suivaient les matchs de la Coupe du monde. Les cinq années précédentes, le Brésil de Pelé en 1970 et l’Allemagne de Beckenbauer en 1974 ont remporté la compétition. Pendant les périodes de Mondial, les milices rivales s’accordent sur une trêve.
 

La deuxième raison est sociologique. Au Liban, le Brésil est l’équipe n°1. Plusieurs raisons à cela. D’abord, le fait qu’il s’agit du plus grand pays de football. Ensuite, le lien avec la diaspora libanaise nombreuse en Amérique du Sud et la sympathie que dégage ce pays. Tout juste derrière, on retrouve l’Allemagne, un autre pays au panthéon de l’histoire du football. Populaire dans une partie de la communauté chiite car de nombreux de ces membres y habitent, mais aussi dans l’esprit de certains nostalgiques du IIIème Reich. Pays d’émigration, le pays, qui abrite des dizaines de milliers de binationaux, compte des supporters d’autres pays.
 

A ce terreau s’est greffée une nouvelle génération, abreuvée de matchs grâce au bouquet satellitaire BeIn Sports, dont certains portent les maillots floqués aux noms de Lionel Messi ou de Cristiano Ronaldo et se retrouve les week-ends sur les petits terrains de football en gazon synthétique qui essaiment dans le pays.
 

Les connaisseurs du foot s’accordent sur une chose à travers le monde, le football est le reflet de la société. Cette semaine, un jeune homme a été poignardé à mort dans la banlieue sud de Beyrouth après des provocations suite à l’élimination de l’Allemagne et la qualification du Brésil.
 

Junkyard Beirut Mondial 2018
Photo prise de la page Facebook Junkyard Beirut

 

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